JEAN VI
tXXXT* PONTIFE. — DE 'îOl A 705,
Le pape Jeaia fut consacré le 2& octobre yai , après une vacance de cinquante |our9. U mourut kg janvier 705.
Malgré ce qu'en a écrit M. PrudhonifKie , on bc trouve 90u$ son poûtificat aucune usurpalioud:'au-' torité : il ne fit que préparer les usurpations de ses successeurs. L'empire d'Orient était réduit à un état complet de nullité ; il avait perdu T Afrique ^ une grande partie de Tltalie, et beaucoup de provinces cp Europe occupées par les Sarrazins, les Bulgares et les Lombards. Les soldats de la garnison de Rome étaient des gardes nationaux qui ne connaissaient ni n'aimaient le service de l'empereur. Les papes de la fin du sixième siècle leur avaient donné un certain air d'indépendance ma-
»99 nifesté par leurs tentatives , deux fois recommencées, pour s'emparer de Télection papale. Sous le pontificat de Jean YI, ils se révoltèrent contre Théophilacte, exarque de Ravenne, qui aurait incontestablement péri , si le pape ne les eût contenus.
Ce fut à cette époque que Rome se vit menacée parGisulphe, duc de Bénévent, feudataireduroi des Lombards. Jean YI délivra Rome en interposant sa dignité respectée, et en faisant de grands présens. Il n'y avait pas alors à Rome de magistral civil ou militaire d'une autorité suffisaoto ip&mt contenir les papes dans les limites des affaires ecclésiastiques. Jean Y I , par ce Service , consolida dans les mains de son suecessetnr tout le potrvoît admimstratif de Rome. Aucun titre , sans d^oute, ne légitianait cette autorité , mais le respect des magistrats e€ du comnran des habKans y suppléait assez. Noutf ne lavdôroBS pasbeducoup , d'ailleurs, à voir les papes tricanj^er de cette difficulté.
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JEAN YII,
tXXXVl* PONTIFE. — DK 705 A 707.
GoNSACuÉ pa{ie le i^ mars 706 , il mourut le 17 octobre 707. Il reçut de Fempereur Justinien II et sathctionna sans aucuine résenre, le concile in TruUo Cet acte est d'autant plus remarquable, que, sur le refus qu'avaient fait successivement de Tapprou* ver, Sergius I" et Jean VI , Justinien lavait envoyé a Jean VII, en lui laissant la liberté de corriger tout ce qu'il croirait devoir corriger. Justinien remontait alors sur le trône pour la seconde fois. Il se vengea dune manière barbare de ceux qu'il reu gardait comme coupables d'avoir contribué à sa première destitution. Le pape regarda la proposition impériale comme un piège qui lui était tendu, et la crainte de perdre la vie le priva en effet de la liberté de faire des corrections. Le concile in TrvUo admit et reconnut, comme de véritables canons apostoliques, quelques décisions qui ne l'étaient pas et ne pouvaient pas l'être, parce qu'elles contenaient des hérésies et d'autres er* reurs contraires à tout ce que l'Eglise romaine a
toujours cru. D'où il suit que Jean Vil , qui approuva sans corrections tous les actes du concile , se rendit coupable lui-même des hérésies contenues dans ces prétendus canons apostoliques. L'approbation d'un concile se donna ex catedrâ, parce que l'empereur la réclamait du pape comme chef de l'Église, puisqu'il ayait déjà la sanction et b signature des patriarches de Constantinople , d'Alexandrie, d'Antioche, de Jérusalem et de» deux cents onze autres évéques qui avaient assisté au concile. Par la même raison , une semblable approbation est incompatible avec l'infaillibilité du pape , comme le sont aussi les décrets des huit prédécesseurs de Jean Yll , dans la vie desquels nous avons eu occasion de faire de semblables ob«servations.
Quelques auteurs disent qu'Aribert, roi des Lombards , préférant tenir son royaume des papes plutôt que d'en faire hommage à l'empereur d'Orient, fit don à cet effet au souverain pontife de la suzeraineté de tout le territoire appelé les Alpes-Côtes, qui s'étend depuis Turin jusqu'à Genève et jusqu'à la France. Jean Yll ne posséda pas alors cette suzeraineté ; mais il vint un temps où ses successeurs essayèrent de citer cette dona-* tion en leur faveur, pour autoriser l'extention de leurs domaines temporels.
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SISINIUS,
LXXXVIl' PONTIFE. — DE 707 A 708,
SisiNius fut consacré le 18 janvier 708, apm une vacance de trois mois , et mourut de mort su* bite le 17 février de la même amiée; son court pontificat ne fut ainsi que de vingt jours. Le schisme dont parle M. Prudhomme n'est pas avéré. Mais il est bien certain que , durant ce court intervalle de temps , il projeta de relever les murs de Rome : ce nouveau témoignage d'autorité sécu- Kère indique assez combien le pouvoir papal, sans titre , et par la volonté du peuple qui ne paraissait soumis à l'empereur que pour la forme, allait croissant de jour en jour.
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