‹ Portrait politique des papesChapitre 147 sur 190 · PIE II · texte numérisé non relu

PIE II

CCXll* PONTIFE. — 1>E ï4î^8 A f^ftî'

ÉviB SsLTius PiooEoimii , cardioal éfécftie de Sienne, en Toscane y monta sur le trôfie potitifiobl, kf 17 août r4^&, sousle nom de Pie li, etmoomit le 1 5 août i464«^ Sa eonduile prouva la vérité de l'adage si ancien qui dit que le» honneur» changent' les kabitudesi et les principes, 11 arait rempli ks isBCtiens de secrétaire du concile de Bâle^ et s'était .nusHlré un de ses plus aëtés psnrtieansy <o (fui Faimt fait nommer légat «uporès de ptusieuw priuoes,

par cette assemblée. Il défendit plusieurs fois avec vigueur, dans ses écrits et par ses discours, la supériorité du concile sur le pape , Tobligation où est celui-ci de se soumettre et d'obéir à ses décrets , dans ce qui est relatif aa dogme, à la morale, au schisme , à la nullité des censurent apostoliques à l'égard des décisions dcfs conciles et des appels de décrets et des bulles du pape au futur concile , si celui-ci n'est pas alors assemblé ; et enfin, à d'autres articles puisés dans la jurisprudence canonique et fondés sur les principes également conservateurs des droits et des privilèges de TÊglise.

A peine fut-il pape, qu'il ne songea plus qu'à détruire son ancienne doctrine ; il ne rougit pas de publier, le 26 ai^ril i/|63, une bulle par laqudle il condamnait Enée Silvius Picololnini et ses ouvrages, ajoutant avec une imprudence peu commune , et une bizarrerie inconcevable , que dans ce théologien , tout , jusqu'à son nom même , était imbu du levain de la gentilité, et que, pour cette raison , il se glorifiait de ce que Dieu condamnait Enée. Qu'on juge par-là du cas qu'il faut faire de certaines condamnations de livres, prononcées par les papes. N 'est-il pas évident que l'intérêt de son ambition provoqua seul cette bulle qui l'a couvert de honte pour toujours dans l'histoire? Le 1 8 janvier 1460 , il en avait déjà expédié une autre pour condamner ou interdire tous les appels au concile.

procureur général du parlement de Paris là

çut comme elle devait Tétre. Plusieurs de ses articles étaient attentatoires aux droits de la couronne , de l'Eglise , du royaume et de la pragmatique-sanction ; il en fit le fondement d'une protestation contre la bulle et le pape , et d'un appel au futur concile général. Si les rois avaient toujours montré autant de fermeté , les peuples n'eussent pas eu à gémir si souvent des vexations de la cour de Rome. Pie II se brouilla aussi avec Georges, roi de Bohème, et avec Sigismond , duc d'Autriche ; en sorte qu'on vit clairement que le nouveau pape voulait marcher sur les traces de ses prédécesseurs , et prendre part â tous les mouve* mens de la politique des souverains*

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PAUL n.

OCXIll* ffOVTlfS. — M 1464 A 1471*

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Le succeftsenr de Pie II ftit Pierre Barbi, ¥é- DÎtien, cardinal du titre de Saint-Marc, nereudu pape Eugène lY. Son élection eut lieu le 3i août 1464) et il prit le nom de Paul 11 ; il régna jusqu'à 8a mort 9 arrivée le 28 juillet 1471 » lorsqu'il n'avait encore que cinquante-quatre ans.

L'orgueil, la présomption ctla cruauté formaient le caractère de ce père commun des fidèles. Quelques auteurs ajoutent qu'il poussa la dépravation des mœurs jusqu'à se faire une habitude d'un vice qu'il est honteux de nommer ; qu'une fille fut le fruit de son libertinage , et qu'il mourut empoisonné par un homme dont il avait outragé la femme.

Paul II réforma le collège des abréviateurs apostoliques , qui était le corps le plus savant de Rome. Ces employés réclamèrent contre la suppression

«79 de léVLtë flaceé qiills avaient achetées à béàui deniers comptaBt , et pour la tîe. Le pape les fit arrêter, coinme coupables du crime de lèse-majosté et d'hérésie ; ils SoUfiHrent tont ce que là questioh peut avoit d^hortible , et c}tielijues-tib5 , poui* voir finir leurs totimiens , s'avouèrent coupables, l'historia^ Plathia fut du nombre de eeS Victimes et eut la foi^ de soutenir la torture. C'est lui-méfiiè qui nous Tapprend.

Ce pape afi^tait «lUtatlt de soin pour sa toiletté quie lesfeintnesdumonde^etilne paraissait jattiais en public , sans s'être peint la figure, j^endant qtlll n'était enccpfe que cardinal , il disait que s'il dèVc^ naît pape, il prendrait fe nom de Fôrmosè.* ït n'osa pas cependant pousser jusqu'à ce point Tin-' décence ; mais il se fit monter une tiare couverte de diamans et de toutes sortes de pierreries , et il voulut que les étrangers qui étaient à Rome au moment de son élection , ne quittassent point cette ville qu'il ne l'eussent vu dans sa première cérémonie , afin de donner , lorsqu'ils seraient dans leur pays , la plus haute idée de sa grandeur et de sa magnificence. Il était fort occupé des préparatifs de cette solennité qu'il voulait rendre très-brillante, et ce fut par son ordre que les cardinaux préparèrent pour ce jour là , des robes rouges qu'ils devaient porter, et qui remplacèrent depuis ce moment celles de couleur noire ou brune, qu'on leur voyait auparavant.

Paul II eut de grands démêlés avec beaucoup

de souYerains, contre lesquels il abusa, comme ses prédécesseurs, des anathèmes de l'Eglise, .pour ne point renoncer à Tautorité absolue qu'il croyait avoir le droit d'exercer sur tous les royaumes de la chrétienté. Ce fut surtoul à l'égard de la France, qu'il employa ce moyen , dans l'affaire de la /wvi^-* tnatique-^anciion , et contre la Bohême , dont il voulut détrôner le roi Georges , comme fauteur des Hussiles , pour donner ses états à celui des princes qui les recevrait comme fief du Saint-Siège; en un mot, Paul II doit être compté parmi les papes qui ont le plus aimé les yanités du monde , et qui se sont le plue écartés de la vie du pécheu auquel ils avaient succédé»

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