‹ Portrait politique des papesChapitre 26 sur 190 · SIXTE III · texte numérisé non relu

SIXTE III

ÎLIV* PONTIFE. *— DE 43a k ^^O.

L'historien Platina, dans son ouvrage intitulé: Vies des Papes, dit que Sixte III fut accusé par un nommé Bassus , dans un concile de cent cinquante évéques, qui l'acquitta, et condamna Bassus comme caloipniateur. L'empereur Yalentinien, a)oute-t-iI, bannit ce dernier, et confisqua ses biens au profit de TEglise romaine. Le cardinal Baronius dit que laccusateur était Ânicius Bassus, ex-consul de Rome , et que le crime dont Sixte fût accusé , était d'avoir abusé d'une jeune fille qui avait consacré sa virginité au Seigneur. Ce procès fut présenté et examiné dans le concile romain tenu en 433. En supposant que l'accusation fût calomnieuse , cela suffirait-il pour faire canoniser Sixte? Sur quoi se fonde donc cette canonisation? Quelles sont les vertus héroïques qui la lui ont méritée?

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LEON r, LE GRAND,

XLV* PONTIFE. — DE 44o ^ 4^1*

Ce saint pontife manifesta un grand lèle contre les hérétiques 9 et particulièrement contre les manichéens. Malheureusement ce zèle n'était pas conforme à l'esprit de douceur de Jésus-^Christ ; mais plutôt à la rigueur réprouvée dans rÉvangile par l'exemple de l'apostat Saint-Pierre envers les Samaritains y sur lesquels il voulait faire descendre le feu du ciel.

Il délivra Rome du sac et de l'incendie dont la menaçait Attila , roi des Huns ; mais trois années après il ne put en obtenir autant de Genseric , roi des Vandales , qui saccagea la ville p^idant quatorze jours. On dit qu'Attila se laissa fléchir parce qu'il avait cru voir aux côtés de Léon un guerrier céleste qui le menaçait de la colère de Dieu sHl se refusait à sa demande. Si cela était vrai , pourquoi n'en aurait-il pas été de même ensuite avec Genseric?

Saint-Léon fut fidèle à l'esprit héréditaire d'à-

grand issement' qui lui avait été légué par ses pré* décesseurs* Il chercha à s'immiscer dans toutes les affaires ifui se présentaient en Orient et en OccidenL Les patriarches de Gonstantinople,d'Alexan« drie, d'Antiocbe, de Jérusalem, les. primats d'Érphèse, de Césarée, de Carthage, d'Ulyrie, de Thrace, de Macédoine, des Gaules, des Espagnes, et beaucoup d'autres métropolitains de toutes le» autres parties du monde chrétien , eurent avec lui des querelles sur leur juridiction, et Saint-Léon De perdit aucune occasion de faire croire à tous ^*en sa qualité de successeur de Saint-Pierre , il a? ait droit à leur obéissance , aussi bien dans les causes de discipline univei^eUe que dans les questîona relatÎTes à Tadministration intérieure et particulière des provinces dans lesquelles cependant il n*aurait pas dû s'entremêler s'il eut voulu imiter les douze premiers Papes.

Cette conduite l'exposa à une très-^ande mortification de la part du concile général de Cbalcédoiiie, convoqué, en 4^11 9 par l'empereur Mar*^ cien. Les évéques assemblés y accordèrent au patriarche de Cwstantinople une juridiction pri* matialeBur les provinces d'Ulyrie , de Thrace, et sur celle d'Êphèse. Ils s'exprimaient en ces termes : «Les anciens pères ont accordé quelques privi- » léges au siège de l'ancienne Rome , parce qu'elle » était la résidence de la cour impériale. Excités

• par le même motif, les cent cinquante évéques

• de Constantinople , aimés de Dieu , ont concédé

» de semblables privilèges au Saînt-Siége delà nou^

• veUe Rome, pensant avec raison qu'une ville » honorée de la résidence d'une cour, d'un sénat » impérial et de privilèges égaux â ceux de l'an- Bcienne Rome, devait être exaltée et agrandie

• dans l'ordre ecclésiastique de manière que la se- » conde Rome ne le cède en rang qu'à l'ancienne » Rome. •

Ce canon est précieux à la foii» par ce qu'il contient et parce qu'il laisse inférer. On y trouve , en effet, un témoignage éternel de la vérité reconnue par tous les critiques judicieuix, mais défigurée par les Romains ; c'est-à-dire que l'extension de la juridiction des Papes hors de l'Occident ne vient pas d*une concession directe de Jésus-Christ, ni d'une transmission de Saint-Pierre , mais de la volonté des évéques réunis à Nicée, Sardes, et^ autres conciles, ou du consentement des autres, par égard pour Saint-Pierre et Saint-Paul, mar«tyrisés à Rome. Voilà pourquor Saint-Polycrate et les autres évéques d'Asie , Saint-Gyprien et les autres évéques d'Espagne, résistèrent aux usurpations commencées par le pape Victor, continuées par Saint-Etienne , et augmentées successivement par^tous ceux qui vinrent après lui.

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