SIXTE IV
CCXIT* PONTIFE. — DE 1 471 A l484«
Le 9 du mois d'août 1 47 1 » François Aihescoia de la Rovère , religieux franciscain , fils d'un pé-* cheur de Celles , près de SaTone , et cardinal , fut èlcTé à la papauté, sous le nom de Sixte lY, et mourut le 4 doût 1 484 9 â rage de soixante et onze ans. Dans Touvrage sur le népoUsme , on assure que ce pape fut le premier qui le réduisit en système , en décrétant que les neveux des papes seraient princes romains. Quelques auteurs ont cru que Riario était son fils , qu'il fjaisait passer pour un de ses neveux. Wesel de Groningue , surnommé la loi du inonde^ dit , dans son livre des Indulgences papales ^ qu'à la demande de ses neveux , les cardinaux Ro- Tëre et Riario , et d'un autre prince de TÊglise du nom de Saint-Luc , Sixte lY permit la sodomie pendant les mois de juin, juillet et août, à cause de Fardeur brûlante de cette saison , et qu'il écri-> Tit sur la marge de cette abominable requête , les
mots latins fiai ut petitur^ c'est-à-dire, quU en soit comme on le requiert. Le même auteur ^% Corneille Agrippa , dans ses déclamations à ceux de Louvain, attestent le même fait ; Agrippa ajoute, dans le soixante-quatrième chapitre de (^incertitude etdeia vanité des sciences^ que Sixte lY établit à Rome des lieux publics de prostitution , sur lesquels il était perçu un trit^ut annuel de plus de vingt mille ducats , pour le trésor pontifical ; que c'était avec cet argent qu'il récompensait quelquefois le mérite , comme avec des rentes ecclésiastiques. « En calculant les rentes d'un prêtre , dit » le même auteur , tm a coutume de dire : SemfMro» »nius possède une cure de vingt écus d'or, un i prieuré de quarante , idem, y et troi.3 femmes dç » B. ... » D'autres historiens, racontent que la m^la,-» die dont Sixte lY mourut, fut produite par \j^% excès du libertinage auquel il s'était livré sans aur cun ménagement.
C'està unpapede ce caractère, qu'est dûTétablJUsèment de l'Inquisition en Espagne, en vertu d'une bulle de l'année 1 478, que Ferdinand Y Et exécuter en 1480 , comme on peut le voir dans VMUtoir^ critiqua de l'Inquisition d'Espagne. S'il était possible d'ignorer alor$. qiiel était le vrai motif dç cette nouveauté, on voit clairement.aujourd'huixpie le pape ne songeait qui'à exploiter une mine d'oi; pour s'enrichir , et que ce moyen fit sortir d'Es-» pagne un grand nombre de qiillions d'écus qui furent s'engloutir dans sea cofirei , et augmenta la
puissance de sa )uridiction en Espagne , pour le plus grand malheur de cette monarchie.
L'âme de Sixte lY était aussi dominée par d'autres passions non moins exécrables. On le Tit entrer dans une conjuration contre les Médicis, pour leur faire petdre la souveraineté de la ville de Florence. Il fomenta et fit naître plusieurs guerres qui firent coiuler beaucoup de sang , sans ^ucun avantage ; et donna enfin le mauvais exemple, souvent imité dans la suite , d*élever un enfant à la dignité d'archevêque, en nommant à l'archevêché de Sarragosse, Alphonse d'Aragon , bâtard non légitimé de Ferdinand Y, et à peine âgé de six ans. Cette indigne condescendance ne fut pas perdue pour lui ; il en trouva le prix dans le moyens,, que ce monarque lui fournît pour enrichir ses ne- ^ veux , et pour accroître soa autorité dans les royaumes de Napies et de Sicile. L'Italie venait de r#- . oeuvrer la paix que Sixte 1 Y lui avait fait perdre » lorsque ce mauvais pape tomba malade et cessa de ^ vivre ; ce qui donna lieu au distique suivant :
Sistere qui nuUo potuit eu m fœdere Sixtus, Âudito Untum nomine pacis obit.
Ce qot signifie que Sixte lY , qui n'avait pu vivre sans troubler le monde , mourut aussitôt qu'il entendit parler de paix*
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