‹ Portrait politique des papesChapitre 88 sur 190 · GREGOIRE V · texte numérisé non relu

GREGOIRE V

cui* poimn. — Bx 996 a 99g.

Tr^iziimc schisme^

reur OttK>ii III ayant appris la mort de- Jean XYI 9 fit élire , pour successeur , Bruno son neveu 9 fils . de LiutgaFde sa cousine germaine , Bialgrë qu'il ne>fùt âgé que de vingt-quatre ans. L'ékction s'effectua le 3 mai.996. Maiarannée suivante» l'empiereur s'étant enfoncé dans. le nord de l'Euro* pe, le.patrice Crescence renouvela ses anciennes entreprises » sachant bien que les Romains suppor*taient avec peine la domination des Allemands.

11 exila de Rome le p^^ie Grégoire , et fit élire à sa place FUagate , évéque de Plaisance en Italie , qui avait été parrain de Grégoire Y et de l'empereur son oncle lors de leur baptême , ainsi que l'exposa l'abbé Saint-Nil devant tous les deux, quand il fut implorer leur clémence. Crescence informé qi^'Othon marchait vers Roixie avec une grande ar-

3io

mée, préparades provisions de guerre et des vivres ëans le château Saint-Ange , qui s'appelait aloîs la forteresse de Grescence , comme on l'avait appelé autrefois la forteresse d'Adrien y parce que cet empereur l'afvait fait construire. A l'approche d'Othon , FUagate , nommé Jean XYII , et Grescence s'y réfugièrent, maisenvaini l'^mpereUt se rendit midtre de leurs personnes.

. L'antipape pri tla fuite : des soldats le trouvèrent ; après mille traitemens indignes , ils lid coupèrent le nez et la langue , lui arrachèrent les yeux , et le conduisirent en cet état dans une prison obscureet fétide , tout cela par l'ordre de Grégoire Y , qui craignait quel'empereur ne consentità lui pardonner. L'abbé Saint-Nil^ informé de ces événemens, .et de l'emprisonnement de Grescence , vint à Rotne dans le seul dessein de solliciter en faveur des eoa- . pables , et surtout de Tanlipape , qui était flta compatriote* Il allégua la circonstance qu'il les ju^ avait tenus tous les deux sur les fonts baptismaux, et ils lui promirent le pardon de la peine capitale. On dit même que l'empereur fut attendri au point de ne pouvoir retenir ses larmes , en écoutant l'ex- , hortation du saint , dont la charité imitait l'exemple de Jésus-Christ. Mais le perfide et vindicatif Grégoire fit ensuite attacher l'antipape sur un âne , le visage tourné vers la queue,' et, après l'avoir fait fouetter dans les rues de Rome, ilte fit mettre dans un cachot , dû on lui coupa les pieds et les

3il

mains avant de lui ôter la vie. Grescence rendit la fçNrteresse par capitulation , sous la condition d'obtenir'sa liberté; mais cette condition ne fut pas exécutée; à peine iut-il sorti du château , qu'on lui coupa la tête , et on le suspendit par les pieds. Tout cela n'empêcha pas l'empereur de prendre Stéphanie, sa. veuve, pour sa maîtresse. Elle y consentit alors, et dissimula son ressentiment , jusqu'à ce qu'elle put trouver l'occasion de se venger : elle y parvint en empoisonnant l'empereur , qui en mourat le â i janvier i ooa. Je ne puis comprendre comment les historiens prodiguent tant d'éloges au jeune empereur Othon III , à la vue de semblables perfidies. L'abbé Saint-Nil fit dire au pape Crè« goire y que , puisqu'il avait manqué à la miséricorde promise , il craignit la colère de Dieu qui tom-* berait sur lui : et Grégoire mourut le 4 février 99^1 la môme année de l'événement.

V»\^^V>VV»^^/VV<^%»%/>^LM/\%%%W/V\'»^»VVVVV»»»VW(%»»W^^t»^»VW^%*»^»%\%MM»^*/%MM>i^^^\MI

Page 1