SYLVESTRE II
CXin* PONTIFE. — DE 999 A 1003^
L'EHPEftEUR Othon III avait été élève du célèbre français Gerbert , natif d'Auvergne , qui avait été instruit dans les mathématiques par les maures de Cordoue, et qui , après avoirété professeur à Reims» les avait enseignées à Tenlpereup , et à Robert II , roideFrance» Les Français, ses compatriotes, letraitèrent de magicien, ainsi qu'on en acCtosait , dans ce temps barbare , presque tous ceux qui savaient un peu de physique , de mathématiques , et d'astronomie. Gerbert , d'abord moine bénédictin à Âurillac , ensuite à Bobio en Lombardie , fut depuis archevêque de Reims par la protection de Ro- , bert , et déposé de ce siège par Jean XVI , en 995 ; il fut ensuite nommé à l'archevêché de Ra venue, par la protection d'Othon^ en 99S. Cet empereur completta sou ouvrage, de manière qu'il fut élu pontife romain , et intronisé le 3 avril 999. Gerbert prit le nom de Sylvestre II , et fut aussi ambitieux que lous ses prédécesseurs ; mais , du moinsi.
U se conduisit de manière â ne jamais irriter le»* «ouYcrains ^ envers qui il fut toujours attentif et modéré. Le cardinal Baronio le traite de flatteur, mab en cela , il donne hii-méme une preuve certaine d'adulation envers les papes.
Sylvestre savait parfaitement quel mépris on avait alors peur le siège pontifical, du moins quant aux personnes qui y étaient assises ; car lui-même étant archevêque de Reims , dit dans un concile tenu en l*ïmnée 990 :
« Vénérables pères, que pense^vous de celui •que TOUS voyez assis sur le Saint-Siège de Rome,* •resplendissant d*or et de pourpre? S'il manque »de charité, et s'il n'a que la science qui énor- •gueillH ; ee sera l'ante^hrist , assis dans le temple »de Dieu , voulant fijgfurerètre Dieu. Et s'il manque «également de charité et de science, ce sera une > statue placée dans le temple comme une idole , •que TOUS consulteriez en vain , car on n'obtient •pas de réponse d'un marbre....... O déplorable
»RomeL tu domias à nos ancêtres les lumières les •plus éclatantes, et maintenant tu n'as plus que •d'horribles tendres , qui seront célèbres dans le
•siècle futur Que nous reste-t-il à voir? Nous
•avons vu Jean Octavien conspirer, au milieu de •mille prostituées, contre le même Othon qu'il •avait proclamé empereur. Ile^t renversé, et Léon- »le-Néophite lui succède. Othon s'éloigne de Rome, • et Octavien y rentre ; il chasse Léon , coupe les Hidoigts , les mains et le nez au diacre Jean , et ,
5t4 •après avoir ôté la vie à beaucoup de personnages ulistingués ^ il périt bientôt lui-méioe. Les Ri^ •mains mettent â sa place Benott-le-Grammairieo. »Peu de temps après , Léon*le-Néophite l'attaque •avec son César , l'assiège, le prend, le dépose, et •l'envoi en Allemagne dans un exil perpétuel* L'em- •pereur Otbon meurt; un autre du même nom lui •succède; mais à Rome on lui donne pour succesr »8eur un monstre affreux. Tel fut MaUfado , sur- •passant tous les mortels en iniquités, souillé du »sang du dernier pape. Il fut aussi obligé de fuir, » et un concile nombreux le déposa. Sera*t-il poa- •sible de supporter encore qu'une si grande quan- •tité de prêtres de Dieu , dignes par leur vie et •leur mérite d'éclairer l'univers, doivent se sou- •mettre à de tels monstres, ignominie du genre •humain, dénués de toute connaissance des sciences \ divines et humaines ?»
. Sylvestre parvint au suprême sacerdoce avec ses lumières , et se conduisit bien jusqu'à sa mort , arrivée le 1 1 mai de l'année i oo5. Quelques-uns ont soupçonné que Stéphanie, veuve du patrice Crescence', l'avait empoisonné, ainsi qu'elle avait empoisonné l'empereur. Mais il n'y a ni preuves, ni motifs qui puissent le faire présumer, car Sylvestre ne participa en aucune manière au malheur de son mari.
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XI' SIÈCLE