PIE IV
CCXXVI* PONTIFE. — DB iSBg A l565.
Jean Ange de Médicis, né à Milan, cardinal dit titre de Sainte-Prisce, fut élu pape dans la nuit du ii5 au 26 décembre i559, sous le nom de Pie IV^ et mourut dans la nuit du S au 9 décembre i565. Onuphre Panvinio dit que Pie fut gourmand, adonné au Tin , enclin aux plaisirs , envieux , An* patient y ambitieux, dissimulé jusqu'à la feinte, avare et incapable d'amitié , autant qu'il y trouyàt de Futilité pour ses vues. De son propre mou-> vement, il offrit à Ferdinand de le couronner empereur ; mais on méprisa son offre. Il était déjà tard pour faire prévaloir la vieille maxime romaine^ de montrer de l'orgueil envers ceux qui souffrent avec soumission , et de faire des bassesses quand Forgueil n'a pas réussi. Dans la suite, il tenta de donner le titre de roi au grand duc de Toscane $ mais le temps était aussi passé de tolérer de sem*
blables usurpations de la part des papes. L'empereur s'y opposa , et fit dire à Pie lY : Italia non hahet regem nisi Cœsarem. • L'Italie n'a pas d'au- • tre roi que l'empereur. »
Quoique contre sa volonté , il assembla de nou- ▼eau le concile de Trente, d'après les instances réitérées de l'empereur d'Allemagne et du roi d'Espagne ; mais il tâcha toujours que le parti Italien eût le dessus dans toutes les controverses relatives à la puissance pontificale , aux droits épiscopaux ou aux prérogatives des princes* Ses. légats ne permettaient de prononcer aucun décret avant de consulter auparavant la volonté et l'opinion de Pie ; aussi en arriva-t-il de cette convocation , comme de celles de Paul ITI et de Jules III ; l'empereur et les autres souverains se plaignirent hautement que le concile ne jouissait d'aucune liberté; et c'était une chose si certaine , qu'il n'est pas besoin de recourir â l'histoire de Fra Paolo Sarpi ou de Suave , car celle de Palavicino même , défenseur pontifical contre Suave , rapporte les faits qui fondent cette assertion. Tous les monumens iii^primés le démontrent évidemment ; et les lettres de l'ambassadeur d'Espagne, don Alphonse de Yargas, écrites de Trente , disent positivement que l'Esprit Saint n'inspirait rien dans le concile, jusqu'à ce qu'on lui expédiât un courrier à Rome , pour lui demander de venir à Trente : ensuite de cette démarche, le Saint-Esprit venait de Rome placé dan9 une valise} expression familière, qui
signifie que le pape envoyait sa réponse aux légats. Il arriva de là que les princes et les villes protestantes ne voulurent pas reconnaître cette assemblée comme oecuménique, et représentant l'Eglise chrétienne , mais comme un concUiabule dirigé par un seul homme : Ils protestèrent donc de nouveau , et en appelèrent au futur concile général , oecuménique et libre. Ainsi , la religion catholique n'obtint rien avec les déclarations du concile ; car on ne remédia à aucun des abus de la cour de Rome ; à l'égard du dogme , les protestans sui^ virent leurs croyances évangéliques, et , quant à Tunion des membres, les deux tiers de l'Europe se séparèrent du chef.
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