JEAN IV
ixxii" PONTin. -^ DE 64o A 64^.
Jean fut consacré le 24 décembre 64o et mourut le 2^ octobre 64 â. Tout ce qu'on sait de particulier sur lui» c'est qu'il condamna Yhectesis de l'empereur Héraclius , c'est-à-dire, Tédit promut* gué qui imposait silence aux deux partis qui se persécutaient mutuellement sur la question de la double volonté , et qui prescrivait de regarderie divin verbe incarné comme ayant fait tout ce qui était convenable, sans s'occuper de la manière dont il l'avait fait Cet édit même affirmait que Jésus-Christ n'avait qu'une seule volonté toujours bonne, et ne possédait pas la volonté contraire qui produit les coupables désirs et les mauvaises inclinations. Jean lY condamna donc les deux lettres adressées par son prédécesseur Honorius I", à Sergius , patriarche de Constantinople , parce qu'elles contenaient la même doctrine que l'hec tesis d'Héraclius, dont ce même Sergius était le vérita-* ble auteur.
THEODORE r,
txxiu* poNTins. . -7 PR 6^2 À 649.
Ce pontife, né â Jérusalem et fils d^un é^é^ue , fttt consacré le 8 décembre 64a , et monnit le S mai 649-
Il condamna dii^ers helvétiques monotélkes et entre autres, Pirrus, patriarche de Gonstanfinople, qnl, après s'être rendu â Rome pour abjurer soti erreur entre les mains de ce pape lui-méniê , était retombé dans la même hérésie. Ce qu'il y eut de particulier dans ce dernier événement , c'est que Théodore se fit apporter du vin consacré dans un caiice, pour signer la condamnation de Pirrus. Étrange caprice, que de faire servir d'encre le sang du saint sacrifice de la messe. On déférerait atijourd'hui comme hérétique, au tribunal de l'inquisition , tout prêtre accusé de suivre un pareil exemple. M. Prudhoœme déclame avec fureur contre un tel attentat , et il a raison ; mais on ne peut le justifier aussi bien des autres reproches qu'il fait à Théodore. C'est ce qui lui est souvent arrivé dans ce qu'il a écrit sur les papes dont j'ai
i8o fiarlé jusqu'ici. Ami de la vérité, je me vois donc souvent obligé de la chercher dans Fleury et dans les autres écrivains véridiques qui ne sèment dans leurs écrits ni le venin , ni le mensonge , ne citent jamais à faux les auteurs dont il se servent, et n'altèrent pats les narrations : ce sont là des vices dans lesquels tombe toujours M. Prudhomme. Aussi , personne ne doit faire cas de son histoire, sous peine d'être démenti à chaque pas pat lés auteurs cités eux-mêmes. Je suis convaincu que c'est un écrivain de mauvaise foi et indigne de l'estime de tout homme instruit. 11 eu est de même de M. R qui a fait l'abrégé de cette histoire ; il n'a fait que supprimer les déclamations furibondes, et a laissé subsister dans leur état primitif les mensonges historiques et les calomnies contre les papes. Il n'est pas nécessaire de mentir pour faire connaître â fond l'ambition qui a dominé â Rome, et les autres vices qui en sont l'accompagnement et la suite ordinaire. Pour la bien connaître, il suffit de la vérité toute nue, tirée des sources les plus estimées de l'histoire ecclésiastique.
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MARTIN r,
IXXIV* PONTIFE, — DE 649 ^ ^^^*
. Saint-Maktin fut consacré pape le 5 juillet 649» et mourut le 16 septembre 655 ; mais la consécration se fit avant l'arrivée de Fordre de confirmation de l'empereur Constance, ce qui fit que ce souverain r^arda Martin comme un intrus. Cette opinion n'était pas sans fondement, puisque ce droit des empereurs avait été consolidé par une possession de trois cents ans» Dès l'origine du Christianisme, le peuple romain avait eu une part active aux élections des papes , et ce droit avait été placé ensuite au nombre des prérogatives de la couronne, depuis que, sans titre et isans justice, le clergé de Rome avait donné l'exclusion au peuple. La raison était , à cet égard , du côté du souverain, car, la dignité papale étant une dignité si élevée, le souverain du territoire devait nécessairement avoir un droit puissant d'intervention dans ce choix important, afin d'éviter qu'il tombât sur un ennemi de l'état capable de susciter des révoltes. Tel est le principe sur lequel est fondé le droit
EuGiifE élu, ainsi que nous venons de le voir; le 7 septembre 6549 pendant la vie de Saint^BIartin, sans que ce dernier en eût connaissance et eût renoncé à son titre , ne fut point soumis à une nouvelle élection après la mort de ce Saint, ainsi que cela s'était pratiqué avec le pape Vigile, après la mort de Silverius. Cette différence fi|t due au consentement de Saint-Martin« Eugène envoya des
i84 duite indique un grand esprit de charité et un zèle éclairé qui voulait éviter toute -occasion de j
schisme. Je ne puis cependsoit approuver sa conduite précédente. Martin devait prévoir que rinsulte qu-il fit à l'Empereur en condamnant son type, sans faire précéder cette condamnation d'aucune admonestation ni d'aucun avertissement plus doux, tel que le respect dû à son souverain en réclamait, était un acte de despotisme peu conforme à la modération de la doctrine évangé* lique.
EUGÈNE r,
WXV* PONTIFE. — DK 654 A 657-
dëpvtés A Constantinoplë pour traiter avec Tcm*pereur et avec le patriarche^ relativement â la coDdanniiatioii du Ufpe et de ses auteurs. Les dépotés s*aTilirent en cédant au pouvoir de Constance. Od a voulu tirer de grandes, conséquences de ce que le moine Saint^Maxime , dont la r^utation était très-populaire à Constantinoplë, avait communiqué sTec l'empereur et avec le patriarche. «De quelle • Eglise étes-vous , lui demanda le patriarche le 1 7 •mai 655 ? Vous voyez assemblées ici les Eglises de ^Bysance, de Rome, d'Antioche^ d'Alexandrie, >de Jérusalem et des provinces qui en dépendent, i Réunissez-vous donc à FÉglise universelle , autre- 'ment il vous en arriverait mal. — Dieu, dit •Saint-Maxime, a déclaré que l'Eglise catholique i s'appuyait sur la profession de foi orthodoxe qui •mérita des éloges de Saint -Pierre... » Anastase , disciple de Saint-Maxime, écrivant aux moines d^ Caller en Sardaigne, sur la déférence des légats du pape Eugène pour l'empereur et sur le danger dans lequel se trouvait la foi catholique, a)ou<* tait : « Nous vous prions de venir au secours de la »foi catholique, et, si vous ne pouviez le faire, •il vous faut partir sur-le-champ pour Rome; «TOUS réunir la aux hommes formés dans la foi, et •soutenir, â notre exemple, la vérité avec courage •sans s'écarter des voies qui nous sont tracées par •les conciles et par les pères. »
Eugène mourut le 1** juin 657. Les écrivains lui donnent le titre de Saint , sans qu'on sache pour-
quoi. Son acceptation du pontificat pendant la tie de Salnt-Mortin ne fM pas nne vertu héroïque. La lettre dti Saint, esilé en Chersonèse, annonce qu'Eugène no kii envoyait ni pain, ni bled, et encore moins , sans doute , de Targeot. Le choix de ses légats ne donne pas une haute opinion de sa "prudence ou de son zèle. Saint-^Maxtme se souciait peu que le pape et ses légats se soumissent à Tempereur. Tout contribue à nous faire faire peu de cas de la ùananisation voiontaire. On ne doit pais mettre sur la même ligne la réponse de Saint- Maxime qui détruit la prétendue infaillibilhé du p^pe^ en supposant que ce privil^e divin n'est fondé que sur la profession dé f&i caifioHtjuâ ^td mérita des éioges à Saint-Pierre.
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VITALIEN,
tXXVr PONTIFE. — DE 657 '^ ^7^*
YrràLisK fut Stu le 3o juillet 667 et mourut la ^7 janvier 672. Quelques écrivains lui donnent aussi le titre de Saint , mais je n*en puis trou vet la raison dan^ l'histoire ecclésiastique. Dans Tannée
666 , il donna des preuves d'un naturel colère, en exconununiani 1 archevêque de Ravenne, unique-^ ment parce qu'il disait que pour gouverner son diocèse il n'avait pas besoin des ordres du pape« Larchevéque était si bien convaincu de la justice de son opinion, que, regardant comme un attentat le décret de censure pontificale, il excommunia lui-même Yitalien. Bien que cette conduite de l'ar^ dievéque fut blâmable, elle sert du moins à prouver combien les opinions du septième siècle diffé* raiaatde celles quisonténoncées dans lesdéeré taies, puisqu'on croyait alors qu'un archevêque pouvait acommunier un pape qui aurait commis des at-> tcotats. A cette époque, l'empereur Constanee ûî un voyage à Rome, et quoique le pape Saint-Mar* tin et le concile romain assemblé en 65o l'eussent eicommunié comme hérétique monotélite, le pape Yitalien n'en alla pas moins le recevoir à la tête du clergé ^ à six mille de Rome , communia avec lui dans toutes les principales églises , reçut ses ofirandes pendant le saint sacrifice, etpratiqusr enfin tous les actes d'union possibles avec un catholique. Cette conduite contraste beaucoup avec celle de ceux de ses prédécesseurs qui avaient flétri la mémoire d'Acacius , patriarche de Constantinople , uniquement parce qu'il avait communié avec plusieurs personnes regardées à Rome comme hérétiques, sans aucune condamnation spéciale.
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DIEUDGNNE,
LXXVn* PONTIFE. — DE 67a A 676.
Il fut élu pape le 22 avril 672 , et mourut le 26 Juin 676*
- Kous n'avons rien â rapporter de lui, relatWe-* ment à notre objet
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DOMNUS r,
tTKXVIIl* PONTIFE. — DE 676 A 678,
Élu le 2 novembre 676 , il exerça le pontificat jusqu'au ti ,avril 678, et obtint de l'empereur Constantin III, la révocation du décret de son prédécesseur Constance qui avait déclaré l'archevéque (de Ravenne indépendaqt de Rome; cette
rirocation mit fin au schisme commencé du temps du pape Eugène.