‹ Portrait politique des papesChapitre 25 sur 190 · TOUS I · texte numérisé non relu

TOUS I

parvenir â étouffer sur le champ , parce qu^une multitude d'esclaves s'était présentée en arme» sur la place de Yespasien, pour faire tète aux partisans d'Eulalius. Le préfet, supposant bien que les deux partis se préparaient à une guerre civile^ écrivit à l'Empereur pour recevoir ses ordres positifs à l'occasion de la Pâques qui avait lieu le 3o. L'Empereur lui répondit le 25 : t Eulalius étant entré à Rome malgré notre défense , il faut qu'il en sorte afin d'ôter tout prétexte à la sédition, et cela , sous peine de perdre sa dignité et peut* être sa liberté. En vain s'excuserait-il sur ce que le peuple l'y à forcé. Que tous ceux qui communiquent avec lui , prêtres où laïques , soient punis à proportion de leurs fautes. L'évéque de Spolette sera chargé des saints offices pendant tout le temps de la Pâques. L'église de Saint-Jean-de-Latran lui sera exclusivement réservée. • Les officiers du préfet Symmaque furent chargés de l'exécution du décret, sous peine d'amendes considérables et même sous la responsabilité de leur vie.

Symmaque fit signifier ce* décret à Eulalius; mais ce dernier souleva le peuple, et refusa de soittir de Rome. Avec le secours de ses partisans iiyempara de l'églîjse de Latran, y célébra le samedi saint , y baptisa solennellement et y remplit diverses fonctions comme s'il eut été véritablement Pape. Le préfet réunit ses hommes et rejeta Eulalius hors de Féglise et de la ville* Achilles, évéque de Spolette, célébra toutes les fêtes de la

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Pâques. L'Empereur bannit Eulàlius,: punit péu-^ ueurs des prêtres auteurs de la sédition , et dé* clara, le 3 avril, que Boniface serait considéré comme le vrai Pape. Le décret impérial anâTa le 8 à Rome , et le peuple qni ne souhaitait plus que la tranquillité, applaudit à cette résolution. Eulallus s'étant soumis ^ fut nommé éyéque de Népi. Ainsi se termina le schisme. Le concHe convoqué pour le r'mal, devenait inutile, et il ne se tint pas.

On peut tirer de ce fait une multitude de <xmséquences relatives à des points de droit- et à là politique. On y apprend quel était véritablement le juge dans une affaire de schisme sur le Pontificat, on y voit que la prérogative du souverain était si bien reconnue , que l'absence de l'approhatioa impériale suffisait pour annuller une élection. Si cette coutume s'était toujours conservée, les histoires ne seraient .pas remplies de tant de guerres scandaleuses qui ont désolé l'Europe, parce qu*il a plu aux Papes d'oublier ou d'ajBfecter d'oublier lin fait aussi décisif que la dispute entre Boniface et Eulalius, pour s'arroger des prérogatives supérieures aux préro^atites impériales. . 'i .

Ce Pape est, je ne sais powrquoi, cité aussi au nombre des saints. La vérité, est que'son< përt} excita autant de: troubles, et fit périr autant de monde que l'autre. S'il ntout: pas été -posiédé d'une extrême ambition de' commander^ qn-iv»

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l'eut pad élu, puisque déjà rarchidiacre Eulalius Yenalt de Fètre, bien ou mal; sans la désobéis^ sance de ce dernier, aux ordres de TEmpereur , son droit Teut certainement emporté. Ausn , se ▼it-on forcé de le relever de son bannîssem^it et de lui accorder un évéclié particulier. Ce sont là autant de circonstances qui diminuent beaucoup de la bomie opinion qu'on pourrait avoir des Ttrtus héroïques de Boniface. Si , au lieu d'avoir été évéque de Rome, Boniface eut été évéque de GoDstantinople, il ne serait certes pas sur la liste des saints»

CELESTIN r.

Xtin* PONTira. — DE ^Û2 A 4'^2.

De 9&a temps, en 43i, se célébra le concile gé^ néral d'Ephèse contre Nestorius, patriarche de Constantinople , et le Pape n'y prit pas phis de part qu'aucun autre évéque. Ce fut l'empereur Théodose II qui le convoqua, et fixa le Meu, le temps et l'obîeL 11 expédia lui**méme les lettres aux patcîarohes , primats et métrc^litains de

rOrienr, et au Pape, pour tous les évéqiiKS d'Oc** cideDt. Samt-Célestin envoya de« députés; mais W concile était déjà assemblé quand ils arrivèrent. Dé}â, sotts la présidence de Saint- Cyrille, par triarche d'Alexandrie , ils avaient tenu quelques sesaioiiB, prononcé et promulgué la coaAunna'^ ûsm de l'hérésie , ainsi que de l'hérésiarque «t de ses sectaires. Dans la lettre lue en. plein c<»iseil, Célestin reconnaissait que les évéques tenaient lears droits et leur pouvoir, d'institution divine. Loin de se plaindre qu'on eût commencé le concile sans attendre ses députés, il les chargeait au contraire, parles missives dont ils étalait porteurs, et qui fûr^itlues pendant la session du concile, de se justifier de leur retard occasionné par leur éloignement du lieu du concile; il annonçait de plus qu'il approuvait tout ce qui aurait été décrété par le concile avant leur arrivée , si les dé* crels étaient conformes aux règles établies.

On peut faire les mêmes observations , quant à la compétence des Papes , sur les conciles généraux de Micée, en 325, et de Constantinople , en 3âo. De telle sorte que personne ne peut refuser ayx Empereurs le droit de commander à l'évéque de Rome et aux autres évéques chrétiens de son empire ^ de se réunir dans le lieu et au temps fixés, afin d'y discuter sur la foi et sur les autres ques-^ tions ecclésiastiques. L'ignorance seule des siècles postérieurs et la subversion de l'empire romain ont pu donner lieu à l'introduction d'idées contrai^

res. La division de l'Europe en plusieurs roj'aumes ne se serait opposée en rien à la continuation de ce système, si les souverains eussent voulu continuer de leur côté à fixer le temps et le lieu. L'empereur d'Allemagne , Charles V, soutint contre le Pape ses droits à cet égard , et il devait le faire par considération pour les protestans. Il insista avec fermeté pour que le concile général ne se tint pas à Trente, mais dans quelqu'autre ville d'Allemagne où les protestans pussent se rendre sans avoir de prétexte pour alléguer, ainsi qu'ils l'avaient fait, leurs craintes de l'influence prépondérante de Rome. 11 est certain que cette influence avait été portée à un excès bien au-delà de ce qu'il était convenable au bien de l'Église. Cette détermination n'avait nullement satisfait Jules III, qui , par cette raison , voulait transférer le concile à Bologne. Il est honteux pour Charles V, et injurieux à la cause dû christianisme, qu'on ait confondu , comme on le fit au concile de Trente, les intérêts de la religion avec les intérêts du Pape ; une telle conduite, due à la faiblesse des souverains et à la lutte d'intérêts profanes opposés entre eux, en fournissant aux hétérodoxes une occasion et un motif suffisant de s'opposer aux décisions du concile, qu'ils regardèrent comme non libres et servilement subordonnées à la volonté du Pon^ tife, fit souffrir au catholicisme un dommage irré-parable

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