‹ Portrait politique des papesChapitre 41 sur 190 · BONIFACE V · texte numérisé non relu

BONIFACE V

IXIX* PONTIFE. — DE 6r8 A 62^^

BoNiFÂCB fut consacré le 25 décembre 6ig 9 après ime année de vacance. Il mourut le 22 octobre 6:1 5.

>75 Informé de la bonne disposition d'Eboin^ roi de Northumberland en Angleterre , à se convertir ila religion chrétienne, sur les instances de la rane Edelbourg son épouse , il écrivit à cette reine pour la persuader de persévérer dans son zèle, et , afin de Tanimer davantage , il lui envoya , comme une marque d'affection delà part de Tapotre Saint- Pierre, une chemise brodée en or et un manteau pour le roi , et un miroir d'argent avec im peigne d'ifoire garni en or pour elle-même. Je regarderais le pape Boniface v comme un des hommes les plus polis du septième siècle et comme un des i^us habiles dans l'art de persuader , si )e ne voyais pas , dans celte affaire , un abus de la politi<pie romaine qui , quand cela pouvait être utile à ses intérêts , mêlait le sacré au profane. Cette manière d'offrir des parures de la part de l'apôtre Saint-Pierre , n'est pas exempte du danger ordinaire de la superstition , et ne me parait pas conforme â la simplicité des douze premiers papes , qui n'attribuèrent jamais à Saint-Pierre des discours qu'il n'avait point tenus. Annoncer aussi que les rois étaient sous la protection spéciale du Saint , c'est encore là un de ces abus représentés comme très-avantageux, comme si la protection générale que Dieu étend sur eux ne suffisait pas. Combien de fois^ depuis, les papes, par une transition facile , n'ont-ils pas regardé comme appartenant à eux ou au Saint-Siège , les royaumes

qu'ils avaient placés ainsi Sdus la protection clé Saint-Pierre.

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HONORIUS r,

txt* poinriFE. — D£ 625 ▲ 63Sé

•ÉtakH^Miri*

fioNOKitis , fils du consul l^etronius de Campa» nie, fat élu pape le 27 ootobre 62S , et mourut le 12 du même mois 638, '

Ce souverain pontife fut consulté comme chef de Féglise catholique par Sergius , patriarche de Constantinopk , sur la question de savoir s'il y avait en Jesus-Christune seule volonté , selon qu'il le croyait luinaftéme > ou bien deux volontés , ainsi que le prétendait Sophronius , patriarche de Jérusalem. Honorius parlant ex cated/râ^ c'est-à-dire en sa qualité de chef de l'Église^ répondit qu'il n'y avait pas en Jésus-Christ deux volontés , mais une seule. Saint-Sophronius lui écrivit , cherchant i le convaincre que Jésus étant à la fois parfait^nent homme et parfaitement Dieu , il fallait nécessaire^ ment qu'il eût une volonté comme homme et une

Volonté comme Dieu , et il lui signalait les acteâ particuliers à la volonté divine , et ceux de la volonté humaine, résultant tous deux de TÉvangile. Le |>ape Honorius n'en défendit pas moins de dire que Jésus-Christ eut deux volontés , et U évita la difficulté de la question en disant que le divin verbe incarné^ avait fait et voulu tout ce qui était bon et parfait. La réponse d'Honorius ne satisfit pas Saint'^phronius et les autres catholiques ; ils craignaient de rentrer dans les hérésies de Sabélius et des autres, qui confondaient les personnes de la très*sainte trinité, leur nature et leurs propriétés, avec d'autant plus de fondement , qu'on* avait dé)à commencé à dire qu'il y avait en Jésus-Christ une seule volonté , ce qui avait mis dans la nécessité de combattre cette erreur. Si ^ en effet, la volonté unique était divine, il s'en sui* vait que Jésus-Christ n'avait pas été parfait et n'avait pas eu la volonté de souffrir et de mourir pour notre rédemption; et, si elle était humaine^ fl en résultait qu'il n'avait pas de volonté en sa qu»« lité de Dieu, et qu'il était, parconséquent ^ inférieur au père , ainsi que l'avançait Arius. Les partisans de Scrgius citèrent l'épUre décrétale du pape Honorius comme autorité en leur laveur. Aussi le souverain pontif JeanlY, qui condamna la nouvelle hérésie en 64 1 , voulant laver l'Église romaine de la tache de posséder un pape hérétique , écrivit que son prédécesseur Honorius n'avait pas prétendu nier que Jésus-Christ, outre une volonté

humaine 9 possédât une volonté divine; mais seulement qu'il y eût dans Jésus-Christ^ comme dans les autres hommes, deux. volontés contraires, Tune encline au bien^ l'autre au mal; et que Jésus-Christ ne possédât que la seconde. Ce fut sous le même prétexte que le pioine Saint-Maxhne , martyr, dans une discussion ave^ Pirrus, patriarche de Constantinople, hérétique monotelite, voulait lui persuader que le pape Honorius n'avait pas été de son avis. Mais, en dépit de ces deux apologies , Honorius fut expressément condamné comme hérétique, l'an 681, au sixième concile général, qui était le troisième de Constantinople. 11 Alt, en conséquence, anathématisé, et son nom fut effacé des diptiques. Le pape Saint-Léon II approuva les décisions du concile et les anathèmes fulminés contre son prédécesseur ; il les communiqua même à l'Eglise d'Espagne assemblée en ce moment en concile à Tolède , aussi bien qu'à toutes les Eglises d'Occident. Il renouvela la condamnation d'Honorius, le qualifia de traître à la doctrine de Saint-Pierre et des apôtres. Les mêmes anathèmes furent renouvelés au septième concile général, second de Nicée, en l'an 787.

Les Romains modernes ont essayé de déguiser cette vérité À cause des conséquences qu'elle produit contre la prétendue prérogative d'infaillibilité des papes ; mais il n'y a pas de littérateur impartial qui se laisse séduire par d'aussi vaines ,assertions, tout-à-fait opposées aux faits qui résultent

»77 des lettres pont^^cales des sixième et septième conciles généraux et des historiens ecclésiastiques.

SÉVÉRINUS,

LXXl*' PONTIFE, — DE 638 A 64o.

SÉTiÉRiifus fut consacré pape le 28 mai 64o^ après une vacance d'un an, sept mois et dix-sept jours ; il mourut le 1 ** août de la même année , après un pontificat de deux mois et quatre jours. Ce délai parait devoir être attribué â la résistence opposée par l'empereur Uonorius â la confirma-* tion de cette élection par suite des disputes relatives à la somme qu'il réclamait comme droit de chancellerie. Pendant ce temps, Isaac, exarque de Ravenne^ Maurice, gouverneur de Rome, et les troupes qui leur étaient soumises , saccagèrent le palais pontifical Pladdia. De grands désastres en furent la suite, et plusieurs prêtres furent ban^ Dis de Rome â ce sujet.

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