‹ Portrait politique des papesChapitre 17 sur 190 · EUSEBE · texte numérisé non relu

EUSEBE

XXX* PONTIFE. — DAN8 l'AH 3 10.

Le successeur de Saiot-Marcellus n'occupa le! si^e papal que du 20 mai 3 10, jusqu'au 26 septembre de la même année. Â. peine son élection fat-elle vérifiée^ qu'il fi^t banni en Sicile, où il. mourut. Il doit à cet exil le titre de martyr. Je; laisse aux critiques a décider s'il suffit d'avoir été banni ou condamné à servir de palefrenier. pour mériter la palme du martyre.

MELCHIADE,

XXXI* POiHTlFE. — DE 3lO A 3l4.

Apxzs.neuf mois de vacances, Mclchiadc fut élu le 2 janvier 3t 1 et mourut le 10 janvier 3i4- Sous

son pontificat , ConslAotin , aprèt- anroir vainov Maxeoce en Italie en Si 3 , se convertit «u cimstki*» nisme. D'accord avec Licinius , cet empereur pronnilga un édir qui dbmiait là piarrà Pégttse^et dé*' fendait de persécuter les Chrétiens. L'année sui* vante, en 3i5, parut une ordonn^ice qui accor-« dait aux églises et au dei^é des privilèges particuliers. Cette neiivesmté feurait nur Papes une occasion de manifester leur ambition , ainsi qu'on le verra dans la suite de eel^ ouvrage; Cela ne doit point étonner ceux quf connaissent bien les pas* sionsr humaines', et ce désir naturef à chacun , des'agrandir et d'ajouter à son autorité.*

Melchiade donna un exemple de tolérance- cpi'onf ne doit pas passer souB silence^ 11 forme un con^ traste frappant avec le fknatisme et IHmprudencer de quelcpies-^nns de se^ successeurs, qui, pcrurne^ pas" ravoir imité , firent pérfr desmilRcrs ef peutêtre des millions d'hommes. IVaprès Tordre de' l'empereur Constantin, Melchiade eonvoqua ua concile à Rt^me, en SiS^ pour promoneer- danr l'affaire des Donatistes. Les Donatistes, eux*mémes,~ avaient demandé qu'on nommât pour juges trois évéques français. Melchiade et dix -huit aotrea^ évéqucs acquittèrent Céetlianus, évéque de Carthage , de l'accusation intentée contre les évéques^ Donatistes. La question était de savoir quels étaient les véritables évéques de ceux ordonnés par Ceci«* lianus , ou des Donatistes ordonnés par Manjorinua, qui se qualifiaient mutuellement de schismatiques.

M ^ckiade «t le ccMicikc , décidèrent que ceux d^s deux panrl» seraient regardés cerrnnc légitimes* évéques ; que chaque évéché serait régi par le pins ancien des évéques élisis , de quelque partr qu il fut d'aUleura; qne le deroîer élu reoef^nH en compensslk» le pcemôer sîégevacmïl;etque le tout était ainsi ré^ pour Finténêt île la paix , sans considé^ Fationp<nnrla|ustiGe despréteDtîoiisd'aneuD parli.

SILTESTRE 1%

XXXU* PONTIFS. — DE Sl/j, A 53 S,

MavM^i*

SAficr^iL^ssTitE futélu Parpe, lc3i janvier 3 i4r ef monraf le 3i décembre 335.

L'empereurr Gcmstantrn fit assembler à Arles un second concile pour raffaire des Donatistes; il convoqua hï»-méme les évéques africains, italiens, espagnol» et français, et écrftît à SHvestre pour qu'il eàt à s'y rendre sll le pouvait Sihestre ne pirt s*y rendre; maïs iT envoya à sa place deux prêtres pour le représenter. La présidence fut confiée àr Félix évêque d'Arles, Trente-trois évéques et lleaucoup de prêtres délégués par les autres évé-^

qucs, confirmèrent en 5i4 1^ sent^ce du côneilc' roniain. Ils profitèrent aussi de roccasion qui le» rassemblait ^ pour régler quelques points de discipline. Félix écrivit au Pape une lettre qu'il est bon de connaître. On peut y voir combien les temps sont changés depuis que Félix , tout en re-connaissant parfaitement la suprématie romaine , qui ne diminuait rien du pouvoir des autres évè* ques , et bien moins encore du souverain auquel tous obéissaient , traitait cependant le Pape de ftère et non pas de très^aint Père.

» Plût à Dieu , Notre cher Frère , ( écrivait Fé- » lix à Saint-Silvestre ) plût à Dieu que vous eus-

• siez été présent à cette grande assemblée. La con- » damnation des Donatistes eut été plus sévère et » notre joie plus grande; mais vous n'avez pu con- » sentir à quitter les lieux où les Apôtres président^

• et où leur sang versé glorifie continuellement »Dieu. Quant à nous, nous avons cru devoir pro- » fiter de notre réunion , pour régler d autres points t que celui pour lequel nous avions été ccmvoqués; t Soutenus par la présence de l'esprit saint et de

• ses anges, nous avons fait quelques règlement » sous leur inspiration. Possédant la plus grande- 9 partie du gowvernement de l'église s c'est à » y ous qu'il appartient principalement, d'après une » coutume antique , de les communiquer aux au- » très évéques. »

Quelques expressions de cette lettre méritent notre altcntion. Félix y dit qu'il appartient au Pape

Tj

"oe eommuniq aetlùs réglemens des conciles tenuis par d autres évéques^ il ne dit pas confirmer, car en effet, Félix et les antres èvéqnes croyaient bien avoir procédé en présence du Soint-Ësjf>rit et conformément à ses inspirations.

Il dit que le droit et l'obligation de communia' quer appartiennent au Pape d'àjyrès une cou-^ iutne anden/ne et non pas du d/roit divin. Ce qui indiquerait que ces égards déférés à Téglise de Rome sont dus à sa position dans les capitales de l'empire , dans un lieu honoré par le martyre de Saint-Pierre et de Saint'-Paul , dont les corps représentaient continuellement la présidence exercée par ces grands Apôtres.

11 ajoute que ce droit vient aussi de ce qu'il possède la plus grande partie du gouvernement de l'église. Ce qui admet deux interprétations différentes et toutes deux vraies. L'expression de ia plus grande partie peut en efiet venir de ce que le patriarchat d'Occident était plus étendu que ceux d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem; Tépithète de plus grand peut encore s'entendre de ce que le patriarche d'Occident , évêque de Rome , chef'lieu de l'empire , avait obtenu dès le principe,^ comme il arrive aux prélats de cour, un rang plus élevé, et plus de considération et d'influence dans les affaires, que les trois autres patriarches.

Il ne dit pas cependant tout le gouvernement ', mais seulement laLmajeutepartie. Les autres évéques n'attachaient a la suprématie que Tidée du

7« pouvoir cxécuUf et d'une partie assez iUodmt dm pouvxûr léghlid'dy tel que la faculté 4le propoier les iois ecclésiastiques , de voter pour leur établisse** meut, de recueillir W$ sufing^, d*iauu)Acer le résultat du scrutin, de prtiiottlguer la lok% dW ditrjger Texécution^ et d'en expédier leli ordres f^é* rau:^* C'est là ce q^'ou peut tirer des doctrines de âxiiat-*PoIycrat.e et de Saint-^Cyprieu ^ des opioîons jreçues depuis Saiat-Augustla ^ des déclarations de» Papes eux-xnémes « pendajat les siècles quatrièwe « cinquième et sixième* Bieu4e]xteiidu que ce pouvoir B!emi>rasse que legouveratfimeutde T^^^sç uuver>iselle et ses régleuusns généraux 9 et non pas le ré<giroe intérieur et diocésaire de chaq^ie église «m |iiar ticulier^ Chaque évèque jouit rela&ivepnisnt à son administraiioA particulière, d'un piHivi^ir iaàé^ pcndaat annoncé par Saint-Paul à l'évèque TUnor Ibée. *< jiy^^ soin , lui disait-il , d^ Uut U Inn^ jipeatx dont VE^fvitSaint vous a étoMi psMen» i^afm gxte vou9 gouverniez € église de Dieu^ ao^ » quise p/ir Jésus-Christ au pria> de son san^, ». Si le Saint-Esprit a conféré ce pouvoir aux évè^ ques , le Pape ne peut se l'approprier ni en tota-r lité ni en psuiie.

Le concile d'Arles ne suffit pas à la trSnquiUité des Donatifites ; ils voulurent et obtinrent quo lempcreur luir^nème revU toute l'affaire^ donnât sa sentence définitive ; ce q^ fut fait comme ils le pràtendaientl Ainsi , A peine le souverain étaitril Chrétien , qu'il eut à prononcer si une croyance

Kç<e daos Ms-^taU était un 4diîa«ie ou non. On n'eut jnmah dûi^pdjBetde wueïCette.doctrîiie.

Sons Je môme 6aiat-^veBtTe, m tint le caoeile jéoécal ide NÎAée, .«BlatiYomekiit â J'hérésie dlAriuis 4l à d'autriBB 'P0mls« Ce ooveile &it'ima8icordofïné, décvétéi et -convoqué par Cfouitaiittii. Oatus, évègiie de 'CoEdove , le j^é0Î4a dtapcès l^oodre du même enyrareitr» ;atte»du ^ue YsiiAm et Yinoeiit , kgaU duJPqpe^,n!étaKBt;poM éféquas, Sîkesire ne.ae .réierra point de dotinar ou de refuser 3a «anction aux aotes du icoucile , iinaîa .andonnaii aes Ug^ de ^ae ciknfonner ^ux déoiaions d» oenoife.

On pjnoypoMidana .ce concile* une loi sLurila^oovtinence â prascrixe au clei^é. SoiaRr^Paphuiieeévèjqœ octofi^uaive, a'ycqppasa awcmgUDur» Imsaat taloirune^vérité'déKDiUitrée parlostsiàf^lassuHrans, apcèa ipie Je £ape JSJvioÂw ^ent «onresti en tune obligation fis<«ictite \sl\j^ ^évéjiuetf^ auaL pvétresiet aux<iiaeKi(, tune mesuve qw.u'étoit.reffet <|ue de h dévotiond'un petit nombre. JLa «onlâiienoe du 'dmtjgé .n*a ^pas i^end^ile» éi^quea ot Ica pDâtrosiphis jchaates quIikiiietle^seFaîaiita'tlaaeliaMenrtiifeayiëi. On doit en )exe€f3^ter i}udqii^ eaa pattinuliefs , dans lesquels Tabsence de femme et d*enfans isole les hommes de la société civile , et les attache à la corporation qu'ils ont adoptée, avec une force qui paraîtrait incroyable, si lliistoire ancienne et moderne et celle de notre temps n'en faisaient foi.

De-là le désir d'enrichir leur église et leur société ecclésiastique particulière^ de préférence même a

leurs parons séculiers; de^là, la croyance qu*il c^C . plus agréable à Dieu de faire Tauinôiie aux temples qu'aux pauvres. De-là ^ lliabitude d'interpréter toutes les lois d'une manière fayorable aru clei^é^ même en opposition à la société civile* De^ là, l'usage de regarder comme saints, ceux qui étaient morts en faisant dés donations aux églises, en fondant des messes ou tout autre arantagepour le culte, quoique d'ailleurs leurs mœurs fussefit peu dignes d'estime. De-là , la réputation dlmpie donnée à ceux qui s'élèvent contre le trop grand nombre de prêtres , contre leurs richesses peu cotivenables , contre leurs injustes privilèges. De-là , enfin une multitude d'effets funestes , qui totis cesseraient si les prêtres étaient mariés. Ils le sont dans l'église protestante, aussi n'entend^n jamais sur leur compte ces plaintes si fréquentes contre le clergé catholique. Alors les intérêts du dei^é et du peuple seraient un seul et même intérêt; tous deux seraient d'accord avec le souverainr y tandis que , par la raison contraire, le clergé cherche à gagner le souverain au détriment du peuple et au détriment de la société générale.

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