‹ Portrait politique des papesChapitre 171 sur 190 · ALEXANDRE VII · texte numérisé non relu

ALEXANDRE VII

CCXXXIX* PONTIFS. — DK l655 A 1667.

Fabio Ghigi , né à Sienne, cardinal romain, fut élu pape le 7 avril i655 , sous le nom d'Alexandre, et mourut le sa mai 1667. Son élection fut le résultat dlnnombrables intrigues des cardinaux, partagés en trois factions , dont une voulait un pontife affectionné à la maison d'Autriche; l'autre, à la maison de France ; et la troisième , un cardinal de la création d'Innocent X ; enfin, les deux dernières ae réunirent par l'ordre du premier ministre de France, le cardinal Mazarin, et Alexandre fut éhi. Ainsi Mazarin , athée presque reconnu , fut l'esprit qui inspira le conclave.

Alexandre , profitant de ce qu'il avait observé â Rome et ailleurs , sur les murmures de l'opinion publique contre son prédécesseur, jura de ne pas recevoir $es parens dans Rome. Son frère Mario s'étant mis en chemin pour s'y rendre, aussitôt qu'il eut appris son élection , reçut l'ordre de ne

«50 pas aller plus loin , et de retourner à Sienne. On vit alors Pasquin avec un papier, sur le({uel Alexaadre était peint descendant du . ciel ; au-dessoui étaient écrits ces mots du symbole , deêc&ndii de cœlis. Le jésuite Palavicino imprimait, dans ce temps, son histoire du concile de Trente, poar combattre celle qui avait été publiée par le serviU fra Paolo Sarpi. 11 y avait inséré mille flatteries adressées au pape, dans Tespoir de conquérir le chapeau de cardinal , qu'il obtint en effet. Ce qu il y avait de plus remarquable dans toutes ces flagor^ neries était le plus grand éloge de son désiste^ ment du népotisme.

Néanmoins Alexandre yeut changer de systémei en appelant a Rome son frère, sa belle-^sœur; avec trois fils et une fille, deux autres neveux , fils d'un autre frère défunt , et deux d'une sœur. 11 consulte auparavant sou confesseur Palavicino, sur le serment qu'il a fait, et le très-bénin jésuite lui dit qu'il y avait à cela des accommodemens , parce qu'il avait juré de ne pas recevoir ses parens diins Home , et que sa promesse . se trouverait accomplie, s'il allait au-devant d'eux â nue ou deux journées , et s'il les recevait hors de Rome. Peut-on trouver une théologie morale plus commode? Le jésuite aurait-il trouvé dans le confessionnal une interprétation aussi favorable pour un pauvre malheureux? Le pape se rendit â la^tf de son confesseur. Palavicino arracha plus de vingt

ao7 feuilles d'impression de son Ustoiré , et les rélm-* prima après en avoir stipprimé les clauses qui regardaient le népotisme. Pasqnin présenta aux Ro-* mains le portrait d'Alexandre peint dans le voyage, et ayant au bas les paroles du symbole, qui suivent celles de la première pasquinade, et inca/r-nattbs est.

' Pour flatter le pontife, on célébra des fêtes, et on éleva des arcs de triomphe pour l'entrée des parens : on mit sur l'un d'eux les paroles sui- Tantes d'un psaume ; Orieiur in dieàus noêtri$ juatitta et abundantia paciê* Mais il se trouva un audacieux, qui, pendant la nuit, mit un m au commencement de l'éloge, et substitua un n au i^. du dernier mot. On lut donc le lendemain le contraire de l'éloge : Motietwr in dieàus nostrisjustitia et abundantia panis. Le plus grand mal fut que la prophétie se réalisa ; on ne peut lire, sans être scandalisé, ce qu'écrivit alors, du. vivant •même d'Alexandre , l'auteur de l'ouvrage dé)à cité H népotisme di Rama, imprimé en Italien, en 1668 , en deux volumes in-^i a.

Ce pape fomenta les dissentions et les guerres •intestioes des catholiques entre eux , en expédiant les bulles que demandèrent les jésuites contre les dnq propositions attribuées à Jansénius, évoque idTpres. Il entreprit de favoriser leur parti, seule- -ment parce qu'ils défendaient l'opinion de l'infaillibilité du pape , mémo hors du concile général TOMK lu 17

^umâoiquc, Icurequ'il décide c» cathsdvA, c'est- »«dire^ comme chef de rEglite, dod seulement daiis lc« clauses douteuses en droit , nais même en fait. Sans doute, le bon Alexandre ignorait que les jésuites pratiquaient en Espagne la doctrine centraÎK^ dans nne condamnation de la menées^ pèce , pour les propositions du jésuite Jcan-Bap* tifita Poza ; car Urbain YIII ne put obtenir obéissance et soumission à ses bulles de condamnation^ les jâsuitcs Espagnols se moquant sous différons piëtextes des décisions pontificales.

L'orgueil romain suggéra au pape Alexandre de refuser au poi de France Lonis XIV la satisfao*lion qui lui était due^ pour une insulte dite à l'ambassadeur de France par des soldats Corses de la garde papale. 11 fit jouer tous les ressorts , dans les cours des princes catholiques del'Europe , pour les engager â soutenir sa vanité* Tous sentirent que la chose leur était commune , et Louis XIY prépara son armée pour venger Tinjure et coniquérir le respect dà auK souverains. Alors AJesa»dre abaissa son orgueil , et envoya a Paria un légat pour demander pardon.

Si les souverains catholiques étaient fcotts éelasrés sur leurs vrais intérêts, ils ne permottnaint pas qu'uni piape eût plus de cour que les douiri^ premiers successeurs de Saint^Pierre : on verrait cesser cette «wltitude d'intrigues remakics dans les aflbires temporclka. A in mo|4 d'^lesandre, le

peuple romain manifesta sa haine en poursuivant tea parens, et pillant leurs palais*

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