‹ Portrait politique des papesChapitre 54 sur 190 · ETIENNE III · texte numérisé non relu

ETIENNE III

Xa?* FOZfXZFE. — DE 767 A 77a.

Huitième schisme*

A la mort de Paul , on vit à Aome un huitième antî-pape. II y aurait eu im schisme terrible , si les Romains , menacés de tomber au pouvoir de fempereur leur ancien souverain , et du roi de Lombardie leur ennemi le plus voisin , n'eussent cWé au parti protégé par la France. Voici quelle était l'origine de ce schisme. A peine PaUl était-il niort, que le duc Toton de Toscane, sujet du roi de Lombardie, fit placer par. la force des armes ^ mrle trône pontifical , son frère Constantin , quoi- ^*il fût alors éloigné. Il le fit consacrer par Té- ^que de Préneste , et Constantin exerça le ponti*ficat plus d'un an.

Un attentat en produit ordinairement un autre. TaMiperto, un prêtre , excita une sédition à Rome , ^ 3i juillet 768 9 et fit choisir pour pape le prêtre Philippe, qui fut consacré dans Saint- Jean-del'fttma. Un autre prêtre , nommé Christophe, plus

indigné encore de ce second attentat que du prcœiev , foffOfta ua pavti puÎManl , ê'adjipîgMt beau-^ coup d'évéques , de prêtres et d'habitansdeRome^ et fit élire pape un prêtre nommé Etienne^ Sicilien d'origine , m^is résidant à Rome. Je ne puis trouver d'expressions assez fortes pour peindre les cruautés et les hon^içides qui résultèrent de l'existence des trois papes, et coptinuèrent jusqu'à ce qu'Etienne l'eût emporté , quelque t^Vàjps après.

Je me contenterai d'observer en passant, que de telles élections , au lieu d'être l'œuvre du Saint- Esprit , doivent bien plutôt être attribuées à l'espvk% di^|>9liq^ 4e Vaffi^Miion. ^\ ç^ ^9ff4^ 95>«» 4ir€ qiffi ce sont 4es 9(^^^tfi ffèfeâ, q^ ciç^ ^t le refns 4? r^opcî^^îon do|]^^ ^eu 4 4e W»rMl* #qafl4alef . L^ stupidité 1^ plM« gMwèfp pQi)n4it AQi^e ajouter Coi ^ 4^ sçmbl^blep it^epspf^es.

^n^tru^ que Ch^rl^njagne ^taU >'^àtp^tioJ9| dp f^ TOViey pv^ Grjsela, Pe dp Ré^pér T?i 4» liftOft^^^V^? » le pape Etienne Iv* 4W*if B9Uf \fO> 4i^ijta4er. Panni }e$ gpaia|4^f fttt?i«es f?ft«tw«e^ éme, ce» lettres, h I»ûip4re n'«s^ p{^ s^^l ^*^ ceV e q^v'U l^i dijs^it sur Ja faniUle 4es r^W }oH||>fLr()^

H ta peîg^^, ii^.i^-T^u)e«ne«t ca»«ifi MiémA 4^

s'allier 'avec un des monarques^ franç^9» w^ i P^W digqe d'être ç^mpt^R pww?i h W?P mwi^^y

attendu qw lea CemvMa étaient ««mf 09 4ai4^f MlVPt l^f^ses, et flétpjet 4e ^v» les jms ^«^ I^ pâture peut réunir sur m^ aeiile fi^fiQpqe. L^ psi Ç^wirli^migM fit biett qv^ l^a jb«t 4^ toutes .pes i«i-

Tcctives était d'éviter quiç le roi ^ ftBBfi^ , devenir I TaHié de Désiré par sqq ffii^riâg^ ayec la fiUe ^o celiii'<:i , ne lui facilit4t les moyea^ di^ se remettre ea possession 4^ Texarchat de |l,aYeime , et il n'en fit pas moins son mariage en dépit des officieux avis du pape. Le ^aint^père n'avait pas tardé 4 apprendre i. confondre ses intérêt^ politiques avec les matières religieuses. liOS auteurs, de Tart de Térifio: les dates (quoique ce spit do^inoineâ bénédictins de la coogré^tiQu de S^^int-Maur , disposés, comme ils le s<^t, 4 mterpr^r tout d une manière favorable 4 la vertu et à la piété d^s papes) , ont dit cepeur 4aBt qtn'Etienne avait été un des bommes les plus impru^QM qui aiwt jwiaiA occupé le siège de SaÂBt-Pierre.

OWW^^I%»»«l^%^^W^'WW^MW^Ma^^>%Mr^%»%<%»V%^^%<^^^^^^^»fc^^%»V^^^MW^^^^^WM^>»%»^

ADRIEN r,

XGV^ FON'HFS* — BE 'J'J2 A 796.

Ap^in , digère , fils de Tbéodule , duc de Kome et consul unpérîal, fut élu pape le 9 février 773, el mouitit le a5 décembre 795.

Il Qatta Charlemâigne avec plus debaasease qu'eût

Jamais pu le faire le plus impudent des courtisams. il Savait bien que Charles pouvait à son gré le dépouiller du patrimoine de Saint-Pierre, ou y ajouter, ainsi qu'il le fit en effet., Charles confirma et augmenta la donation faite par Pépin , en disposant d'une partie considérable de lUtalie en faveur des papes , avec aussi peu de difficulté que si elle lui eût appartenu.* Le territoire qui passa de cette manière sous la domination du pape, comprenait tout l'exarchat de Ravenue, avec la Pentapole, comprise entre la mer Adriatique et les Apennins, depuis rémbouchure de TAdige jusqu'à Ancône. 11 embrassait la partie de la Toscane située entre Tembouchure du Cecina jusqu'à la Murta , remontait de là jusqu'à la source du Tibre , et renfermait tout le duché de Péruse le long de la rive droite du Tibre. Charles lui donna depuis le territoire et les villes d'Aquino, de Teano, et plusieurs autres, auxquelles il força le duc de Bénévent de renoncer.

Ce pape donna des preuves évidentes de soq ambition pour lagrandissemeut temporel du siège de Saint-Pierre, dans les lettres qu'il écrivît à Charlemagne au sujet des livres carolins et du concile de Francfort contre le culte des images , et dont les décisions avaient été adoptées par cet empereur. Mai», craignant de lui déplaire, bien loin de le traiter, lui et les évéques présens à ce concile, comme des hérétiques iconoclastes, il le flatta, au contraire y chercha à lui montrer la vérité et à

le tirer de son erreur avec tant de modération | qu'on ne pourrait le louer assez, si T^on ne décou-» Tiait sur-le-champ la source impure de ces vertus li insolites, si inusitées depuis longtemps à la cour de Rome. Adrien ménageait Charles, et qroyait obtenir davantagede lut par cette modération. Sans k besoin qu'il en avait, il l'aurait sans doute traité «vecla même iniquité que.ses prédécesscsurs, dans descas semblables, avaient traité les empereurs de Constantinople, dont ils n'attendittent rien, fiten qu'Adrien n'approuvât pas Vbérésie condamnée au second concile général de JNicée, cependant', pomr plaire à Charles,' il itransigisa an sujet du der-nier article des livres carolius. Cet article déclarait, non pas que le culte des images serait • défeur du, mais que chacun serait libre de les adorer ou de ne pas les adorer, sans que personne fut forcé â cette adoration. Il est aisé de voir que cette permission était incompatible avec la définition dogmatique du cq[npile de I^icle. Adrien écrivit toutefois à Charles : «Cet article est bien différent

• des précédens : aussi y reconnais^ous-nous votre

• ouvrage. Mous y voyons que vous suivez entière» » ment la doctrine de Saint-Grégoire , qui disait que •les images étaient utiles pour l'instruction , mais > qu'on ne devait ses adorations qu'à Dieu. »

M'est«<;e pas là unâacvifio&dds dogmes jxlîgieux fait à l'ambition • d^ * conserver* une souveraine temporelle.

Adrtcp, avant te.dtéhips, avait eu.une^itide

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part aût iiiiqtaiités commiKs par "Ghatrlèmâgne coQtrë kfl fils de sob frère GarlMEiaa% Bésiré , rai de Lombardie^ beoù-père de Charies, aYoïtrèça â BB cour la TeuVe de Garioman , et s'était tega^ â feire passer mr leur tête la oomroimë dekrar pèrct Charles s'en empara , sacrifia ses neveux ^ détrâna cft fit conduire près de Lyon son beau^pèn Désiré, éteigmt le royaume de Lonlbardie , et ae rendit maâtie de toute lltalie. Adrien l'aida dans oes' di>- Torses transactions » par des Ino^ns li€«tëux« G'e A par son assistance que furent sacrifiés la véme et lès fils de Gariomàn. Peu -de papes se soht soviUéa, comme Adrien , d'autant d'actions dédionomates et de crimes taaot'aûx et pelitiqued , pouf satisfaire -leur anlbition«

LEON in,

xtvf *bïïti^. — flfe 7^5 À 816.

LioN-9 prêtre de>Boine, fut élu pape lé ùQ dé* cembre-790) camaeréle 27 ^ et U mouriit lé 11 )uin 81 6.

Il ne flatta plis moins «Gharrleteagne qti'Adriea

]ier«fBit^ttéafai|thtt. 11 iéfait poiuble qv'il eùr éfé de mailtmiet nittiirs i let fa'il eût tenté û'ut-

et Gampnle) neveux dit ckmter pontife, l'édeU'aèrent deranf €luiMomagne de orifloes tlètf^iKVéft^ en ^99. L^cÉopérènr ordonna qii'on défdrtlt ^ôëMè aoensâlmi devant im condfei Piochai' et Cëcn^ptiki méd qne Gharins «'était déeiaM lé J]nn>ieisiëi» de Léon 9 et ifetffont pi» le jwitn^e de bomptfrtdtK. Le fmpè fan en ipleln eottcllb qne l'âo<5l]HrâH^ii ià^ tentée tumtre Irii èlâit iMMe^^ et fut <)édMii6 MbiP eest «efoB'âfim d'iexttàérdiiiâilre $ tMis éélb Bëk% btadmop A rhinite ^ èii fiMHMnt t[tt^ pëta ftcttîib^na pbpe^ et qtie l2.éofa fieit obsédé fsité lennent de sdii ibnbcéttoé àéVàhï iSâi tbvfétie, Ë>iétt se^l petit étfvolt* li léft criniei âoht où FàbeMàtt éitiait VMftd DU feiit : eë ^H y û dé éërf iià , ^c^est ftie §6g iuf)etft étâicMloib d« Mi êti^ âRAehës, ft qu% eseayèPeM'én ifiM^étttèd féii de r^iMàMifaeiei «equllya^é ôël^àft bUèti , %^êls«([tttle6kàrieUlft^è liifltdit% fw;)btlalâi>âléèâdèfit Ah^Ubeit, dé Vèflli» etiî «69 ifadStli^ : ttn td «onAèil , doMMg^^p lîlti ^^ vivjfé an éotIVdtâili j>ènillfe^ A>bne Itëti êe pënber que MimiMM^ en ëffk , n>dttiëÀt ^ â^tr-jf^Wrëii; téwiilâtl4 Charles «idtiTêrkièUiéiftii^tieî^^blDLVë^ YHih l'étant Wbdn à là HboiéMê dé ihMUft de JUmi, dans l'église de Saint-Pierre, le if»)^è 1«^ {Ittsà «U)r lâtèie^ Oattùbe pai" Utfè ih6|^ââMi àttbificf^ iine «MrénHe ililpéridb. Il àVait diapesé , pbttr Ife Mb- ^ÊÊlMi ^ nn (f^uHà héhàS^ de 't)éi*ée^tfé^ iel:itéte-

ment placées à cet effet , pour proclamer Charles empereur d'Occident et souveraiii de Rome et de ritalie , au ^a&dpréjudiee des emperevrvdê Cons^ tanli&ople^ qui régnaient âans ce detnier état. On .ne doit cependant pas ouJàiier de remarquer en passaùt que. Léon eut pour. Charles la même yéqén^titm <}ue les anciens papes, avateilt eue pour Constantin et ses successeurs.. Il se déclara vassal et su)et de Chades;, et reconnut que le pou-* voir souverain dont il jouissatt i Aomecf dans les autres étoits du. patrioiois^ de Saint-Pierre , dépen* daitdp la ^u^ne^ain^^ c'eflsb4-klirede la souveraineté suprême desnouveai^ix empereurs d'Occklent. On ne doit.p^s tai|t s*étonner do cet 'excès d'hnmlUté du pape J^n t tout éteit dû à> son esprit d'ambition, C'pçt.par là; qu'il consolidait la pos* sessîou. : ^ouvelleip^nt ^urpée des provinces ac^ quises conl^r^.tOMM )listit;e:, ^aiiflt aucunraulre litre qu'unq céE^ieiSx faite par utpt jt¥)«m(e qui n'avaltini le drxMts. ipJ! Ijpcj^ouvciii? d^^4pnner çe^^itiirn/ejui appArtemât ftas.; Par ^uito^^e ^s^ întrigves^ Slldla» qu, 8o4 y. cj^e^^»: l-emperefur , pojir qWil s^^mpa^ i4t de YjSp^e^. dopt tt déaiff^tfle njoir, maltoes cwijg^fV^t.que ^i J'^^pereur à» C^Hi^taiftltiiqple con^ j^vaitcpt état en iMiie, il^niQ SQbgeâjt pai: h suite 4 xeccmqipuéi'ir rewrchf^de. Ravenne et tes auDres états, pontificaux^

Chariemagne étant mort en 8i4iil y aut'aa6|5 i^ne nouvelle conjurationc çpntre le pape. Adri^ seyant puzû les coni^méS'dje la peit^ capitale, remr

perenr Louis-le-Pieux le blâma d'urie telle fîguenr^ qu'il jugeait incouvenante dans un souverain pontife. Léon tomba malade. Pendant ce moment , les peuples donnèreiit de nouveaux témoignages de mécontentement, brûlèrent les nombreuses^ maisons de campagne qu'il avait fait bâtir pour enrichir les églises; ils avaient nv&me formé le projet de marcher sur Rome pour s'emparer de force des richesses dont il les avait dépouillés; L'arrivée de Bernard , roi d'Italie , neveu de Chaiv lemagne, à la tête d'une nombreuse armée, put seul les arrêter. A force d'offrandes et d'exaction ^3, Adrien parvint à réunir tant d'or et d'argent , que les ofirandes seules se montèrent , d'après les inventaires, à huit cents livres d'or et vingt-un mille d argent. 11 fit paver en or la chapelle dite de la Confession de Saint-Pierre^ en employant à cela quatre cent cinquante-trois livres d'or, et fit poser i l'entrée une balustrade d'argent du poids de quinze cents livres. Si Ton réunit ces inutiles embdiissemens et les autres dépenses exorbitantes qu'il fit dans les églises de Rome, avec la haine générale de ses vassaux, il sera facile d'en conclure que la charité envers les pauvres ne fut pas sa vertu favorite. Adrien est cependant canonisé et mis dans le martyrologe romain par un décret des cardinaux de la congrégation des rits^ l'an 1673. On le vénère comme saint, le 1 1 juin. Qu'y a-t-il d'étonnant qu'en voyant des canonisations d'hommes tels qu'Adrien, Grégoire VU et plusieurs

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autres pape», les protesfans refusent leur approbation aux canonisations romaines? Ce pape faisait, sans doute consister la sainteté à dire beaucoup de noesses , puisqu'il en disait sept et quelquefois neuf par jour. Quel renversement d'idées ne remarque-t-on pas entre le neuvième siècle , dans lequel nous commençons à entrer, et les deux premiers siècles du christianisme! Qu'il y a peu de ressemblance entre ces derniers papes et Saint- Pierre, ou même ses douze premiers successeurs!

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IX» SIÈCLE

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