‹ Portraits à la plumeChapitre 14 sur 65 · OCTAVE FEUILLET · texte numérisé non relu

OCTAVE FEUILLET

\ a de parler sans penser, se persuadera de jour en jour que. pour avoir le droit de parler, il faut préalablement avoir des idées à exprimer. *

Ajoutons enfin, en terminant, que, tout en la restrei gnant dans de justes bornes, la faculté prédominante de monsieui Feuillet, comme de tous les véritables poètes, est l'imagination. La fantaisie l'attire et lui prodigue ses plus doux sourires, ses plus décevantes chimères. Il se promène avec ivresse dans les espaces toujours inexplorés, toujours nouveaux de la verte bohènre. Ils ont raison, cent fois raison, tous ces heureux rêveurs, tous ers gracieux poètes, tous ces gais enfants de la fantîiois qui jettent I Esprit et I ; motion i pleines mains. De près ou de loin, ils sont tous un peu parents, et c'est ce qui les sauvera du vieux Lelio, dont parle quelque pari George Saiul. Ils pleurent quelquefois, mais un éclair île jeunesse et de gaieté traverse bien vite

leurs lai s, ils uni derrière eux une vie de travail,

autour d'eux de bonnes amitiés, l'avenir qui leur sourit, et comme Lelio, soulevant leurs verres, ils peuvenl s'écrier d'une voix ferme el pore ; Vive la bohème!

ALPHONSE K \lili

Il nfl< m. ni Jr i

||I< Il |.|ll« Mil i

mil un min ui.'l.|iir-

Ui li

i lui ||U il m

ALPHONSE KAHIl. 05

traverse ce paradis, et se donne beaucoup de tracas el d'agitation pour avoir l'air d'un ruisseau, dette gracieuse oasis est bel et bien une réalité. Ce jardin, cette glycine, ces acacias, ce ruisseau, vous les connaissez comme moi, vous les avez visités comme moi; connue moi vous vous êtes enivré de leur odeur, repose à leur ombre, bercé de leur murmure, pour peu que vous ayez parcouru les ouvrages d'un des écrivains les plus lins, les plus spirituels et les plus originaux de notre époque, de monsieur Alphonse Karr.

Ce n'est pas une chose facile que de porter une appréciation générale et motivée sur le talent de l'auteur que nous entreprenons d'étudier ici, talent tout de détail et de demi-teintes, et chez lequel la pensée s'inquiète peu <lr suivre une ligne conséquente et directe. Appliquer à l'auteur de Sous tes Tilleuls les lois sévères de la critique, serait méconnaître tout à fait la valeur de cet esprit délical et flexible, qui s'échapperait par sa flexibilité même. On peut répéter pour lui les paroles de monsieur de Sainte-Beuve à propos de Charles Nodier : Il a li' mouvement, l'entrain, la verve au départ, la main prompte, le coup d'œil juste; mais il manque d'une chose importante, le quartier général

où l'on revient touj "s, où l'on s'appuie si l'on liésile,

où l'on reprend des forces après une défaite, ci d'où l'œil embrasse l'étendue des opérations el les dirige vers un liui unique. L'appréciation, par conséquent, sera flottante el devra, comme ses œm res, sui\ re des sentiers divers, el dont l'un n'aboutit pas nécessaire m a

l'an lie. Ces courses :i hàluns loin pus ile\ iem Iraient l'a litanies, si l'auteur n'en égayail pas la longueur par une verve intarissable el une finesse des plus ingénieuses,

PUR mAITS \ I. v l'i l Ml

III m . NI. III M

I |iii>lque«

nicmpo- ■

ii | i leni propre

rt li il .11- un..

imprévu

Page 1