HENRY MURGER
plaire le soleil de l'imagination, où s'épanouissent en paix, à l'ombre de la rêverie, dans l'air de l'espérance, au murmure des illusions, bourdonnant comme un essaim d'abeilles, les fleurs de l'espril ei delà fantaisie.
On entre et l'on sort, en Bohème, par tous les côtés; et il n'est personne qui n'j ait touché par un bout. Plusieurs du nos plus grands écrivains ont fait la physiologie de quelques unes de ces subdivisions. Madame Sand, dans la Dernière Aldini, a peint la bohème dus acteurs italiens, et elle est revenue à plusieurs reprises sur ce sujet qu'elle affectionne. Balzac, dans un Prince de la bohème, a donné des couleurs aussi amusantes que finisses à la pire de toutes, à celle du boulevard de
Gartd, et nsieur Alphonse Karr, dans Geneviève, a
esquissé quelques traits de celle des peintres et des ateliers. Mais celle <pie l'on distingue plus particulièrement sous ci' nom, qui lui restera désormais, c'est cette foule de jeunes gens sans fortune et sans vocation bien décidée que notre déplorable éducation universitaire jette sur le pavé de Paris, avec de la facilité pour tout et de l'aptitude à rien ; classe chez laquelle tous les instincts, lions ou mauvais, sont éveillés; se sentant supérieure :'i son origine et impuissante à se ranger â force île persévérance dans une classe plus élevée; faisant une fabuleuse dépense d'esprit, la seule qu'elle puisse faire ayant de l'art un sentiment confus, mais vrai ; vivant de l'air >\\\ temps deux jouis sur trois, et ,n quérant dans cette lutte perpétuelle contre les réalités de la vie une agilité intellectuelle, une ironie fébrile qui n'est plus de la gaieté et qui n'est pas encore de In méchanceté, el dont In plupart finissent par s'enrégi-
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HENRY MITRGER. 15
de découragement qu'il a traversées n'ont pas arraché du fond de son cœur une seule goutte de fiel ; clans son livre on ne trouverait pas un seul de ces sophismes faciles contre l'imperfection de l'état social qui se trouvent maintenant dans toutes les bouches et au boni de toutes les plumes; et pourtant, avec son esprit, il lui eût été facile d'en faire que tout le monde lui eût pardonné. Il écrit comme l'oiseau chante, avec insouciance et bonheur. Ses héros sont pauvres, mais ce sont des natures élégantes ei fines, leur intelligence les élève au-dessus de leur position, et ils ont trop d'esprit pour être vains ou honteux de leur misère présente, lorsque l'espérance leur construit de si beaux palais dans l'avenir. L'un (Yeux . dans un de ces jours de pauvreté où l'on doute de l'existence des pièces de cent sous, ne trouve pas d'autre moyen, pour acheter les médicaments nécessaires à une pauvre fille qui s'éteint de consomption, que d'aller vendre ses habits au fripier du coin. Pour ne pas rentrer nu chez lui , il achète du même coup un vêtement de loile. On est en plein cœur de l'hiver. Ses amis renianpieni ce changement de costume :
Ma foi! dit-il, voilà longtemps que j'en avais envie, je me suis passé cette fantaisie.
Le sens du livre est dans ce mot :
chaule, seuil lit plulullil e| pudique
(l'esprit
Oiie monographie d'une existence dépense, et puni- cause . beaucoup plus d'argent, a été une révélation pour que qui se sont demandé s'il \ avait, en effet, campée Paris, une bande de joyeux fantaisistes menant
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pu m i\ vu - \ i \ ri i mi i esprit Q ssure. Des livres
semblables n< |u'une collection de souve-
nir! déjà éloignés et peuvent pas* i poui des
m .il. - h. sont pas funèbre Poui satisfaire . Pttr curiosité, nous devons dire qu'il s existé en effet une réunion de jeunes • n«. tous fort intelligents el fort spirituels qui rassemblés pai un lien commun
I i de l'art faligui • de l« v'u plate et u lone
nimunes .m milieu desquelles ils
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mauvais tours
qu'il li ' lis d'audare .| Ii
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mie qui •!"•