TOME I. . K
tiques^ qui ne dépendaient auparavant que des ëvêques, et la décision des affaires importantes relatives a Tadministration générale ou individuelle de toutes les églises^ et ils exigèrent des récompenses pécuniaires pour l'exercice de ce même pouvoir qu'ils s'étaient approprié. Il est bien vrai qu'ils ne donnaient point a cette exaction le nom de tribut^ mais c'en était trè&*réellement un^ et d'autant plus pesant > que le tarifa publié pour les droits des expéditionnaires et de la trésorerie pontificale > était tout-k-fait arbitraire
. Cet abus était si universellement senti au douzième siècle , que le vénérable Pierre de Blois y archidiacre de Londres ^ disait , en parlant de l'arrivée de certains ambassadeurs an* glais^ qu'ils étaient revenus a Londres chargés du plomb des bulles et des brefs pontificaux^ et allégés de tout l'argent qu'ils avaient laissé à Rome, ainsi qu'il était d'usage, pour les frais d'expédition. Dnusti pliimbo, exone-
rali argento, ut solei Romœ accidere. Par la même raison^ lorsque^ dans des temps plus modernes^ on introduisit à Rome une mon-" naie nommée quatrino y cela donna lieu à jouer sur ce mot^ et à dire que partout Dieu était trinoy excepté toutefo^&ik Rome^ qù il était quatrino.
C'est a cette constance invariable de la cour de Rome à suivre de telles maximes , (ju'on doit attribuer la séparation de plusieurs congrégations chrétiennes^ qui s'empressèrent de se soustraire à sa dépendance^ et de former une Église distincte^ quoiqu'a* vec le même Évangile. Au douzième siècle, les Vaudois et eeux qui se donnaient le titre de Pauvres de Ijyon; au treizième, les Albigeois ; au quatorzième , les Wicklefistes ; au quinzième, les Hussites^ au seizième^ les Luthériens et les Calvinistes; enfin, au dix-seplîème^ tous les Chrétiens compris sous la cfenomination générique de Protestans , qur
se sont successivement éloignés da sein de FËglise romaine^ ne s'en seraient point séparés sans les abus crians de ses réserves et . de ses exactions : ils seraient fidèlement restés unis au successeur de Saint -Pierre^ si on ne les eut exaspérés par un système toujours croissant d'envahissement de pouvoirs et par des exactions pécuniaires destinées a fortifier cette usurpation d'autorité. L'esclavage dans lequel les papes voulaient ^ retenir tous les chrétiens^ et le fardeau pesant de ces tributs réclamés sans titre et sans raison^ fomentèrent le désir, de l'indépendance et produisirent la dissolution de cette corporation mystique. Quel intérêt eussent eu les corporations chrétiennes à se dissoudre^ si le pape eut laissé à chacune d'elles la faculté de s'arranger avec l'évéque chef de chaque diocèse ?
Les Romains devaient connaître cette vérité^ et pour le bien de l'Église^ renoncer
à lear système. Bien loin d'en agir ainsi ^ ils se sont jetés de préférence dans Fextrémite opposée^ en soutenant que les chrétiens^ sous peine d'être regardés comme hérétiques^ étaient tenus de croire^ comme article de foi^ que le système romain est juste et ne saurait manquer de l'être^ ayant été établi et consolidé par les souverains pontifes. Pour maintenir un tel paradoxe^ ils se sont efforcés de persuader que le pape est infaillible dans ses décisions^ qu'ils s'est mvanablement assuré l'influeiKce de FË^rit- Saint^ et qu'on né peut se départir d'une telle croyance sans être complètement hérétique.
Us s'autorisent^ a. cet effets du gmnd nombre de papes canonisés^ du titre de Saint- Père donné même pendant sa vie mortelle au souverain pontife^ de la sainteté des lois ecclésiastiques qu'il promulgue , et de beaucoup d'autres raisons particulières
qu^ils acciuaulent pour imposer au vulgaiic ignorant^ vulgaire dans lequel il faut comprendre les ecclésiastiques et les moines^ qui ne lisent rien y ou ne lisent que des livres de fausses doctrines^ recommandes comme véritablement catholiques par les écrivains de la eour de Aome^ pour les intérêts seuls de cette cour.
Nous avons déjà beaucoup d'ouvrages tressa vans dans lesquels on a clairement démontre que tout le pouvoir des papes, qui n'est " point immédiatement dérivé d'une concession expresse de Notre Seigneur Jésus-Christ^
résultant du texte du Nouvau-Testament ou
de la Pratique de Saint-Pierre, et d'une tradition constante et uniforme des premiers siècles^ est une véritable usurpation. 11 n'existe eu effet ni ne peut exister aucune autre source de vérités chrétiennes. Tout ce qui a été pratiqué par les successeurs de Saint-Pierre, et ne peut se rattacher a ce premier principe^