VIGILE
MX* PONTIFE. — DE 538l A 555.
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i l'iErniGArifT Tigiie, pape intrus et parr^nu i* l;Mdé>dê i:eipul8mi de Silrérius, informé 4 è la mort de Silvéïiu^, conçut le projet de ftire l^|ki-- Tti^i son éleetibnj 11 .venonça éouc au pontificat, bipnoodvaincvquœiéiisâire loferait réélire, comme C4^e àrrira. en ^tÊA
;, ll^sis crut obligé de remplir envers Hmpératyice Théodôra les promesses qu'il lui av^it feites , et il écrivit des lettres. de oommuoication â ThéMlose, p^tjrîacche d'Alesàèdne , à Antowe, patriarcàede Cea3t2uitiainpte ; et i Séver«)i, patriarèfae d'ijitio^ ckfif tous. trois d^osés oomme hérétiques- euly«» cbéc^i. Dans ces lettres*, îl aôefthémattsait le oon-*
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^e de ChalcédoiaiB y, ainsi que Tâpitre degmatiqiie du pape Saiat-LéfMii4e-Graiid ; il asauiatt le» trois patriarches qtt'il cf oyait et pi^feasatt lb> nièaM doc^ trine qu'eux, et les pijait de retarder juMfto'à.nn moment |4u8 fîtraFable. fe pubUeatîen: du ecm^wâ de^es lettréB. Voici donc un pape héréitqw , dtt moins quant à Yetiérie^^ à en juger par le contenu de ses lettres; mais si od e» TeM fnger par sa ceoduite, on se feranera aisémenS une. idée de ce qu'il était intériensemènt, et en tro<a9era en lui moins un héaétiquç eiityeluéeb qu'un adiée.
Cependtfit , en S4<^ , il écrivit à ren»perettr Jus* timen comme rvmk cotloliqne , confirma le concile de Chalcéddine et Tépitre de Saint-Léon, ana^ thématba ks ttek patriarches et les antres éré^ ques de wmk parti , et satisfit ainsi. aUx phnntes et aux soupçons de Justinien, mécontent de ce qu'il ne lui «fait pas faià paît de son élection , et de ce qu'il n'avait pasiépoiid« i ia lettre du patriarche Mena.
L'eit»perairflt ensuit» condsomer lesoiuvfesd' Y^ ^les le Persan , archevêque dTEdessr, deThéodore de Mapsueste et de Théodore deCiscès, désignéssous le nom des tr#ss éhajHtreê , parce que Théodore de Cappadéce V éf éque' de Césatéé, aurait trocnpé Tea^ier^ur eii hii persuadant que oe lin*e conte* fladt «lès erreurs Êwo^ables aux hérésies attrttiuées d Origène, â M estorius et A d'autres. C^teeon-damnation dlmiuubil Fautorité du c^Mile de CbsK cédein^, qui «ait cité' àfoc éloge ces lettres et
leurs' auteurs , en les opposant à Eutychès et à d'autres. De là résultèrent diyers scandales et de nouveaux schismes. Au moment où toute FEurope était divisée d'opinions ; que les uns approuvaient, les autres condamnaient les trois chapitres, JusU-* nien mande à Gonstantinople le pape Vigile. Cq^i* ci entra dans cette ville le 27 janvier 5479 et suspendit aussitôt pour trois mois le patriarche Mena qui avait obéi au décret de l'empereur , relatif ans irais chapHretf. Justinien le menaça de sa colère.^ Vigile convoqua quelques évéques en concile ; on tint quelques sessions, et on se sépara sans rien résoudre. Il remit les actes à Fempereur , et préten* dit l'avoir fait pour qu'on n'eût point à les voir à Rome. Il condamna enfin les irais chapiiTes pour complaire' à l'empereur, en insérant toutefois la clause : «sans préjudice de l'autorité du concile dis Chalcédoine. « Les évéques d'Afrique, d'Illyrie et de Dalmatie r^ardèrent le pape comme hérétique^ se séparèrent de sa communion, et l'excommunièrent sur-le-champ dans un , concile d'Afrique. Vigile proposa un* concile général. Justinien le con^ voqua. Lès évéques d'Afrique et beaucoup A'9i^^ très refusèrent d'y concourir. Théodore de Césarée en Cappàdoce et ses adhéliens insistaient pour qu'on exclut de la condamnation des troiê chapiérfs la clause relative au concile de.Chalcédoine.^ L'empe*reur FeffaÇa, Vigile se réiugia dans Féglise de Saintr Pierre du palais d'Hormiadas; le préteur de Coni^ tantinople saccagea ce palais avec ses troupes ^rà Tan
555. Tout ce que put faire Vigile fut de s'évader^ de se cacher dans le palais de Placidia , de sortir de la Tille pendant la nuit , en se laissant glisser par la muraille, et de se réfugier dans Féglise de Sainte* Euphéfliie de Constantînople. Justinien le fit re^ Tenir â la cour. Il assembla un concile; mais Yîgile refusa d'y assister, et il écriTtt qu'il adoptait une partie des décisions du concile et rejetait l'autre. 11 céda enfin entièrement , aToua qu'il aTait manque â la charité en se séparant de la communion de ses frères, et déclara qu'après un plus mAr examen U condamnait les trois chapitres et les auteurs, complices et défenseurs de cet ouvrage, et se réconciliait entièrement avec ceux qui l'avaient cen- ' sure et condamné. L'auteur critique des Voyagea àe» Papes remarque avec raison que les vacilla-tions de Tigile, dans la doctrine des trois chapitres et sa condamnation, suivie d'une approbation partielle, suivie â son tour d'une condamnation totale , montrent assez que les papes peuvent errer sur des points de dogme.
Le concile dont nous parlons est connu, comme le cinquième concile général , sous le nom de second concile de Constantinople. Il n'était composé que de cent soixantt;-dix évêques. Il ne fut admis que long-temps après par l'église universelle, et ne fut reçu en Occident que quand le sotivenîr dés irais chapitres eût été effacé de la mémoire. Encore n'est-il pas bien constant que les Églises d'Es-
pagaeet de France aient jamais fait ua acte spécial de conformité à la doctrine de ce eùn^ûA.
Malgré toute sa* condescendance» Yigile ne pu£ obtenk de Jnstkûen la peraMSflioii> de letonnaer à Borne. Cet empereur fit même dire aux BMsiaina» par le général Narsès , son. irice-roi d'Italie , que s'ils n'étaient pas satisfaits de Vigile y ik |)ou^ateBt en choisie un autre. Il leur désignait à eet effet le diacre Pelage^ ainsi que nous l'aTOAs vu» lé^t du Saint-Siège à Constanlinople. Les Remaini décl^ rèrent qu'ils ne songeaient pa0< à 9e choisk' ito autre pape tant que Vigile existerait , B»ais qw'a^rès aa mort ils se conformeraient au&désirs de l'enifiereur) et choisiraient Pelage pour se» su^ceiseeur. Ce trait prouve toute l'autorité du souverain de Rome sur l'élection du souverain pontife et la eorraptioii avec laquelle se faisaient les élecàontf.
La promesse des Romains kit comme Fanét de mort de Vigile. U partit pour la SicSilè avec* la per* missioti de Justinien*, et il y mouvui le »o janvier 555. Saint-Pierre Damiens, cafcdihal au onaième siècle 9 parle de Vigile comme^ d'un hotiiiue impie et odieux. Ce jugement sur un sai&l rbmatD se ^ trouve en effet solidement ccmfif mé dar ta conduite liérétic|ue , immorale et inique de te pnpe. Aussi ^ même tout en connaissant le dessein* de Barônius de louer tous les papes ^ et dans tous kaeas, ou ne peut cependant s'empêcher d'être étoitaié des éloges qu'il a donnés à Vigile dans ses Annales.
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¥iLàja I", afrobidi^cre 4e<RQtp^9 légfit^dv Saink Siège â k cour de Canstantmople, fibi d'un.J^an^ licaire <lii préret du prétoire , &it ^p^uHtrQ <8uisfti ambitieux et aussi inique que sçu pvédéoiwdwr^ mais il sut mieux dissimuler ses irices ^ .paro? qu'il avaât plus de talent. 11 contrib^ua actîy^inçiit, de concert avec Timpie Vigile, à proxro^uer l'ordre ex« fsès d'exil et de mort dooaé par l'ii»piénRtckie coiitre le pape $ilvérius. Dqpuifi^^t p«iMiftntla vie de Viigile , il chercha d se faire jM>miaer à m. place, c4 le fit enfin tuer pour pouvoir lui duooédfipr. U ne put trouver de tr^i^ m(oi$ mi^miiI révoque iqui voulut \e jconsai^rçr jp^pe^ Lep^enfila d^ Rome et teiile IJtaVfs fuyaient tdut^ espèce ide.pwnuMiDi^ caûoa av€iC;)MÎ-Jfevi.G^-roi ?f|Mr#è^jtrati<^aoesidif-« ficoUéspiar U {protection dont iU0 ^otivrit. Itéla^e ■umtiiiei^cbaire teia^wt en m£Ûiii:Jk ctw»îfisc>0tfEr* vangile, et jura qu'il était ifui^oent dviimurtvf et Vigileu Cette 'a&tionA:io!miiiença à riiconcîli^le^
esprits à sa nomination, et à lui attirer le respect.
Les Églises d'Afrique, d'Espagiie, de France, de Milan , avec ses provinces , d'Aquilée avec la sienne, dlUyrie^ et plusieurs autres Églises d'Europe et d'Asie , refusaient de reconnaître le second concile de Constantinople. Pelage essaya de vaincre leurs refus en les assurant que ce concile n'avait rien décidé de contraire a la doctrine du concile de Ghalcédoine et de l'épltre dogmatique du pape Saint-Léon. Toutes les Églises avaient des doutes siir la catholicité de Pelage, et celid-ci ne put dissiper leurs soupçons qu'en leur envoyant sa pro^ fession de foi, et en leur promettant de leur en envoyer une autre plus détaillée s'ils n'étaient pas satisfaits de la première. Il affirmait entre autres choses, qu'il reconnaissait les quatre premiers conciles généraux comme autant de lois sacrées pour lui et ses successeurs sur les points de dogme et d'administration; il déclarait vénérer comme saints, Yves, archevêque d'Edesse, et Théodoîel, évéque de Cire , dont les ouvrages avaient éié censurés par le second concile de Constantinople. Il avouait que tout ce qui avait été fait pendant la vie de l'impératrice Théodora pouvait être présuûaé contraire à la foi catholique. Il se soumit enûn» avec la perfidie la plus hypocrite, à toutes les hu-^ miliations qui pouvaient aider â le faire reconnaître pape légitime en Occident.
Dès qu'il fut reconnu , il laissa voir sous le masque
de la religion toute la cruauté de son âme. II fut le premier pape qui engagea par écrit Tempereur et son Yice-roi Narrés à déployer toutes les forces de leur pouvoir temporel pour persécuter et punir des peines les plus sévères, ceux auxquelt il donnait le nom de schismatiques , parce qu'ils refusaient de recevoir comme un concile œcuménique l'assemblée de cent soixante-<lix évéques d'Orient à Constantinople. Il est vrai qu'il ne demanda pas la peine de mort , mais seulement le bannissement, la réclusion et la confiscation des biens ; par-là , toutefois , il ouvrit la porte aux atroces châtimens introduits ensuite.
Il est bon de se rappeler aussi une clause contenue dans la lettre que cet homme vicieux écrivit àChildcbert, roi de France, qui lui avait fait demander sa profession de foi par son ambassadeur llufin. < Pour éviter , dit-il , les soupçons scandaleux entretenus sur notre foi , nous devons faire une déclaration des sentimens que nous professons. Nous envoyons donc cette déclaration aux rois auxquels l'Ecriture sainte nous fait un devoir de montrer notre respect et notre soumission. » Ce langage est bien différent de celui qu'ont tenu les papes depuis le onzième siècle.
Pelage mourut le i" mars 56o
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