GREGOIRE III
XC* PONTIFE. — DB ']5l A 74*
Il fat consacré pape le 18 mars 731, et mourut le 28 novembre 741.
Anastase le bibliothécaire et d'autres éctiyainSi le comptent au nombre des Saints. Les auteurs de €j4rt de vért/ler {es dates assurent qu'il y a beaucoup à dire contre sa sainteté. J'ajouterai que je ne crois pas qu'il le fût , et que loin d'avoir mérîlé la canonisation, sa conduite me semble avoir mérité le contraire. Intrigant , ambitieux , perfide, il se mêla de tous les intérêts politiques de l'Europe, il insulta audacieusement son souverain sous un faux prétexte de religion ; il fit servir à des objets politiques des armes purement spirituelles; capable enfin de tout, sa conduite publique fut totalement opposée à celle de Saint-Pierre et des dourze premiers apôtres qu'on avait, dès long-temps , cessé de prendre pour modèles dans l'exercice du pontificat.
NoD-seulement il excommunia l'empereur Léon son souverain , comme hérétique iconoclaste , il
l'insiilla même en plusieurs lettres, le traitant de barbare, indigne de r^;ner, et lui disant assez clairement qu'il ne devait plus compter sur Rome, ni sur l'Italie.
11 eut avec Luitprand , roi des Lombards , une conduite double et perfide. Il chercha à le rendre son ami pour qu'il ne s'emparât pas de Aome, et pour qu'il lui cédât divers lieux de sa province , et bientôt après, il recueillit les ducs rebelles de Spolette et de Bénévent , et s'unit à eux contre son bienfaiteur. Ce derniçr voulut se venger et châtier une telle perfidie. Grégoire , se sentant le moins fort , envoie successivement trois ambassadeurs à Charles Martel, duc de France, pour réclamer son secours contre Luitprand. On ne peut lire ces lettres sans voir évidemment en Saint -Grégoire un rebelle contre l'empereur de Constantinoplç , un intrigant qui mêle la fraude et le mensonge à b v^ité pour détourner Charles de son alliance avec le roi des Lombards , et un ambitieux hypocrite qui , sous l'apparence d'offrir l'Italie et l'empire y laisse voir son désir qu'on offre à Saint-Pierre la souveraineté des provinces limitrophes de Rome , comme si Saint-Pierre eut jamais désiré la souveraineté temporelle à laquelle aspirait Grégoire et obtenue par son successeur immédiat. Qn'on lise enfin l'histoire ecclésiastique ainsi que les lettres de Grégoire à l'empereur Léon et au duc Charles ; qu'on observe ensuite sa conduite avec le roi d'Italie et le duc de Spolette , et )e crois que
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tout homme impartial recomsaitra aisément que ce pape ne peut être placé au mombre des Saints à moins qu'on ne veuille canoniser, à la fois , Tambition j la perfidie et le crime. .
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