JEAN XVI
eu.* poNTiFi. «^ DK 985 A ggS.
Jean, né à Rome , fils du prêtre Léon, fut élu pape après la mort de Jean XY, et sacré le ^5 ayril 986. Le sénateur et patriceCrescence, qui jouissait d'une autorité presque souveraine, l'exila de Rome et le força de se réfugier en Lombardie; mais, ayant été informé de l'approche de l'empereur OthonllI, il en craignit les suites, fit chercher Jean, et l'invita à revenir , à quoi ce dernier consentit Ce pape est le premier qui ait canonisé solennellement les morts qui avaient joui pendant feur Tie de la réputation de Saints. Le 3 février pgS , il canonisa Saint-Udalric , évéque d'Ausbourg. Précédemment, l'opinion populaire avait suffi pour que les évéques morts en odeur de sainteté, fussent regardés comme saints; mais souvent l'intérêt et la vanité achetèrent , par des intrigues et de l'ar* gent , les sufirages de ceux qui faisaient nattre To^ pinion , en racontant des miracles prétendus et des vertus qui étaient imaginaires. C'est pour
3o7 cda que la canonisation populaire et diocéiaîntf des anciens temps mérite peu de cas , lorsqu'on eiamûiant rfaistoir« avec impartialité et une saine critique, on y découvre d|9S choses tout opposées a la creyance des vertus berniques de certains per*: Kkimages. L'invention romaine des canonisations soteonelles a produit un biân mêlé de quelques ÎDcoDvéniens.
Oa Ibrme à Rome des procès tr^s-dispendieu9^ qui attiienti la cour pontificale de grossies sommes d'«igent des autres nations. S'il n'y a pas une pajrtie qui poursuive la cause p elle reste en suik. pens y et celid qui a jiei,i de ricboase pst forcé de f abandonner* Yotlà pourquoi (depuis le tiv;i»ème siècle JDMqu'à nos jours » presqu^ tous les béati&is^ ^ k$ canonisés appartiennent A 4eg inatituAs ré*pilicr$«
lescorporationsdemoines^oplipdresquples seules qai puissent supporter ces frais si énormes.
L'argent influe ^ nop-^s^uJ^BiiMt fw Ja siute du <^<nir8 des causes, mais aussi sur la substance de la décisioQ définitive , cependant par des voies indi* Rctes. 11 facilite les moyens de trouver des témoins ^des témoignages; il fait pencher l'indécision des rapporteurs , et dispose favorablement l'esprit du fiscal et des juges de la congrégation des rits.
Plût-à-Dieu que cela ne fut pas une vérité aussi certabe ! on aurait plus de foi aux canonisations, :^ les protestans n'auraient pas des armes pour déidamer contre elles. D'un autre côté , ce mal pro-
^it un bien , en diminuant le nombre dët canoni'flations,
' Nous ignorons comment elles se faisaient du temps du pape Jean XYI , mais nous savons par le témoignage de Saint-Abbon , abbé, qui résidait alors à Rome, que ce pape était avare, et qu'il vendait , à prix d'ai^ent , toutes les dépêches pontificales. Il ne serait donc pas téméraire de présumer qu'il inventa les canonisations solennelles pour multiplier les richesses de son trésor. Du temps de ce pape, il y avait à Rome quarante monastères de Tordre de Saint-Renolt , vingt de religieuses , et soixante églises de chanoines.
Que Ton me dise si cent-vingt communautés > qui ne s'occupaientni de l'agriculture, ni des arts, vivaient aux dépens de Rome, ou plutôt de toute la chrétienté , qui n'avait eu besoin , du* temps dos douze premiers papes , d'entretenir à Rome que ^ept prêtres.
O fatal renversement des idées !
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