PAUL V
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CkutLiA BoR&HÈss, n6 â Rome, cardinal de Sâiiit-ChHsôgone , fut élu pape le 16 mai i6o5, prit le bom de Paul Y, et mourut le 2 1 janvier 1 62 1 « Nous allons rapporter quelques circonstances particulières sur son élection. Le cardinal de Régio ^ Dominique Tuschi, était déjà élu pape par quarante quatre cardinaux , et on le portait â la chapelle Sixtine pour le saluer ; ce que plusieurs car«dinaux avaient même fait en particulier. Le cardi^* Yiai Baronio excita quelque mouvement en criant de ne pas publier cette élection qui pourrait être préjudiciable , parce qu'elle était Teffet des intrigued du parti espagnol. D'autres demandent alors qu'il soit procédé à une nouvelle élection, et t{u*elle se porte sur le cardinal Baronio. Tous ren-^ trent dâùs le conclave ; les votans s'en rapportent aun catdinaut Âldobrandini et Montalte, etceux-
ci élisent Camille Borghèse. Que les Romaios vieil* nent maintenant nous dire que le Saint-Esprit dirige les suffrages et inspire les élections !
11 suivit parfaitement les maximes du népotisme, car il enrichit ses neveux, en leur abandonnant le gouvernement , et en plaçant tous ses parens dans un rang élevé. Dans toutes ses affaires , il se laissa entraîner par les passions humaines. A peine parvenu à la papauté, il excita des guerres spirituelles , et prépara lorage contre la république de Venise , parce qu'elle avait promulgué des lois justes pour arrêter les acquisitions excessives que le clergé ne cessait de faire , et pour réprimer d'autres abus très-préjudiciables à l'état On écrivit beaucoup pour et contre : Paul excpmmunia le doge, les sénateurs et tous les conseil* Icrs , et ordonna de mettre les Eglises en interdit. Les Romains ne voulaient pas voir que le temps était passé de tenir compte de censures qui n'avaient plus de valeur, nées de Tintérét et des passions humaines. La guerre était déjà préparée ; l'issue en aurait été funeste pour le souverain de Rome, et les Vénitiens menaçaient secrètement de se séparer de l'obéissance pontificale. Paul dut céder enfin, et laissa une leçon à ses successeurs. Les événemens qui s'étaient passés pendant le siècle précédent en Allemagne , par suite de la rigueur avec laquelle on avait traité les princes de Saxe et d'autres , en abusant des censures ; produisirent du moins le
bon effet de rendre les papes plut ctrconspecU, et de les engager à laisser tranquilles les souvei^ms , Sans leur donner des occasions de schisme/
Parmi la quantité de livres qu'on écrivit du cdté de la république de Venise , celui de Fi^a Paolo- Sarpi surtout, ne laissa rien à dire pour couvain-» cre les papes qu'ils n'avaient pas le droit de se mêler des affaires temporelles dès empires, des royaumes et des républiques , sans déroger a l'esprit de Jésus-Christ, de Saint-Pierre et des saints papes des premiers siècles de l'Église. Mais, ni Paul y, ni le reste des Romains , n^étaicnt eh état de ^e laisser convertir à cet égard. Au contraire , Paul excita en Allemagne des guerres sanglantes entre les princes confédérés , sous le titre de Ligue oa^ thoiique, et les autres princes qui protégeaient les. protestans et qui avaient formé une autre ligu^ sous la dénomination il'Évangélique. On peut être assuré que de-là vint le régicide exécuté sur ]a personne d'Henri IV, roi de France ; car Ra* iraillac projeta son crime lorsqu'il entendit dire que ce monarque votdait favoriser la ligue Evangé-» lique.
La plus grande preuve que Paul ne se désistait pas du système romain, c'est qu'il condamna et prohiba tous les livres écrits, s6it a Venise ou ail*» leurs, contre ses propres abus et son tribunal pou'^ tifical, tels que l'histoire de France du président de Thon, le mémoire d'Arnaud contre les jésuites, le
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décret du parlement contre le régicide Chatd, et beaucoup d'autres ouvrages d*un mérite distingué. Nous ne devons pas nous en étonner en voyant ce que ses flatteurs cherchèrent à lui faire croire; puisqu'il permit que, dans divers livres imprimés à Rome, à Bologne et à Naples, on le traitât de vice^Dieu , de monarque irès^nvincihle de la république chrétienne^ de très -ferme gardien, de la toute puissance-pontificale , qu'on lui appliquât ce que Jérémie avait dit par allusion du seul roi de Babylone : « Le peuple et le royaume » qui ne te seront pas soumis, mourront par la faim, » la guerre et la peste i ; et ce que Daniel avait prédit seulement pour le Messie : «Dieu lui a donné la » puissance et le royaume , et toutes les nations lui » obéiront; sa puissance sera étemelle, et son M royaume ne sera pas corrompu. • Ainsi que l'autre texte d'Isaie : « Les rois fourniront tes subsisn tances et les reines seront tes nourrices. Les unes » et les autres se prosterneront devant toi et baise- ■ ront la poussière de tes pas. »
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