FÉLIX IV
UV* fOKTIfB. .-~ DiB 5^6 A 53o.
Cb pape fut élu par le roi Théodoric le i4 iuUtet 546^ à la giiai^de )oie du sénat romain qui le twtenut pour souverain pontife. Le roi mourut le 3o iboùt , et Félix n'en fut pas moins consacré Pape ^ 6a de septembre. Il bAtit l'église de Sain^
Came et Sainl-Damien 9 et restaura celle de Saturnin.
Voici donc un pape élu par un roi hérétique, souverain du pays, ainsi que l'avaient été les anciens Césars. Aucu^chrétien decette époque ou des temps rapprochés ne songea à révoquer en doute la légitimité de oetle élection. Dans le cinquième siècle, le pape et ses courtisans mettaient toute leur ambition â élever d'une manière stable le patriarchat romain au-dessus du patriarchat de Constantino-' pie : seule dignité ecclésiastique qui leur donnât des inquiétudes sur la protection immédiate des enoqpereurs d'Orient, Ils souffraient )e feste avec patiepcQ, parce qu'ils sentaient bien que c'était pour le montent une affaire d'une bien moindre importance^ Le clergé romain fut trèi^piqué qu'on ne a*en fût pas remis à lui pour l'élection du pon^ tife, mais il accepta pour le bien de |a paû, et ne voulut pas se jeter dans des disputes aussi dang^ reuses qu'inutiles.
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BONIFACE lî;
LV* PÛSTIFB. — DB 55o A 55j.
Cinquième sdûsme»
Vivx Vf étant mort le i8 septembre 53o, Bo« niface II , son successeur, fut consacré le 1 3 oo tobre par une partie du clergé romain ; Ydâis le même jour une autre partie du même clergé fit consacrer Dtosùore souverain pontife. Ce qui oo casionna le 5* schisme, qui ne dura que peu de temps, grâces à la. mort de Dioscote, le 1 6 octobre.
Le roi Théodoric était mort le 3o août 5a6 » et son petit-fils Âmalaric, jeune enfant de i3 ans, lui succéda sous la tutelle d*Amalasonte, fille unique l^itime de Théodoric. La minorité du roi et la faiblesse d*un gouvernement dirigé par une femme, excitèrent le clei^é romain à revendiquer son droit d'électicm ; mais en même temps, l'esprit d'ambition qui dominait leurs âmes fit assez voir que la raison n'était pas leur seul guide, Persuadera-t-on aujourd'hui aux protestans et à qui que €e B<Ht, que les élections des papes étaient dues
i l'influence du Saint- Esprit , lorfi<{aW y voit évidemment dominer Tesprit de domination. Les schismes fréfuens qui ont troublé le repos de Ifi chrétienneté fie sont-ils pas des garans de cette vérité?
^e même pape Bonîfaçe II en donne. une preuve éclatante 9 puisqu'il porte son ressentiment jusqu'à persécuter son rival au-delà du tombeau , en flétrissant, sans que la nécessité le réclamât, la mémoire de Dioscore, du nom de schismatîque. Û força le clergé romain à reconnaître conmie juste et à insérer cette déclaration dans les archives de Rome. Pour donner une preuve encore plu^ manifeste de la violence de son caractère, il convoqua aussitôt un concile formé des évéques^sulTragans et du clergé diocésain , et fit en sorte qu'en leur qualité d'électeurs du souverain pontife, ils lui cédassent leurs droits, et l'autorisassent à choisir son successeur. 11 les obligea en conséquence à signer qu'ils reconnaissaient pour pape, après lui, Yigile , alors diacre de l'église romaine. Craignant, depuis, les funestes conséquences de son attentat, fl convoqua un nouveau concile, et révoqua les dispositions de l'autre, qu'il déclara nulles comme étant contraires aux canons ; il s'avoua même coupable de lèze-majesté.
Cette confession, découvre tout le mystère. Son âection et celle, de Pioscore s'étaient faites sans la permission du souverain teinporel , et sans qu'on céclamàt sa confirmation. Amalasonte, régente du
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rô^auiifie au nom de son fils Amalaric , atii'A %^\\% doute manifesté son ressentiment, accru de beaucoup à la vue des infractions continuelles faites aux droits de la couronne, et elle aura menacé Boniface de son courroux , d'où il sera résulté Tempressement de celui-ci à obéir à ses craintes et à défaire x:e qu'il avait fait.
D'autre part, le peu de fermeté des évêquessûflragans et du clergé de Rome mérite la plus grande attention* Quel respect y eut-on que nous ayons pourics conciles particuliers de Rome qu'on mous cite souvent sur des sujets de controverse? Tes deux conciles de Boniface II, les divers conciles du pape Symmaque , rapportés en leur lieu, et tant d'autres , ne méritent pas le nom de conciles; mais bien de résolutions pontificales arbitraires et despotiques , qu'un maître fait approuver par ses valets contre leur gré et par la crainte seule d'encourir son indignation. Si la plus grande partie des évéques espagnols , français et allemands , et tous les évéques itaBens, pendant le concile de "Trente, cédèrent enfin à la volonté des papes contre leurs intérêts propres et ceux* de l'église , et détruisirent le respect dû aux conciles généraux, que peut-on penser des conciles particuliers tenus à Rome? Les- protestans se contentaient autrefois de désirer que les conciles se tinrent en Allemagne; moi, je voudrais que ce fût «1 Orient. Là, du moins, le pape n'aurait plu» dlnfluencé sur les décisions des évéques*
JEAN It
ivi* w)Ntn%: — tm S5i A 53i>.
»!■ I ri II
L*ÉiJEcrieif die ce souverain pontife, terminée le âi )anyier 533, aprë$ une vài^nCé de trôid iki'ûfd', iaîflsa de grandg soupçons de simonie. II est cer^ tain cpie les candidats , parmi lesquels pouvait se trouver celui qui fût élu, cherchèrent à obtenir les sufirages^ en promettant de bien les payer en cas de réussite. L^avocàt de Téglisé eut recours au ffoi hérétique Amalaric, auquel il fit un rapport sur l'affaire et lui demanda d'-annuler toute aliénation fiaite des biens ecclésiastiques. Il est triste pour un catholique roxftain de voir qu'on ait été forcé de recourir à un sembla)>le appui; ce qui e^ |dus triste encore^ c*estde voir un hérétique, promulguer des lois pour la repression de ces obus*
Ce sont là encore autant de témoignage^ ,qt)i noiàtrent bien que ces élections n'étaient pqs l'œuvre du Saint-Esprit , puisque le roi , considémot les dispute^ qui avaient coutume de se pni-< 'Sienter sqr. la valeur ou. la nullité. de Félectioii dcmt.U ^tait constitué ji^ge^ s^arrét^ ru^ tarif dgs
ftommes qu'il permettait de donner à ses officiers pour terminer toute dispute et expédier le mandat de confirmation royale. 11 fixa trois mille sous d'or .pour la confirmation du pape^ deux mille pour celle des archevêques , et quinze cents pour celle des éyéques. Cette ordonnance fut affichée sous les portique de F^lise de Saint-Remi. Peut^il exister une preuve plus forte du droit qu'ont les rois de confirmer l'élection des pontifes et des évéques.
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AGAPÏTE,
LVIl* PONTIFE. — DE 535 A 536.
Saint-Agapite , archidiacre de Rome, *l« du prêtre Gordien, fut élu le 3 ]uin 535, -et mourut le 22 avril 556 à Constantinople , où il était allé sur l'ordre &a roi hérétique Théodat , succeBseor d^Âmalanc. H n'obtint rien de ce que Théodat l'avait chargé de réclamer pour éviter la coiH^éte de ritalie , préméditée par Jwitinien ; raah il obtînt ce qui était plus important â ses idées pontificales ; il y célébra un concile, déposa Antoine du patriarcfaat impérial conmie hérétique eutyckéen.
et fut reconnu pour chef de tous les patriarches. Il écriyit delà au patriarche de Jérusalem^ lui reprochant de ne lui avoir pas donné avis des er-> reurs d*Antoine et de sa translation de Tévéché de Trébisonde â celui de Goasiâanftkiople , si contraire aux canons. Malgré tous les progrès qu'avaient &it8 dé|â les papes d^ns Tagrandissment de leur autorité ecclésiastique , nous voyons cependant qu'ils étaient encore soumis à la ptdssance temporelle , et qu'ih lui obéissaient si bien que , toutes les fois qu'on le leur ordonnait, ils entreprenaient des voyages aussi longs que fatigans. Quelle' différence de ces twE^^s anu tempa qui suivivent. Non-seulement ils ont fini par envoyer eux-méipes des ambassadeurs , mais par se crcArc ivia^eS} de$ eoij^res et des royaumes ,, par détrôner les empereurs et les rcûs, et par donner ees dignités à d'autres sous les cooditipns que les noi^i^eauj: possesseurs s'avoueraient tributaiwS' du aiége de Bome«
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SïLVERIUS,
iTlii* PONTiFB. -—'de 556 A 53S*
SAnn^SiLVikius', sous^acre de Rome et fils Ic-
MtiJâÂe du'ftHpê Hf^rinisdas , fàtMélii par le roî hé-
'Tétiqne Théèdat, et céttHaéré «ôtiveràîn pontîfir
" iVïgîle,' 6e diacre dé la même églfse que le papfe 'BcmlikHS'II ^ ^alp ses îMr^esrét ses trames mîques^ ttVàit^faitf Aièe pour sbri siïecèssettr au concile de ÔS^i «e"«l'oHH*â 'tàtféniëinent'= piqué de n'avofr point été élu pontife ainsi qu'il Tespérait. L'empereur Justinien était déjà maitre d'ime {frandc partie de ritalie. Son épouse Théodora ayait sur son esprit un pouvoir despotique. Vigile promit à Fimpératrice que, si elle le faisait élire pape, il se montrerait facile à ses voeux, rendi^it â Antoine le patriarchat de Constantinople , condamnerait le concile de Chalcédoine, entretiendrait des communications avec les évéques eutychéens favorisés par elle, et ferait présent à cette souveraine de 700 onces d or. L'impératrice lui promit le sou-
terain pontificat, et elle^ écrivit au géftérsd saire à cet effet. Voyant le si^e papal dé)4 occupé. par SUvérius , Vigile offrit à B^isaire deux centa^ once» <ror, s'il pouvait, de quelque manièie quo^, ce fut , lui assurer le pontificat* Le i o décembre , Bélisaire s'empare de Rome, qui* 9Q renlUt d'afirii. les ccmsefls de Sihérius. Vigile redoubla d'intrigue , â un tel point qu'il supposa des lettres d'après lesqueUes il paraissait que S^vérfus avait donné' à Vitigès, roi desGroths, des avis contraires aux intérêts de l'armée impériate. 6e motif suffit à Bélisaire pour qu'il s'emparât de Silvérîus , le rdéguât â Patare, en Lycie, et fit élire Vigile pour pape, le lia novembre 537. Sihérius écrivit à l'empereur. Cdui-ci, ignorant toute l'affaire, or-* donna qu'on luilaissâflâUbCrtéde retourner dans •on ^lise. Cependant Bélisaire réclama les deux ceats- oQf:es d'or.> Virgiie- déclara! ne pouvoir les pâyev A Silvérius revenait. Le .génénd exila do«ci ce malheoreut pontife dans l'iie de Palmario. iPé*« lage, diaci:e de Rome et l^t.du Siége'ponlîfical â Gonstantinople ^ était intervânui^aiks. toute cetlPe afiâire pour complaire à l'impéDatrice Tbéodora. VigUe payai lesdeux.oéntftTonces d'or sur les bièbs de l'égliffâ de.Rome^ bt.$ilvériua mourût de foiml' dans soi^tlc, le 30 )iiiUct5r38. Qsera^tH>B dire que l'iiifl«ence}du Saint-Esprit fxréakUi'à teintes ces in-. irigues?^SU(tériii0s>mpare/dii fMtntificatsans éfeee*iion canoifîqoe^: 'sur. l'ordre >a««l''dr?iuii! hérétique. \igii^'dut.Mn:e(i^aiianâà(Uir!mah]vab catboHque.
Cette conchote éteit sans doâte inique ; mais je ne V€fiê pB'ê là ce qui hii yalut d'éli'e canonisé comme martyr; car Ba persécùtibu né vetiait point de la bëine portée' â là foi catholique ; miah uniquenrent des vues' ambitieuses de Théodorat, de l^lisalre, de Yigîte et d<e Péfegc.