ALPHONSE KARR
monde l'avoue, assez loin même pour que le public peu délirai en fait de sensations, et ne cherchant pas ,i s'en rendre compte, n'ait vu que ce mérité, et n'ait pas été frappé des défauts qui en résultent, comme <\fautres qualités qui le distinguent; niais il n'est pas le seul, el nous en rencontrerons de plus sérieux et de plus solides qui donnent un nouveau lustre à celui-ci. Comme filiation littéraire, monsieur Karr procède de Sterne, dont il a l'humour et la raillerie plutôt que le naturel et l'attendrissement, et auquel il ajoute une rêverie empruntée aux écrivains allemands, qu'il affectionne plus particulièrement. Ces divers éléments mêlés et confondus ensemble forment une personnalité qu'il est impossible de ne pas reconnaître el de ne pas apprécier. Mais, tout en rendant justice à la verve et à l'abondance de l'esprit de monsieur Karr, en sachant tout ce que sa misanthropie railleuse et son indifférence affectée plutôl que réelle lui a fait trouver d'aperçus lins et singuliers, je ne puis m'empêcher de regretter l'excès même de cet esprit qui, pour se soutenir, a mis en circulation plus de paradoxes que de vérités, et, effleuranl la surface des idées, en trouve de plus spécieuses que profondes. Monsieur Karr amuse plus qu'il n'intéresse, et, si je lui fais ce reproche, c'est qu'il a
donne des preuves, malheureuse nt trop rares, d'une
élévation de talent qui, moins retenue, lui eût assuré une gloire plus pure el plus durable. Je connais parfaitement toutes les amusantes plaisanteries que mou sieur Karr lui-même pourrait se permettre sur la re-
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ei je ne les crois p;i> faites de lionne loi. Quand un écrivain, et surtout un écrivain de mérite, prend la
PORTRAITS V iv in Mi
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