URBAIN V
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• GciiXACMK, né a Grisac en Gévaudan, moine bénédictin et abbé de Saint-Victor de Marseille , fut élu pape dans le mois de septembre i56st^ quoiqu il ne fût point encore cardinal. Il avait quitté Avignon , et était arrivé à Florence , d'où il devait se rendre avec la qualité de Nonce, dans le royaume de Naples/ Les prières du monarque français ne purent le retenir dans le royaume, et il quitta Avignon , le 3o avril 1 367 , pour se rendre en Italie; il arriva à Rome, le 23 mai, et fit son entrée publique dans cette ville, le 6 octobre suivant. On conçoit la joie des Romains en revoyant le chef de rÉglise, après une absence qui avait duré soixante ans. Urbain revint cependant à Avignon et y mourut le 1 9 décembre 1 370. Quelques auteurs prétendent que l'objet de son voyage avait été de pacifier les différends survenus entre les rois
de France et d'Angleterre : mais , François Pétrarque assure que ce n'était là qu'un prétexte ^ et il faut convenir que le pape pouvait facilement re* concUier les deux souverains sans faire ce long voyage.
Urbain V étant sorti un jour de Saînt-Jean-de- Latran pour se rendre en procession au Vatican , évita le grand détour que ses prédécesseurs avaient coutume de faire pour ne pas voir le lieu où s'était passé l'accident scandaleux de la papesse Jeanne. L'abbé Fleuri en conclut que l'on commençait à ne voir qu'une fable dans cette histoire ; j'avoue que je ne sens pas la justesse de cette conclusion ; tout ce qu'il esit permis d'en induire , c'est qu'Urbain Y pensa qu'il était ridicule de tourner la place , puisque cette précaution tendait à prouver le fait, et que le plus sûr moyen d'en effacer le souvenir, était de s'en moquer.
Urbain Y tira du sancia-êanctoiruân les chefs de Saint-Pierre et de Saint*Paul , et les plaça sur des statues d'argent à demi-corps ; celui de Saint-Pierre portait la tiare avec les trois couronnes , ce qui â fait croire à quelques historiens que ce pape fut le premier qui en mit trois sur sa tête. 11 n'est pas certain néanmoins qu'il y en eût alors plus de deux. Sur le point de mourir, Urbain protesta solennellement que si, avant d'être pape, il avait cru, dit, enseigné ou écrit quelque chose de con* traire à la sainte foi catholique , il en faisait en ce moment la rétractation la plus formelle, en se sou*
i55 mettant à la pénitence qui lui serait imposée par l'Eglise. Son prédécesseur avait fait une déclaration semblable, et, comme Thistoire nous apprend que Jean XXII en avait donné Te^sLemple, on doit en conclure que les papes eux-mêmes ne se croyaient pas infaillibles ; on sait d'ailleurs que l'opinion de l'infaillibilité du pape est beaucoup plus moderne. Urbain Y aima la paix autant que son prédécesseur , et montra la même sagesse. Si je voyais ces deux papes au nombre de ceux que l'Eglise a canonisés, j'applaudirais à cette mesure. Mais combien de miracles n a-t-on pas supposés , pour accorder cet honneur à des pontifes scandaleux , tyrans , perturbateurs , et dont les passions cachées sous le manteau de la religion. ont couvert la terre, de sang et de calamités !
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