EUGÈNE IV
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yingt-quatriènie et dernier schisme.
Gabkiel Gondolmeri , ne à Venise , cardinal évéque de Sienne, fut élu pape le 3 n^rs i4^i 9 et couronné sous le nom d'Eugène lY. Les premiers actes de son gouvernement annoncèrent un homme dominé par les passions les plus violentes. Il commença par persécuter la famille des Colonne, qui était celle de son prédécesseur , sous prétexte qu'Us s'étaient appropriés de grands trésors que Martin Y leur avait, disait-on, laissés en mourant L'espoir de trouver des complices parmi les serviteurs de ce pape, le porta à les traiter d'une manière si cruelle , qu'il en mourut plus de cent II se fit remettre par les Colonne , plus de cent mille florins d'or , pour la paix qu'il leur accorda après la plus violente et la plus longue tyrannie.
Eugène convoqua un nouveau concile à Bâle,
d'après les dispositions de celui de Constance ; mais , à peine y eut-on commencé à s'occuper de la réforme de la cour de Rome , qu'il prit cette assemblée en aversion , et expédia des bulles pour la dissoudre. Sa politique ne permettant pas qu'il an fût tenu hors de l'Italie, parce qu'il lui était moins facile d'y être le maître par ses agens , il indiqua pour cette réunion, Bologne, Pavie, Fer^ rare , Florence et Rome. £Ue eut bientôt lieu en effet à Ferrare , et fut ensuite transférée à Florence. Les pères du concile de Bâle lui réprésaitèrent que, lorsqu'un concile général avait été régulière«ment convoqué , il n'était plus au pouvoir du pap« de le dissoudre ni de restreindre ses pouvoirs, at-*tendu que tout le corps mystique de l'Eglise s'y trouvait représenté ; que le pape n'en était qu'un simple membre, obligé comme les autres, malgré sa qualité de premier et de principal, au respect et à l'obéissance à l'égard du corps tout entier; que Jésus-Christ avait voulu nous l'apprendre em. disant a Saint-Pierre , au sujet de la correction fraternelle , que, si im frère la méprisait en parti-*' culier et en présence de témoins , l'avis devait en être donné à l'Église ; que, d'après c«tte doctrine, le concile général de Constance, reconnu par tout le monde chrétien , et par le pape lui-même , comme œcuménique et légitime, avait déclaré que tout concile général ^ régulièrement assemblé , et représentant l'Église catholique, était mfaillible par l'assistance du Saint-lîsprit , et supérieur au
pape qui était et devait lui être somnis pour les décisions dogmatiques » TextiDCtion des schismes et la réforme des abus généraux de la cour romaine , qui intéressaient toute la chrétientés La division augmenta entre le pape et le concile ; celui-ci cita Eugène à comparaître en personne ou par ses légats , afin de répondre aux accusations que son opiniâtreté à vouloir dissoudre le concile, avaient fait porter contre lui comme pai^ure, rebelle au décret de réforme, quoiqu'il fût un de ceux qui en avaient reconnu la nécessité au concile de Constance, qu'il eût juré d'y travailler de toutes ses forces, et qu'il eût approuvé la convocation de celui de Bàle pour la réforme de l'Église, dans son chef et dans ses membres. L'empereur obtint plusieurs fois Ja prolongation du terme accordé au pape ; mais celui-ci n'en ayant pas profité pour obéir au concilia, les Pères eurent recours aux avis et aux communicatioos , et décrétèrent qu'on passerait outre , si ces moyens étaient sans efict* Le pape persistant dans son refus, le concile rajouma de nouveau, mais toujours inutilement, en sorte qu'il fût suspendu de l'exercice du pontificat, el enfin , après plusieurs autres citations inutiles , déposé le 22 juin 1439.
Le 5 novembre , le concile nommapour son successeur, Amédée, duc de Savoye, qui vivait dans la retraite la plus profonde , avec une grande réputation de sainteté. 11 fut couronné à Bâle, le 114 j^^^* let 144^9 s^u^ le nom de Félix Y. Ici commence un
nouveau achhme, lorsqu'à peine on voit finir ce* lui qui divisait TÉglise depuis cinquante et un ans* Quoiqu'en disent les partisans de la cour de Rome, il n'y. a, ni ne peut y avoir de doute fondé sur la validité et la justice de la partie du jugement du concile de Bâle , q ut déclare le pap<e Eugène digne d*étre déposé, comme prévaricateur, perfide, parjure et fauteur de schisme. Elle était valide , le concile de Bâle ayant le droit de prononcer , comme celui de Constantinople Tavait reconnu, déclaré et pratiqué lui-même ; elle était juste , parce que les vices d'Eugène IV, qui l'avaient motivée, ne pouvaient être révoqués en doute. Ce pape devait approuver et reconnaître les décrets de l'assemblée concernant la réforme de l'Église, dans son chef et dans ses membres, non-seulement parce qu'il l'avait promis et juré , mais encore parce qu'il était urgent d y mettre promptement la main , les Bohémiens , disciples de Jean Huss , n'ayant depuis quelque temps attaqué la religion catholique que sur les pointsrelatifsà la puissance du pape et àl'abus qu'on en faisait , pour compromettre les libertés et les biens des Églises et de leurs ministres.
Eugène ly mourut le 23 février 1447» ^v^c la consolation de voir le concile de Bâle dissous, et persuadé que le schisme allait finir puisqu'on lui avait annoncé que la haute vertu de Félix Y ne lui permettrait pas de faire attendre long-temps sa renonciation ; il se passa néanmoins plus de deux ans avant qu'elle ne fût signée.
Les Romains et les auteurs qui portent leurs préventions dans letude de Thistoire, prennent sujets pour faire l'éloge d'Eugène lY , de ce qu'il dit quand il fut à son Ut de mort Mais c'est par leurs actions , bien plus que par leurs paroles , que les hommes doivent être jugés. Les auteurs de VAri de vérifier les da4es, avouent qu'Eugène commit des fautes énormes sous son pontificat. Il ne put pardonner aux membres du conclave qui n'avaient pas voté pour lui , et il leur ôta le chapeau de cardinal. Fleuri cimvient qu'il préféra l'agrandissement de sa famille à la paix de l'Eglise. Il prodigua les richesses à son neveu par des voies illicites et même très -criminelles. Il fut cause que les Romains se révoltèrent contre l'administration tyrannique de ce neveu, et il ne put imputer qu'a luimême y la nécessité où il se vit de s'enfuir de Rome, déguisé en moine » pour échapper a la mort. Si Eugène lY eût été le prince séculier d'une seule ville, nous dirions qu'il fut un très-méchant prince; mais il semble que parce qu'il fut pape^ nous soyons^ obligés d*an parler autrement*