‹ Portrait politique des papesChapitre 55 sur 190 · ETIENNE IV · texte numérisé non relu

ETIENNE IV

XCVU* PONTIFE. — M 816 A 817,

Étunne, noble et diacre romain, fut consacrépape le 23 juin 816, et mourut le 34 ^nvier 817.

Durant son coiirt pontificat, il montra combiçU) déjà l'esprit d'ambHion était eiiracioé dai^, le elei^é romain, et avec quelle hypocrisies oi| sftyait le cacher* L electioiJi poi^tii^icale ayant suîvî iminé* diatemeat la mort <ie Léon III, Etienne se fit cim** sacrer sans attendre la confirmation impé«:i^}<^. Une telle conduite , si l'empereur s'en fû^ ^P9ay4 oflenfié , aurait pu amener la perte de ta.vt^s J^ provinces romancer Pour éi^happer à c^.ijl^i^r, Etienne fit siir-le-çhwip préterr au cj^r^é et ai| peuple de Rome serment de fidélité à Louis P% le Pieui^ , et en fil passer l'acte au prince , par des

envoyés extraordinaires, se justifiant de s'être fait consacrer sans attendre son approbation, et lui remettant une couronne impériale en or. Il partit bientôt lui-même pour le consacrer empereur et roi, à Reims, et lui porta une seconde couronne d'or pour servir au couronnement de l'impératrice. Ce voyage ne lui fut pas inutile , car l'histoire raconte qu'il obtint de Louis tout ce qu'il désirait, et il est aisé de croire qu'il ne désirait pas peu. On ne connaît pas exactement l'objet de ses demandes. Il est vraisemblable, cependant, que ce fût la confiimation des donations de Charlemagne, et la promesse de défendre ses états, au cas où l'empereur de Gonstantinople aurait l'intention de les revendiquer : c'est à cela, en effet, <]ue se bornaient les principales mquiétudes des papes.

Cest là un véritable scandale , sans doute , mais on pourrait encore passer par lâ-dessus, si les iiuccesseurs de Léoa IH et (CEtieniie lY s'étaient contentés du sort de ces papes; car enfin, ces derniers reconnaissaient la souveraineté directe des empereurs , et leurs adulations même prouvaient leur soumission. Des temps viendront où ce pouvoir, dont Léon et Etienne étaient décorés, leur semblera trop étroit , et où ils afiecteront une souveraineté et un pçuvoir universel sur tous les empereurs , les rois , et les autres souverains.

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PASCHAL r%

XCTUl* POWTIFI. — DK 817 1 894»

Paschal, né à Rome, fut consacré pape le aS janvier 817, et mourut le 11 mai 8a^. Il n'atten*dit pas non plus la confirmation impériale. Louis I*' s'en offensa. Pàschal chercha à le satisfaire par des discours subtils. Il connaissait la faiblesse de ce souverain ; il savait que , fidèle aux promesses faites au pope, son prédécesseur, Louis lui avait fait ei^pédier le titre de confirmation de toutes les donations faites par Charlemagne. En Tan 823» Lothaire, fils aîné de Louis, et déjà associé par 8on père à l'empire, se rendit à Rome, par son ordre, pour y administrer la justice, à l'occasion de quelques émeutes qui venaient d'avoir lieu. Théodore, nomenclateur de l'Église romaine, et Léon, son gendre, se distinguèrent entre tous les Romains, par leiur zèle en faveur de Lothaire. Au retour de ce premier en France ^ tous deux furent assassinés dans le palais de Latran. Leurs parens dénoncèrent devant Louis , le pape

23o I^aschal , comme auteur de cet assassinat. L'empereur s'emporta d'abord , mais à peine Paschal eut il nié avec serment en présence des commissaires impériaux , que , selon son habitude , il se tint pour satisfait. Il demanda toutefois qu'on lui livrât les assassins. Le pape, qui les protégeait , s'y refusa , et , se voyant Hbre , alla jusqu'à affirmer que Théodore et Léon méritaient la peine de mort, pour s'être rendus coupables du crime de lèsemajesté , et qu'ainsi leur mort ne devait pas être regardée comme un assassinat, mais bien comme une exécution judiciaire ^ dénuée des fotmes près- ^tes. Tout homme, s'il n'est point membre de i^e clergé , qui soutient en toute occasion la curie tomaine, doit être scandalisé de cette doctrine, â-la-fois despotique, immorale, Causse, et ennemie de l'ordre public. Une telle conduite de la part de Paschal est la confirmation la plus certaine du bruit public qui lui attribuait l'assassinat. Ce qui ajoute encore à la vraisemblance, c'est que lés assassins étaient, à ce qu'on assure, membres du clergé. Comment , d'ailleurs , Théodore et son gendre Léon auraient-ils été coupables du crime de lèse-majesté? Paschal n'en donna jamais la preuve. Il serait possible qu'ils eussent parlé contre le danger des doctrines pontificales de mélèr k dùinination séculière avec l'office pacifique de pasteur spirituel. Ce raisonnement pas* sait déjà pour une rebellîon en faveur de l'empire. I^àschal est vénéré comme saint, le 14 ^^^î* ^ ^^^^

hasard peut-on devoir la canonisatioa de tels honw mes? Où trouvera-t-on , dans Pascfaal, des vertus béroiques capables de contrebalancer les violens soupçons d'extrême ambition , de perfide assassinat et de par)ure ?

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EUGENE lî;

xcix* poirriFE. — db 8^4 a 827.

lieiivi^nie achisnoe.

EirotifB , archiprétre de Sainte-Sabine de Rome, fot élu pape le 5 juin 824 9 et mourut le 1 7 août 827. Son élection fut loin d'être tranquille. On ne considérait plus alors le pontificat comme un emploi épiscopal , dans le sens que lui donnait Saint- Paul , mais comme une dignité royale , égale , si elle n'était supérieure, à celle des autres souverains temporels, au nombre desquels les papes se comptaient, sans préjudice de la dépendance ou ils se trouvaient encore de l'empereur. Un certain Zizime fut élu pontife romain par un autre parti, ce qui produisit le neuvième schisme. Il

aurait sans doute duré long-temps, et ameDé la |[uerre ciTilc , si Tempereur Louis n'eut interposé son autorité. L'empereur Lothaire, son fils, se •rendit encore une fois à Rome, et en arrêta les progrès. On doit observer que les Romains en gé^néral , et les propriétaires résidans dans les états pontificaux en particulier, se plaignaient que les papes donnassent leur sanction aux usurpations de terres par lesquelles les juges pontificaux enrichissaient les églises aux dépens des habitans. Cette circonstance n'avait pas été sans influence sur le schisme. L'empereur Lothaire , pour remédier à ce mal , ordonna la restitution des terres usurpées. Le pape Eugène concourut avec lui dans cette mesure, donna le même ordre , et tous deux , d'accord avec les grands de France et de Rome, établirent une loi organique^ pour éviter, à l'avenir» cet abus ainsi que d'autres semblables. A l'égard de l'élection du pape, l'acte renfermait ee qui suit :

» Personne, homme libre ou serf, ne pourra «s'opposer à l'élection du pape. Elle appartiendra >de droit aux Romains conformément à la con*

> cession faite par les anciens pères. Les ducs , les • grands et le peuple de Rome prêteront serment de 9 fidélité â l'empereur sous cette forme : Je promets 'd'être fidèle aux empereurs Louis et Lothaire

> sans blesser la foi que }'ai promise à l'empereur. » Je promets aussi de ne point consentir que qui >que ce soit devienne souverain pontife ^ s'il n*^

«reçu Félection canonique, et que le nouvel élu •soit consacré sans avoir préalablement prêté par «écrit, en présence du commissaire impérial, le ser- • ment de fidélité semblable à celui qui a été prêté > et signé par le pape Eugène. >

Ce serment prescrit de faire part à Fempereur de l'élection papale et d'attendre sa commission , ainsi que la nomination du commissaire qui doit recevoir le serment, avant qu'on puisse procéder à la consécration. Si les papes eussent continué de suivre cette loi organique , consentie partons ceux qui avaient part à l'élection , on n'aurait pas vu tant de guerres et de meurtres qu'on en a vu depuis le neuvième siècle , et si tous les papes eussent été aussi modérés qu'Eugène II , il n'y aurait jamais eu entre les empereurs et les pontifes de ces guerres scandaleuses telles qu'on en vit dans ie douzième , le treizième et dans une partie du quatorzième siècle. Userait possible que cette modération même ait été une raison pour le priver de la canonisation. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'Eugène la méritait beaucoup mieux qu'un grand nombre de ceux qui furent inscrits à cette époque sur le catalogue des Saints. La modération n'est pas la vertu qui mérita des papes ou cardinaux, membres de la congrégation des riiSj la canonisation de ceux qui ont occupé le siège de Saint-Pierre.

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