‹ Portraits bretons des xvii et xviii sièclesChapitre 2 sur 9 · VI · texte numérisé non relu

VI

sont à peu près les seuls documents qui permeltent de pénétrer dans la vie intime de chaque époque. La raison eà est toute simple : au point de vue de la grandeur purement philosophique ^ il n^y a point de grand homme pour son valet de chambre : au point de vue de la grandeur chrétienne j il n'y a point de grand saint, si Ton n'est surtout saint et vertueux dans les actions de chaque jour et dans les détails.

Il n'est personne qui songeant à étudier l'histoire de Bretagne aux sources , n'ait noté parmi les plus importantes de ces sources y pour les temps modernes , les vies de Michel Le Nobletz, du P. Maunoir , du P. Huby , par les PP. Verjus , Boschet y Le Roux et Champion (i) ; et

(1) La vie de Michel Le Nobletz , par le P. Verjas, et celle da P. Maunoir , par le P. Boschet ont été réimprimées chez MM. Périsse , en 1834 et 1836, par les soins de M. Tabbé Tres^ vaux, 3 vol. in^l2. L^ouvrage dn P. Le Ronx a également été réédité , avec des additions et des notes excellentes , chet M. Prud'homme, en 1848 , in-12. Je n*ai pas su que les nombreuses monographies dues à la plume du P. Champion aient été réimprimées.

pourtant pour ces pieux écrivains , Tintée rét historique n'est qu^un accessoire , le but principal est Fédification du lecteur ; si le P. Verjus et le P. Boscket ont un talent très-remarquable , le P. Le Roux et le P. Champion n'ont qu'une médiocre valeur littéraire. Puis, au-dessous de ces grandes figures de Michel Le Nobletz et de Julien Maunoir , il y a d'autres hommes , d'autres réunions d'hommes , qui eurent aussi une influence souveraine dans une sphère plus ou moins étendue , qui personnifièrent en eux tout un fragment de siècle , toute un pays , tout une classe sociale , et qui ne sont le sujet d'aucune monographie. Vous ne trouverez les traces à demi-effacées de ces personnages que dans la collection des Fies des Saints de Bretagne , de D« Lobineau , rééditée avec des additions qui portent principalement sur les XVII* et xviii« siècles, par M. l'abbé Tresvaux. Le cadre seul adopté par le pieux éditeur, étriqué fatalement ces portraitures.

Page 1