‹ Portrait politique des papesChapitre 7 sur 190 · ALEXANDRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE

Y* PONTIfS, ~» DE 109 A 119.

Les documens certains qu'on possède sur ce Pape, sont aussi peu nombreux que ceux que l'on a sur le Pape précédent , puisque la décrétale qui lui est attribuée dans la collection d* Isidore Mereator a été reconnue fausse. Il serait donc inutile de fatiguer le lecteur du récit de son contenu , dont on peut Toir l'extrait dans Platina.

Hais i) n'en est pas de même de la vénération qu'on l«ii porte comme martyr , lorsqu'il n'est BuUement avéré qu'il le fut. En l'an 119, où l'on place le martyre de Saint- Alexandre , Adrien était empereur, et l'histoire ecclésiastique nous donne les preuves les plus satisfaisantes qu'Adrien fut favorable aux Chrétiens, qu'ilalla jusqu'à placer Jésus-Christ au nombre des dieux de l'empire.

Si donc Saint-Alexandre était mort du dernier supplice, ce ne serait sans doute pas pour avoir professé la religion chrétienne, mais bien pour

quelque crime contre les lois de Tenipire^ dont il aurait été convaincu à tort ou à raison , coàitne de troubler Tordre public , de soulever le peuple contre le culte des dieux , ou autre chose semblable. C'est du moins ce que tendrait i faire croire l'impartiale justice d'Adrien, constatée par une lettre dans laquelle il transmettait ses ordres â Fundanus, proconsul d'Asie. Serenius Granianus, son prédécesseur, avait écrit à l'empereur qu'il lui semblait d'une injustice extrême de sacrifier aux cris de la populace la vie de tant d'innocens : l'empereur Adrien 9 en réponse, écrivit à plusieurs des gouverneurs de province une lettre officielle ainsi conçue : « J'ai reçu une lettre de l'illustre Sere- » nius Gr ananius, votre prédécesseur. Je pense que » l'objet dont elle traite mérite un sérieux examen, » afin que d'une part on évite de donner lieu à des » troubles , de l'autre à des calomnies. Si les habi- B tans de votre province veulent intenter une action « contre les Chrétiens , qu'ils les traduisent devant A votre tribunal , après avoir donné la responsabi- »lité requise; mais n'admettez aucune dénoncia- > tion vague ou trop généralisée , et n'en faites au- »cun cas quand cela se réduit simplement à des » bruits publics. Si quelqu'un intente contre eux 9 une accusation directe , il est juste que vous leur » donniez l'attention convenable, et s'il est prouvé • qu'ils aient commis quelqu'action contraire aux ^-i lois , condamnez-los selon la gravité du cas ; si au

• contraire 9 Faccusation est démontrée calomt nieuse , punissez les calomniateurs conformément

• aux lois établies en pareille matière, > Cet ordre manifeste clairement les intentions d'Adrien , déterminé à ne punir aucun Chrétien pour ses opinions religieuses; du reste, il ce soumettait aux lois de l'empire relatiTes à Tordre public et social. J'en conclus avec des critiques d*un mérite distingué, que quelques-uns de ceux qui ont été regardés comme martyrs , ne l'étaient point pour la cause de Jésus-Christ , mais pour le triomphe de leur propre opinion, qui les portait à encourir la peine capitale , en insultant aux païens ou à leurs

11 a pu en être ainsi de Saint-Âlexandre et de divers autres pontifes romains, morts hors des 'époques des persécutions générales prescrites par les édits des empereurs. Nous avouerons toutefois qu'Adrien, avant l'ordre que nous venons de rapporter, avait commencé une persécution dont Saint-Alexandre a pu périr victime , quoique nous n'ayons rien pour le constater.

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SIXTE r,

VI* PONTIFB. — DE IIQ A I27.

Ce qu'on sait de plus certain sur Si?(te i, c'est le temps de son pontificat. Cependant, parmi les lettres apocryphes de la collection d'Isidore Mercator, il en est une dans laquelle on lui suppose le titre ^ d*Évéque universel de (^Église apostoliqtie. Cette

lettre étant fausse , ce n'est point à Saint-Sixte que nous devons attribuer l'usurpation d'un droit qui ne lui appartenait pas ; mais ses successeurs qui voulurent s'en emparer, se virent fort heureux de pouvoir s'autoriser de l'exemple d'un Pape si voisin des temps apostoliques , et persuader aux ignorons, car tels étaient les Chrétiens des siècles barbares, que l'interprétation donnée à l'évangile en faveur du pouvoir illimité des Papes , était conforme à ce qui s'était transmis à Rome par une tradition verbale qui remontait à Saint-Pierre et à Saint-Paul. Mais le mensonge ne peut avoir un triomphe éternel; la vérité se découvre avec le temps , et il est certain aujourd'hui que les usur-

pations eihorbitantes des Papes ne purent jamais s appuyer sur un exemple antérieur, donné par les successeurs fanmédiats des Apôtres.

Quant au martyre de Saint-Sixte, on ne peut s'empêcher de le qualifier de fabuleux , puisque depuis la défense faite par Adrien de poursuivre les Chrétiens pour les opinions religieuses seulement, il n*y eut plus de persécution jusqu'au rè« gne de Marc-Aurèle , ou en l'an 1 63 , époque à laquelle commença la quatrième persécution. Il est digne de remarque que les Papes prccédens n'aient pas été atteints par les trois persécutions que le souTcrain avait ordonnées.

Néron décréta la première en 64 9 et Saint-Pierre D en fut pas victime,

Domitien la seconde en 93 , et Saint-Clément B y mourut point.

Trajan la troisième en 107, et Saint-Évariste y échappa.

K*eat-il pas été vraisemblable que les persécuteurs sacrifiassent les chefs des Chrétiens , de préfièrence à tout autre? Quel pauvre rôle jouaient donc ces Papes , pour qu'on les supportât avec indifférence ? Peut-on après cela ajouter foi à tous ks martyrs qu'on nous débite ?

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TELESPHORE,

Vil* PONTIFE. — DE 127 A lOQ,

Un zèle mal entendu conduisit Saint-Télesphorc au supplice. Il ne pût supporter patiemment que les Romains offrissent leur culte aux dieux de Tem* pire. Il déclama hautement contre les adorateurs; ceux-ci l'accusèrent ; les prêtres païens interposèrent leur autorité, et Télesphore fut condamné à mort.

Que Télesphore eût prêché la religion chrétienne^ lorsque le gouTcmement lui en accordait la permission, cela se conçoit; qu'après en avoir reçu la défense , il eût cherché à convertir ceux qui , de leur plein gré, se rendaient i ses instructions par*^ ticulières , cela se conçoit encore; mais ébranler les lois de l'empire en insultant à la religion établie, ^ me parait un crime contre les lois civiles.

Je ne prétends pas dire pour cela que Télesphore était \m ambitieux , qui cherchait à grossir le nombre des Chrétiens afin d'ajouter au nombre de ceux qui étaient soumis a son autorité pontifi-

cale; ce ^'il y a de certaki^ <^Étt que ses suc* cesaeim se proposèrent cette mâSMie ; le zèle pour la rdigioli tUfant toujours servi de prétexte et de masque à lèttM idées ambitieuses.

HYGIN,

VIII* PONTIFE. — DE iSq A l42.

Si on en croyait les décrétâtes apocryphes , on montrerait Saint - Hygin donnant des lois à tous les évéques et a tous les métropolitains. Bien loin d'avoir exercé le grand pouvoir que lui attribuent ces fables , nous le voyons , au contraire, laisser à Rome en toute tranquillité , et pendant un temps assez considérable 9 les hérésiarques Yalentin et Cerdon, quoiqull fut avéré que, tout en se faisant passer pour catholiques dans les congr^ations romaines, ils enseignaient leurs erreurs à ceux qui assistaimit à leurs conférences privées. Est-ce ainsi que se sont conduits depuis les Papes, ses successeurs 9 lorsqu'ils se sont vus en possession de Tautorité, et appuyés par Constantin. Que d'autres regardent comme plus saints les pontifes modernes,

moi )e préfibre dans lesancieiu leuretprit deto» lérance, véritable inspiration de Jésus^Christ.

PIE r ,

IX* PONTIFE. — DE ll{2 A 167.

La collection d'Isidore Mercator renferme des décrétâtes attribuées à Saint-Pie, d'après lesquelles on pourrait supposer qu'il donna des lois de discipline générale. Nous avons déjà dit dans quel but ces monumens apocryphes nous paraissaient avoir été inventés. D'ailleurs , la véritable histoire ecclésiastique nous enseigne que non seulement Saint- Pie n'exerçait aucune autorité sur la discipline particulière des autres églises , mais qu'il se regardait comme sans pouvoir pour lever les censures imposées aux sujets d'un autre évéque. Dès cette époque, nous nous trouvons en possession de faits qui nous révèlent la vérité. L'hérésiarque Marcion nous fournit une première preuve.

Marcion , né dans la ville de Stnope , province de Pont, était fils d'un évéque catholique, qui le fit élever avec soin. S!étant décidé à vivre dans la con-

tinence , il se retira dans la solitude ; maïs qilel(|uë temps après, il se rendit coupable de violation for une jeune fille. Son père l'ayant excommunié , S s'humilia , demanda pardon , et sollicita d'être admis de nouveau au sein de Téglise. Son père se montra inflexible. Marcion, plein de honte, se rendit â Rome pour y cacher son ignominie au milieu du tumulte de la cour impériale. Il pria Saint-Pie de vouloir bien l'admettre à la cominu-* nion des fidèles , et chercha à se fortifier de l'intercession des prélats romains ; mais ces derniers, et Saint-Pie lui-même, lui répondirent qu'ils n'avaient pas le pouvoir d'absoudre le sujet d'un autre évéque, sans le consentement de celui qui Pavait excommuiiié. Marcion voyant l'inutilité de tous ses efforts poiu* obtenir sa grâce, prit enfin le parti violent de fonder une ^lise distincte de Féglise de Jésus-Christ. Il se fit chef de secte, et posa pour base de ses dogmes l'existence de deux principes , l'un bon et l'autre mauvais. Les prêtres romains le citèrent devant eux, et il ne manqua pas de leur - reprocher la dureté avec laquelle ils l'avaient traité , et de faire retomber sur eux tout le mal qui en était résulté pour l'église chrétienne: D ne manquait pas d'exemples eu. sa faveur. Jetas*Christ n'avait-^il pas montré sur ce point la plus ^ande bonté et la plus grande douceur, en pardonnant à la Madeleine, à la femme adultère, à la côurtisanne et au publicain , sans autre condition que celle d'un vrai repentir. Ce n'est pas

.siasliqiie, saos autre fondemeiUt qiur Lee- fausse» décrétales. Tout ce c^iiie uouâ savons c'est que Sada^ ttenis, évèque de Corinthe^ lui eavorys de» députas ■"^ avec une lettre dans laifu^ll&illuî deoMndaîk des

secours pour les pauvres Ciiiétieos, coad^oBBÀi aux travaux des mÎAesi Saînt-Sotère cépondît* à se lettre , et lui fk passer ses aumônes* Saint-D^ii^ « par reconnaissance y lui écrivît de oAuveau pe«LV le remercier y et lui annoncer c|u'oiii UFaili sa lellte tous les dimanches suivans au^ fidèles jrouv ki»r instruction , comme on l'avait déj^ lait préeédlei»ment de celle qu'cm »vait recule de Cléiiient^ On ^oit par-là, ((ue la lettre àt SaintrSotèro Bf'élait point une constitution , axais seulement uneexke«rtation aux vertus chrétiennes^ Il n'y avait , au reste, dans cette lettre rien de particulier relativement aA pouvoir des Papes , puisque c'était une coutume généralement introduite de lire le» dinaancbes^, dans les congrégations , toutes les lettres que les évéques des autres villes ou tout autre Chrétien d*une dévotion reconnue, écrivaient aux églises pour leur communiquer quelque événement important, ou leur donner quelques instructions vertueuses.

En Tan 170, Mébton, évéquado Sardes en Asie^ présenta â l'empereur Marc-Aurèle une apologie des Chrétiens, le suppUapit de défendre aux juges de les persécuter suivant l'ordre qu'ils en avaient reçu, sauf les cas où ils se rendraient ccHipablesdc conspiration contre les lois de l'empire. L'apologie

produisit uu .effet favorable, et Marc-Aurèle non-seulement ordonna à tous les )uges d'Asie de s'y conforoier , mais il ajouta même que , si quelqu'un était puni seulement poujr être Chrétien^ il pouvait prendre à partie son accusateur. Saint-Sot^e n*eut aucune part a cette apologie. Il est de fait que, de toutes ceUes qii.i furçnt écrites durant les trois premiers siècles, et .soumises aux empereurs , aucune ne fut l'ouvrage des Papes. Vivant dans la capitale de. l'empire ^ il eut paru convenable de les voir prendre la parole : et ^i en effet , ils eussent été monarques spirituels de l'Oise et de la religion, ils ne pouvaient se défendre de le faire ; bien plus, les autres n'auraient pu être autorisés juridiquement à le faire, que sur u^^e permission expresse des Papes. Tout cela montre assez que jusqua Saint-Sotère , aucun Pape n'eut l'idée de s'en^parer du gouvernement monarchique de Téglise.

Le même Méliton ^ entre autres ouvrages en faveur du christianisme, envoya à Onésime un extrait des matières contenues dans l'ancien testament dont, il lui cite les livras , parce qu'il paraîtrait qu'un grand nombre d'églises , npn*seuleuient ^icoiquaient encore de ces livres saints , mais n'en av.aien t même aucune connaissance : ce fait est conAi^n)^ par Saint-oirénée , qui nous assure qu!â cette <^pque, quelques église ^e trouvaient déppuj:*y]uiès qe toutes les saintes écritures. S'il était vrai quc.lçp ^^pes eussent à leur -charge* cQfume ils.s pu y^qjiput dans les siècles ipçdçrnes, Jle.s<)in,^p3çi^.de4,9nfe}9

les églises , cette négligence de leur part serait un crime énorme. Mais, connaissant la fausseté de leurs prétentions , je me garderai bien de les en accuser. Chaque église était gouvernée par son pro*' pre évéque , et celui-ci agissait selon que les cir^ constances le lui permettaient

Claude Apollinaire, évéque d'Hiérapolis , présenta au même empereur une autre apologie , et écrivit divers ouvrages contre l'hérésiarque Montan , qui commença dès-lors à mettre en avant ses erreurs. Philippe, évêque de Gortiues, écrivit contre Mascion ; Musanùs , contre Dation , auteur de l'hérésie des Encratites. Plusieurs autres savans chrétiens combatth*ent l'erreur et ks fausses prophéties de Montan et de ses compagnes Prisca et Maximila, Sérapion , évêque d'Àntioche , adressa à toutes les ^lises avec lesquelles les évêques ne l'avaient pas empêché de' communiquer, une let-^ tre circulaire de convocation qu'on peut consulter, et les fit condamner dans ce concile. Bien loin qu'il faille attribuer au Pape cette chaleur de zèle, il s'était au contraire taissé séduire par un Mon-» taniste, et il écrivit aux églises d^Asie , interposant sa médiation en faveur de Montan, pour obtenir dans un nouveau concile, de Sérapion et des autres évêques, la révocation de la sentence. Les Chrétiens d'Antioche virent bien que le Pape avait été mal informé, et Praxeas, auparavant Montaniste, et depuis chef d'une hérésie distincte , lui donna des preuyes de l'hérésie de Montan. Le Pape con*

Tai BCtt , avoua que les Montanistes aTaient été con« damnés avec raison. Quelle force ne donne pas un tel événement, pour réfuter les exhorbitantes pré* tentions des Papes modernes?

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ELEUTHERE,

Xn* PONTIFE. — DE 177 A 19a

Ce lut SOUS le pontificat d'ÉIeuthère que Saint- Irénée , évéque de Lyon , écrivit son traité des hé* résies. Saint-Irénée est le premier écrivain qui fasse mention de la suprématie de l'évéque de Rome sur tous ceux de Féglise catholique* Il fonde cette suprématie sur ce que l'église de Rome a été créée et construite par les Apôtres Saint-Pierre et Saint- Paul , et confiée par eux à Saint^uc , et de lui à ses successeurs , qui avaient toujours conservé jusqu'à son temps la pureté de Fancienne doctrine. 11 en donnait pour preuve, que lui-même, se trouvant dans sa jeunesse en Asie, avait été disciple de Saint-Polycarpe , lequel Favait été de TApôtre Saint- Jean , et sur ce que sa doctrine était la même que celle qu'il entendit professer depuis i

Rome par Hygin, Pie, Aûicct et Sotère; et qu'elle était aussi entièi*enieiit conforme à celte de Paplas, dont il avait encore été disciple, et qui avait été eu relation avec plusieurs des Apôtreâ en Asie. Tout cela porte beaucoup de préjudice sans doute aux maximes inventées depuis par les Papes; car, en même temps que Saint-Irénée cherche à établir la vérité de la suprématie romaine, il fait voir qu'elle se réduit à l'état des douée premiers Papes , qui , loin de s'entre-mêler dans les affaires des autres églises, avouaient qu'ils ne pouvaient absoudre personne, sans le consentement de Févêquo qui avait imposé l'excommunication: en effet, ils furent forcés de se soumettre à Antioche, dans l'affaire de la condamnation de Montan.

D'autre part , î! est déhiôhtiiJ que, dans tout ce qtti fcônCernatt le maintien délice dû dogme , rexattièti des dôttrlfl^àelld condamnation des perbonnes , leà àùtrèè évêqueà *e croyaient autorisés fi procéder d'eui-niéhie saris fen doniier aVis au Pape, tôtitbs les fois que l'accusé n'était point à Kome« On petit s'en àsstirer , eu jfetaiit iiti coup-d'cfcil siit^ letibthbl-e coiistdéhA)ied%érériirc|ae^qai s'étalent âtibdéâéà prfeéque )$ans iiltfe^fiipHon depuis un sièelfe et dettii sétiieriietlt que îâ Religion chrétiennt& i'taîi: tbndète. SAttfe piirléï' eh cHet des hérésiarqtrés "slibàltérties, qui, après aVoîfr été disciples d'uu i\lit\['e pltis faiiietii, âe constituaient à leur tour chefs âe èecte^ tli^tirictfes de celle de feur lïiaJtre , oii cèiHpic Mti^-^sit hértisΣtrq*'es principàçii : Si-

non le flf âge , ApoHonius de Thyanes, Nicolas 1b fcore , oa t{m que ce soit qui usurpa sou nom ^ car c'^est encore une chose flont on doute; Vébion, (^érbthe, Ménandre , Euphrates de Tyr, Elxai rOssenien , Saturnin , Basîlidre, Barcocedas , Talaitin, CerdoD, Marcion, A'péHa, ïereguale cy- BioTC , M ontan , Tatien TEncraiite , Bardesanes . Cerpocrartes , Héracléon , Marc le Valentinîen,, Hemiogènc , Théoddte le Sysantin , Théodote le Aangeur (tafnquier) et Traxéas. Et cependant leé fapes ne se mëlèreiït que de la condanmatidn de ceux qui étaient à 'Rome, tels que Simon le mag^ Apollonius de Thyanes, Yalentin , Cerdon ^ Martion et quelques autres : et même en les condamnant, Hsne les poursuivaient pas personnellement; fls s'abstenaient seidement de les fréquenter et les regardaient comme des païens pu des publicdins , wion Texpression de TEvangile. 'De leur côté, les condamnés continuaient de vivre tranquilles i llome, delà même manière que s'ils n'eussent pas été excommuniés; système de conduite fort différent sans doute, de celui qui a été depuis adopté par les Fapes modernes.

Sous 'le pontificat de Saint-Eleuthère , parurenft deux antres bérésiarques , BUstus et Florin, tous "deux prêtres romains. Blastus prétendait persuader que la loi deMoïse^ et en particulier celle qui prescrit la célébration de la Pâques au quator* ôème )otnr iie la lune de mars, était obligatoire pour les Chrétiens eux-mêmes. Florin soutenait

qu'il y avait deux dieux, Tun auteur du bien^ l'autre auteur du mal , et il déclarait , que c'était faire injure à un Dieu infiniment ban, de lui at* tribuer la création du mal. Il est certain que Saint- Éleuthère condamna leurs erreurs , et que Saint-» Irénée écrivit à Florin , en cherchant à le convaincre qu'elles étaient tout-à-fait contraires aux saintes écritures et à la tradition léguée immédiatement des Apôtres. Entre autres choses , Saint-Irénée le prie de se rappeler la doctrine que, dans leur jeu-^ nesse, ils avaient reçue ensemble de Saint -Polycarpe , afin de mieux se convaincre de la fausseté de ce qu'il avançait.

Pendant ce même pontificat, Théodocion d'E-phèse , d'abord converti au christianisme , puis devenu hérétique marcionite, etpuis enfin devenu juif, entreprit la traduction des saintes écritures , et, malgré sa dernière conversion , il n'en continua pas moins sa traduction qu'il jugeait digne d'être lue dans les églises. Déjà la même chose avait eu lieu sous le pontificat de Saint-Télesphore. Âquilas de Sinope, chassé de leglise chrétienne pour avoir eu foi en l'astrologie judiciaire, se fit juif par dépit , et n'en traduisit pas moins le vieux testament , observant toutefois d'altérer dans la version des septante, les passages relatifs à la venue du Messie , de manière à leur faire signifier le contraire de ce que les Chrétiens y avaient vu.

On peut compter jusqu'à Tépoque dont nous venops de parler , vingt-cinq écrivains apologistes

H défenseurs de la religion chrétienne, sans par«^ kr de ceux dont lies ouvrages ne noi^s sont pas par- Tenus. Les plus remarquables de ceux qui nous sont connus : Aristide, Athénagore, Appolonius , Appien , Arbien , Claude-Apollinaire , Candide , Saint-Clément d'Alexandrie; Denis de Corinthe, Philippe , éyéque de Gortines , Hermas, Heraclite, Hégésyppe , Saint-Ignace , Saint-Irénée , Saint- Justin , Saint-Militon , évéque de Sardes , Maxime,. Musanus, Saint-Polycarpe , Saint-Papias , Saint-* Quadratus, Rodon, Sextus, Théophile, évéque d'Antioche, et Saint-Clément de Rome, depuis Pape; et de tant d'écrivains, aucun ne nous semble avoir écrit par Tordre ou par l'impulsion du pontife , si Ton excepte le seul Saint-Clément de Rome cité ici. Cette observation ne laisse pas que de diminuer un peu de l'idée des soins universels du Pape , pour toutes les églises.

VICTOR r,

Xm* PONTIFE. — DE IQS A UOU.

Di&jA nous conmiençons à découvrir dans les Papes cet esprit de domination qui devait, par la

Buite amener de si funestes résultats. Les douztt premiers poulifs Romains 1)ornèreiit toutes les prérogatives de leur suprématie .à recevoir les consultations ou demandes de secours que les autres évêques leur faisaient volontairement. Saintr Pierre et Saint -Paul ayant dirigé vers Home 1a carrière de leur mission apostolique , tous les évô-* ques du monde chrétien conçurent, en faveur de Éon église , un respect religieux qui , uni à la prépondérance qu'avait d-éjà Home, en sa qualité de capitale rie Tempire , produisit véritablement cetbs suprématie universelle y non pas de la personne de Saint-Pierre ( puisqu'il Tavait reçue de Jésus-Chrîsl hii-mémej , mais des autres évêques de Rome, qui^ sans )a réunion de ces circonstances., eussent été presque égaux à tous les autres évèques. Ainsi ^ Téréque d'Alexandrie devîntle patriarclie d'Orient, parce qu' Alexandrie était la seconde ville de rempire , et l'évêque d'Antioche le second , parce que Antioclie était la troisième. Si c*eut été la qualité de fondateur ou l'ordre de création qui eussent décidé de la suprématie, Tévéque de Jérusalem eut ob-^ tenu le premier rang, de préférence à celui de Rome. La véritable cause de la suprématie romaine fut l'assentiment de tous les évèques du monde en faveur de l'évêque de la capitale de l'empire, de l'évêque d'une église consacrée par le sang du président du collée apostolique, et par celui d'un autre ap6tre qui avait ptécïiél'Évaiigtle-Mr toute la terre, et fondé de -nambreiix évc^

chés en Orient, en Egypte, en Europe et en Asie. Autrement on ne pourrait trouver un seul témoignage pour prouver que Téglise romaine appartient plus particulièrement et plus en propre à Saint-Pierre , que celle d'Antioche et toutes celles quH fonda en Orient et en Occident; ni pour persuader que Saint-Lin ait hérité, par' la mort de Saint-Pierre , de la présidence universelle du col- . lège épiscopal. Il est é?ident que, puisque ce fut le consentement général des évêques, concilié par leur respect pour Saint-Pierre et Saint-Paul, et par la prépondérance qu'avait Rome, en sa qualité de vitle impériale , qui donna Texistence à la suprématie papale, on ne peut raisonnablement leur supposer Tintention ' d^attrîbuer au primat plus de pouvoir quH n'était nécessaire d'en avoir pour maintenir, le bon ordre dans le gouvernement de l'église universelle. On doit croire qu'ils «e réservèrent le pouvoir législatif pour l'exercer^ comme l'avaient fait les t)nze apôtres, sous la présidence de Saint-Pierre, soit en communiquant leurs senfimens par écrit, sans se rassembler^ soit en laissant prendre les décisions à la majorité. Telle est la véritable suprématie romaine , suprématie non-seulement honorable , mais effective et investie de pouvoirs juridiques^ puisqu'elle confère â Tévéque de Home le droit de convoquer des conciles quand les circonstances l'exigent, d'ordonner aux évéques, hors des conciles, de déclarer leur opinion sur les points de dogme qui se

présentent • . ~ , . .

D'annoncer aux fidèles le résultat des opinionsémises en pleine liberté , et de faire exécuter par des moyens spirituels les lois ecclésiastiques promulguées par le corps-législatif. Telle est la véritable suprématie : et si elle se fut maintenue dans ses limites, elle eut pu protéger la conseryation de Tordre public, sans se rendre odieuse aux évèques qui ne peuvent supporter les limites arbitraires qu'on a voulu leur imposer dans l'administration de leur diocèse. On ne détruit point cette vérité en déclarant que la suprématie romaine est de droit divin par une disposition de Jésus-Christ. Elle n'est point incompatible avec tout ce qu'oQ peut dire sur ce sujet, pourvu qu'pn y insère la clause du consentement général des évéques du monde chrétien; c'est ainsi que nous disons que le pouvoir des rois est de droit et de consécration divine, parce qu'on suppose le consentement préliminaire des peuples à qui il a plu de choisir un gouvernement monarchique.

L'ambition est la plus forte passion du cœur humain. Il est si bien dans la nature humaine de désirer au-dessus de ce qu'on a, que ce fut là le seul moyen employé par le serpent de la Genèse , pour tenter Eve et par elle Adam. L'appât qu'il leur présenta était de devenir semblables à un Dieu,, s'ils adoptaient sa proposition. 11 n'est pas étonnant que l'ambition se soit emparée de l'esprit de cea saints personnages , puisqu'Adam et Eve , très-

saints et très-innocens à l'époque de leur chute^ cédèrent cependant à l'espoir flatteur d'augmenter leur dignité et leur pouvoir. Le pape Saint-Victor offre un exemple remarquable de ce désir naturel d*a)outer à ce qu'on possède , bien qu'il ait montré ensuite la jrfus grande modération à ne pas abuser des droits qu'il croyait avoir.

En parlant de Saint-Anicet, nous avons traité en passant la question de la Pâques. Les églises d^Asie continuèrent de la célébrer le quatorzième }OQr de la lune de mars. Saint-Yictor voulut exco-* munler Saint-Policrate , évéque d'Ephèse , pour ne pas vouloir se conformer à une détermination prise par lui dans un concile romain où il avait fait fixer la Pâques au dimanche. Saint-Poli cra te lui dit qu'il était fils et petit-fils d'évéques , qu'il comptait sept autres évéquesdans sa famille, et qu'enfin, il faisait tout ce que le monde faisait, ce qu'avaient fait avant lui Saint-Philippe apôtre ^ et Saint -Jean apôtre, Saint-Poly carpe disciple ^ le même qui fut évéque de Smyrne et martyr, ce qu'avaient fait Saint-^Naséas, évéque d'Ar* ménie et martyr. Saint Sagaris évéque de Laodicée et martyr, Saint-Méliton évéque de Sardes , Saint- Papyre et d'autres saints ; qu'il avait convoqué les nombreux évéques d'Asie qui, tous, avaient résolu de continuer de se conformer à une pratique si bien appuyée ; qu'ainsi toutes ses menaces d'excomunication ne l'effrayaient nullement, se rappelant que les apôtres avaient dit qu'il était plus

juste d'obéir à Dieu qu aux hommes. Les évêques du concile romain exhortèrent fortement Victor à ne point excommunier tant d'évéques afin d'éviter le scandale de séparer de Téglise romaine, toutes les provinces d'Asie. Saint-Irénée d'accord avec un grand nombre d'évêques français, réunis en concile à Lyon y écrivit la même chose a Victor, le priant d'imiter l'exemple de ses prédécesseurs* Il savait, pour avoir résidé à Rome, que les papes Sixte, Télesphore, Hjgin, Pie^ Anicet et Sotère ayaie^t été d'uue opinion coatraire à celle des évéques d'Asie , et que , cependant , ils n'avaient pas pour cela troublé la paix de l'église en condamnant; ^n usage opposé au> leur. Le pape Victor céda enfin à leurs instances multipliées, et les Asiatiques continuèrent d'observer leur coutume qu'ils conservèrent encore quelques siècles* Il mourut dans la cinquième persécution généralq excitée en l'an 208 par l'empereur Septime-Sévère.. Ce qui est arrivé à Victor nous oflrc les preu-; ves d'abus de pouvoir et d'imprudence. Sur quoi se fondait-41 pour penser qu'il avait le pouvoir d'excommunier tous les évcques d'Asie qui n'ai^ient point encouru la peine d'hérésie? Comment pouvait-*il se justifier suffisamment de s'être laissé emporter par la colère jusqu'à déclarer toutes les provinces d'Asie exclues de la camn^.union romaine? Saint-Paul ne lui avait-il* pas appris qu il fallait se servir des pouvoirs spirituels pour édifier, et non pas pour détruire? On peut dir^

^e la sainte ferveur des Pontifes rcunaiufr b«- se conserva pure que dans les douze premiersL Depuis le pontificat de Saiat-Ylctor, nous dicaii^ vrirons dans quelc^ues Papes, plutôt les passîorBa humaines que la sainteté. Nous veri onsr que lavabitâOQ et le désir du pouvoir et du conuiiande^ ment occupèrent principalement leuv attention , quoiqu'ils se couvrissent du voile d'un aèk- apostolique 9 zèle dont un grand nomlwe de Pape^ n'iih vaient que lapparence.

Nous ne devons pas- nous laisser arrêter 4ans rinvestigation et l'aveu de ces vérité» par le tllre de Saint dont on a qualifié beaucoup de ee» Pahpes. La raison en est que, d'abord, lai eafiNÇois»^ tien n'est constante que pour un très^petit l^^m"^ bre; qu'en second lieu, même eu la suppôracit constante, ce n'est pas un article de Sm. Gomment aurait-on pu faire des articles de foi de la canottt^ sation de Charlemagne, par exemple, et de tant d'autres canonisations pareilles? Troisièmement, parce que même tout ^n vénérant les canonisations, nous pouvons croire qu'elles ont été gagnées par le martyre qui mit fin à leur existence et purifia leurs défauts antérieurs; quatrièmement enfin, parce que de ce q*i'ils auraient été canonisés pour des^ vertus béroi ues et non pour leur martyre, il ne s'en suit pat que toutes les actions de leur vie aient été vertueuses. C'est pour cela que Saint* Augustin nous dit que les actions des Saints ne sont pas {)our cela toutes saintes ; bien loin de là , quel-

ques-uns des Saints canonisés ont même y avec de bonnes intentions , commis de fort mauvaises actions , tantôt égarés par un faux zèle , tantôt conduits par des opinions contraires à la vérité. Cet avertissement préalable doit servir pour tout ce qui va suivre.

La conduite deSaint-Yictoravec Saint-Polycrate est d'autant plus étrange, qu'il avait été d'une indulgence extrême avec les Montanistes, puisqu'il avait écrit une lettre en leur faveur, et les avait admis à sa communion , uniquement parce qu'ils avaient eu recours à lui contre les autres évoques qui les avaient excommuniés. Il donna son approbation à la sainteté et à la perfection préchée par Montan , qui n'était qu'apparente et qu'il croyait véritable: il persista long -temps dans son erreur avant de mieux connaître la vérité.

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IIP SIÈCLE.

ZEPHIRIN,

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