‹ Portrait politique des papesChapitre 70 sur 190 · JEAN IX · texte numérisé non relu

JEAN IX

CXVX* PONTIFK. DE 898 A 9OO,

L'ÉLECTION que la mort de Théodore laissait à faire , présentait tout le germe d'un schisme. Le parti d'Anastase avait réuni un grand nombre de suffrages en faveur du prêtre Sergius^ issu d'une famille noble , très-considéré et appuyé de toute l'influence d'Âdalbert, marquis de Toscane. La faction dé Benoît III l'emporta cependant et proclama souverain pontife Jean IX , diacre , moine de l'ordre de Saint-Benoit , homme aussi prudent que le réclamait l'état des choses. Sergius, banni de Rome, se retira en Toscane où il resta sept ans. Jean consacré en juillet 898 , mourut le 3o novem-

hte ^o et ne se déparait jamais de la bonté qu'il avait montrée dans l'origine. Il y eut à eettô époque un concile à filume, relativement aux affairés de Formosc Entre autres résolutions, on mentionna celle de condamner les décisions du pape Etienne VI. Plusieurs évéques qui se trouvaient présèns et avaient signé, demandèrent excuse et assurèrent qu'ils y avaient été forcés. On ccmvoqua aussitôt un second concile à Ravenne, auquel assista l'empereur Lambert. Mais il est bon de rappeler ici le ton employé dans le premier concile par ce pape si prudent et si bien digne de servir de modèle. «La sainte Eglise romaine a beaucoup souffert par la mort violente des papes , qui se sont fait consacrer sans en avoir informé l'empereur, ou sans attendre, malgré les canons , l'arrivée des commissaires impériaux , qui auraient pu arrêter les progrès du désordre. Pour empêcher â l'avenir de pareils malheurs , nous voulons que dorénavant le pape soit élu dans une assemblée des évéques et de tout le clergé, sur une demande du sénat et du peuple, et consacré ensuite solennellement en présence des commissaires impériaux , sans que personne ose demander de nouveaux sermens. Ainsi on mettra fin au scandale , et on cessera de violer la justice du souverain. •

Si cette disposition eût toujours été observée, on n'aurait point achevé de couper les derniers freins de la subordination due par les papes aux empereurs. Mais il y eut bien peu de papes aussi bons

que Jean IX. Sergius , soo compétiteur » qui par** Tint même ensuite à être pape, chercha à intrcHduire l'opinion contraire dan^ qne épitaphe;^ iBais personne n ajouta foi à ses caiomnies.

Jean, digne par ses œuvres d'être canonisé, ne le fut pas , bien qu'il fut bien supérieur à certains papes canonisés , qui n'avaient pas la dixième parlie de ses vertus.

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X» SIÈCLE

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