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HONORE DE BALZAC. 327 Sand, monsieur de Lamartine, Alfred de Musset. Il doit se trouver, en effet, une extrême jouissance, pour quelqu'un habitué de faire de sa pensé» l'amusement de la foule, à la sentir agissant sur trois ou quatre mille spectateurs à la fois. Cette promptitude de communication doit présenter un singulier attrait. Monsieur de Balzac apporta dans ces études la même persévérance que dans ses travaux de romancier. Sun apprentissage dura six années marquées par >\r< chutes dont le retentissement dura longtemps. Vautrin, Quinola, Pameta Giraud, la Marâtre, tombèrent avec un bruit qu'elles n'eussent pas fait en vivant. Os chutes, il faut bien l'avouer, étaient justes, et ces pièces, assez médiocres au point de vue littéraire, n'étaient pas meilleures au point de vue dramatique. Si à la scène on ne lient pas compte d'une certaine perspective indispensable à l'intelligence des spectateurs, on arrive à une agglomération de scènes, mais non pas à un ensemble dramatique. C'est une lorgnette qu'il faut savoir mettre au point visuel. Si elle n'j est pas. l'œil n'j voit rien, ou \ voit trouble. Cette science de perspective esl quelquefois un don inné, cm ;hez sieur Uexandrc
Dumas; le plus souvent elle esl obtenue par la persévérance, comme chez monsieur Scribe, qui c posa.
dit-on, quinze ou vingt, vaudevilles avant de pouvoir eu luire accepter un, et dont le moule est petit, toujours le même, mais remarquablement habile, les hommes île génie comme Molière ne tiennent pas compte de ces exigences; mais les caractères qu'ils île in m sont observés d'une façon si puissante, que l'on ue songe pas au reste el que leur génie l'ail tout accepter.
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nONORE DE BALZAC. 529
pect pour les anciennes formes gouvernementales de la France, un dédain pour les fictions et les amphibologies parlementaires, et pour les médiocrités auxquelles elles donnaient carrière, une sympathique intelligence des grandeurs représentées par la monarchie, d'autant plus remarquable qu'à l'époque où il écrivait il était de bon goût de donner dans l'excès contraire, de glorifier les instincts démocratiques, el d'adresser au peupli' îles louanges d'une platitude qui n'arriva jamais à ce degré auprès d'aucun roi. Feuilletez tous ses livres, lisez ses plus courtes nouvelles, jamais un mot qui ne soit respectueux n'est adressé aux supériorité; sociales. Voyez surtout avec quel soin, quel art, quelles délicatesses de nuances sont tracés ses portraits de vieilles femmes chargées dans ses romans de faire aimer la noblesse, et d'y porter ce parfum d'élégance, d'esprit, de futilité et de courage qui formait le caractère de l'ancienne aristocratie; depuis madame dv Listomère- Landon, de la Femme de trente ans, jusqu'à la prin cesse de Blamont-Chauvry, de Madame de Langeait, jusqu'à madame de Portenduère, d'Ursule Mirouei.
Cette tendance respectable avait d'ailleurs, il faut le reconnaître, s^es exagérations et ses ridicules. Ko la poussant à l'extrême, en voulant envelopper ses héros et ses héroïnes d'un parfum aristocratique, Balzac est arrivé à des descriptions il un goût contestable. Je parle de ses énumérations de costumes et d'ameublements plus propres à éblouir drs parvenus enrichis qu'à satisfaire • 1rs amateurs d'un goût quelque peu délicat. Balzac rvait des prétentions en ce genre qui. la plupart du temps, sont loin d'être justifiées, lie sont là, d'ailleurs les détails à peine dignes d'être signalés.
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intérêts à des principes, il ne comprit pas que si les intérêts satisfaits sauvegardent le présent, les principes seuls assurent l'avenir. 11 faut bien reconnaître une chose, c'est que jusqu'à présent l'histoire de la Révolution française a été racontée par les vainqueurs. L'ancien régime a été condamné sans être entendu, et il est probable que les vaincus pourraient alléguer en leur faveur des raisons très-sérieuses et très-plausibles. Cette histoire, au point de vue des vaincus , commence à se faire, et les renseignements qui s'accumulent, l'impartialité qui s'augmente à raison de l'éloignement, l'expérience qui arrive, les événements qui prennent une signification plus précise à mesure que leurs conséquences se développent, pourraient bien mettre les plateaux de la balance en suspens. Dans ce cas, Balzac serait un des premiers à avoir réveillé la raison et la conscience humaine.
Ce respect pour le principe d'autorité, cette confiance dans les éminents services qu'il est encore appelé à rendre, avaient tourné de bonne heure les sympathies de Balzac vers le pays où il est le mieux représenté et le plus directement, vers la Russie. Un voyage qu'il lit en 1840, la bienveillante réception qu'il y rencontra, augmentèrent encore ses sympathies pour ce gouverment. Aussi, lorsque dans la Bévue parisienne il songea à apprécier la politique française et étrangère, donna-t-il à ses appréciations le nom de Lettres russes. .le laisse à d'autres le soin de juger jusqu'à quel point 1rs idées développées dans ces lettres étaient justes et pratiques; mais ce qui frappe, c'est la lucidité avec laquelle sont indiqués les événements que nous avons vus se dérouler depuis trois ans. Ces prévisions, qui étaient
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HONORE DE BALZAC, tenace, el reconnaître que la volonté a suppléé, chez lui, à bien des facultés absentes, il restera comme une preuve de la justesse de ce mot de Buffon : « Le génie, c'est la patience. »
Aujourd'hui, le seul témoignage public qui survive à cette gloire éteinte est une plaque de marbre noir portant la date de sa naissance et celle de sa mort, que la ville de Tunis a fail incruste] dans la maison où il a vu le jour. On 5 lii :
Né le 16 mars 179'J.
Mort le 1!) août 1850.
Quelle vie laborieusement et glorieusement employéi entre ces deux dates!