JULES III
CCXXIIl' PONTIFB. DE 15^9 A l553.
Jean-Maris Del Monte , né à Rome , cardinal du titre de Saint -Vital , fut élu pape le 8 février iSôo , sous le nom de Jules III , et mourut le ao mars i555.
Plusieurs historiens contemporains assurent que, non-seulement il était sodomiste, mais encore qu'il promut son complice au cardinalat en lui conférant son propre titre de Saint-Vital, et en consentant que le fayori s'appelât cardinal del Monte , nom que Jules avait porté lui-même. Le nouveau dignitaire manquait de tout mérite ecclésiastique , et dans le service de la maison il n'avait d'autre emploi public que celui de prendre soin d'un singe avec lequel le pape avait coutume de s'amuser. Jules fut si peu circonspect et si immodéré sur ce vice, que les pasquinades contre Jupiter et Ganimède se multijrfièrent journellement à Rome. Jean de la Casa, archevêque Ao,
Bénévent, en vint au point de composer un poëme latin , où il passait en revue les grands personnages qui , chez toutes les nations et dans différcns sièdes , avaient préféré le vice sodomite à celui du sexe féminin , et les motifs sur lesquels ils fondaient cette préférence. Cet ouvrage fut dédié au pape ; et, quoique l'auteur eût l'apparence de traiter ce plaisir comme un vice > il le peignait cependant sous des couleurs si agréables que Jules en accepta la dédicace , de même qui si c'eut été un traité dogmatique bien écrit contre Luther. Le cardinal Paul Yergio a publié la chronique scandaleuse de ces événemens. Onuphre Panvinio, Papire Masson, le président de Thou et autres auteurs très-graves j en racontent suffisamment pour que Ton sache que Jules III , pendant son pontificat , en a scandalisé d'autres que le roi d'Angleterre Henri YIII.
Il ne fut pas non plus exempt du vice de népotisme , car il favorisa de préférence ses parens , et il obtint de Côme de Médicis , grand duc de Toscane, la nomination de son frère Baudouin au marquisat del Monte de Saint-Severin. Continuant les excès de ses prédécesseurs, il lança les censures contre le roi de France Henri II, parce que ce prince favorisait le duc de Parme , et il l'excommunia avec menace de mettre son royaume en interdit. Il est vrai qu'il fut obligé de rétrograder, parce que Henri ordonna qu'aucun Français n'eût recours à Rome , et qu'il s'adressât seulement aux évèques
diocésains, et il défendit en même temps, sous des peines sévères , l'extraction de l'argent. Ce serait bien là le vrai moyen de réformer la cour de Rome , sans attendre que les papes la réforment d'eux-mêmes , car jamais on n'y parviendra^d'ime autre manière.
La translation du concile à Bologne n'ayant pu produire l'effet qpu'en attendait son prédécesseur, Jules le convoqua de nouveau à Trente. Après quelques sessions , il en suspendit encore la continuation , sous prétexte de la guerre qui s'était élevée entre les princes chrétiens ; mais , dans la réalité, ce fut dans la crainte que les prélats ne prissent quelques décisions contré les abus de la cour de Rome , puisque quelques-uns proposaient déjà de traiter certains points qui démontraient assez quelle était l'opinion générale. Il mourut enfin détesté de tout le monde , et même des Ro« mains qui diffamèrent sa mémoire dans les termes les plus méch^ns.
yi4
vvvv^y%nf^y%/v^yyi/\/ykMMV^/^^vyM/vyy¥^/v*At%/^*/vvyK%MAy^^^^yy^MV*MnM^MAM^nM%^nM^n^