SIMPLICIUS
XLVIl* PONTIFE. — DE 468 A 483.
Saint-Simtucius fut consacré Pape, le 2 5 février 468; 41 mourut le 27 du même moi«^ 483. Son pontificat vit la fin de lempire d'Occident et le commencement de la domination des nations sep* tentrionales en Italie. Le dernier empereur, Eo« mulus Augustule., étant mort en 47^9 Odoacre, roi des Erules, se mit en possession de la sou^ veraineté territoriale. Ce dernier mourut en 49^, époque où commença le règne des Ostrogoths. Théodoric, premier roi d'Italie, était très-ignorant , comparé même a ceux de sa nation , puisqu'il ne savait pas écrire; il était cependant doué de beaucoup de talens naturels , comme le témoigne sa conduite politique, supérieure à celle de beaucoup de princes modernes.
Ces nouveautés eurent une influence extraordinaire en faveur des maximes du pontificat romain , dont les possesseurs ne perdaient jamais de vue le projet de réunir à leur autorité ecclésiastique la domination de la ville de Rome où iift
tenaient dé)à indirectement depuis que les empeleursd'OceidentavamitabaiidomiéRome pourfixer la résidence de la cour impériale à Rareniie. L'élé- Tatlon de la dignité papale, Tétendite diss pouYoirs que les Papes s'étaient succesâvesient appropriés depuis la conversion de l'empereur Constantin^e- Grand, la faiblesse et l'ignorance dessuccesseursde Théodose et la réunion de beaucoup d'autres circonstances , avaient donné aux souverains pontifes un très-grand ascendant sur les préfets de Rome et sur les empereurs eux-mêmes* H ne leur manquait que la souveraineté temporelle pour régner en leur propre nom. Mais les rois Odcmcre , TbécKioric et leurs successeurs étaient hérétiques ariens , et cette diversité de religion devait inspirer afux Papes une politique bien différente, et produire dans leurs idées une grande variation* Akin nous verrons les Papes , pour mieux établir leur autorité à Rome, tantôt montrer de la préférence pour la domination desGoths, et tantôt pour celle de l'empereiur d'Orient qui, avec le temps, s*éTait emparé d'ime bonne partie de l'Italie. L'équilibre ^itre les deux puissances fut le prétexte à l'aide duquel les Papes les éloignèrent de Rome l'un et l'autre, et restèrent ainsi, comme vice-souverains sans titre, mais avec l'espérance de l'avoir un |onr.
Saint-Simplicius ne vit pas l'accomplissement de ce dessein , mais il le hâta en cherchant à se rendre agréable a Odoacre et à Théodoiic à la fois
Le Pape poursuivait avec animosité ses débats en Orient au sujet des élections et des limites à poser au pouvoir des patriarches de Constantinople , d'Alexandrie et d'Antioche, de manière qu'il en résulta, entre ces différentes églises, un schisme qiûdura jusqu'au pontificat d'Hormisdas. Je ne sais rien des canonisations des papes Simplicius , de son prédécesseur Hilaire et des autres Pontifes. Si je les appelle Saints, c'est qu'ils sont connus sous ce nom dans les ouvrages imprimés; mais je fais l'humble aveu de mon ignorance. Dans les historiens ecclésiastiques qui font autorité, je n'ai jamais rien lu sur les vertus héroïques d'Hilaire et de Simplicius, qui soit propre à servir de fondement à toutes ces canonisations. Il serait possible qu'il en fut de leur canonisation comme du martyre fiaussement allégué de leurs prédécesseurs, et que les unes ne soient pas plus vraies^ que les autres.