PROSPER MERIMEE: HT
Au monde, chaste pour lui. C'est cette opposition dont Balzac a senti toute la valeur et dont il a si bien profité dans la Duchesse de Langeais.
Ainsi que je le disais en commençant, j'ai quelquefois entendu reprocher à monsieur Mérimée d'être un auteur sans émotion, qui n'entend rien aux choses du cœur. Ce sont de ces jugements banals que l'on est enchanté de rencontrer tout faits, afin de n'être pas obligé de s'en faire un, et que l'on répète sans avoir pris la peine d'en contrôler la justesse. Je crois pouvoir affirmer que les personnes qui émettent cette courageuse opinion n'ont lu ni le Vase étrusque, ni Arsène Gtiillol, ou, si elles les ont lues, n'ont pas compris ces deux nouvelles. Klles sont exemptes, il est vrai, de ces vulgarités sentimentales, de ces phrases exagérées et niaises, de ces effets communs et faciles qui remplacent, aux yeux de beaucoup de gens, l'émotion absente; mais, si le cœur n'est pas dans les mots, il est dans les faits, ce qui vaut mieux. Saint-Clair et la comtesse de Courcy s'aiment sans phrases. Ce sont <\e> gens rumine tout le inonde. que vous mi moi avons pu rencontrer hier ou que nous rencontrerons demain, et la passion parle chez eux le langage de la vérité. Lorsque madame de Coiircv, en brisant son beau vase étrusque, a prouvé à Saint- Clair, par ce sacrifice si petit, el si importanl cependant, a quel point il était aimé, et combien était sotte sa jalousie, les scènes qui suivent sont des plus charmantes et des plus douces pour L'esprit : non pas qu'elles soient longuement développées; mais cette brièveté est un
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qu'elle ne dit. -- Arsène Guiltot, que je préfère au Vase étrusque, est l'histoire d'une courtisane saisie
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