EN TÊTE DE QUELQUE BULLETIN LITTÉRAIRE
Le public demande de la critique, et il a raison puisqu'il n'y en a plus guère; mais il ne sait pas combien
(1) M. Théophile Gautier, à la date où J'écriyaift ceci, n'ayait point donné encore son recueU de Poésies complètes (1845), où il a inséré quantité de charmantes petites pièces, élégies et fantaisies, qui sont d*un bien yéritable et bien ingénieux poète. Il n*ayait point encore porté sa prose descriptiye à ce degré de perfection qui tient de la merveille. — Il n*est que Juste, après ces extraits d'articles un peu chagrins et un peu rogues, d'indiquer, au tome VI de mes Nouveaux Lundis, les articles que j*ai faits sur Théophile Gautier, envisagé au complet et dans son dernier développement. J'avais mis d'abord de la résistance à le suivre dans son procédé d'artiste, et je n'y étais pas entré de droit fil. Cela arrive souvent aux devanciers par rapport à leurs successeurs; ils sont sur la défensive, en méfiance, grondeurs tout d'abord et comme grognons. L'onc/« a depuis rendu plus de Justice au neveu, et le neveu a pardonné à Voncle,
ce qu'il demande est difficile, et, osons le dire, impossible presque aujourd'hui, pour une multitude de causes qui tiennent à l'état même de la société et à la constitution de la littérature. Depuis huit ans, c'est-àdire depuis la révolution de Juillet, les écoles littéraires 8e sont trouvées dissoutes comme les partis politiques, et il ne s'en est pas refait d'autres. Des individus remarquables, des talents nouveaux se sont produits, mais sans appartenir à aucun groupe existant, sans représenter aucune opinion, aucune doctrine fixe et saisissable. Les talents plus anciens, et des plus éminents, qui appartenaient à des groupes et à des doctrines considérables sous la Restauration, se sont trouvés tout d'un coup sans protection et comme jetés hors de leur cadre : ils n'ont plus su se tenir, et, en voulant continuer à se déployer, ils sont vite arrivés à n'être plus eux-mêmes. Ceux qu'on croyait des chênes, tant qu'il y avait dans la société des murs de clôture qui semblaient les gêner, n'ont plus été en plein vent que des arbres bientôt plies et brisés. Ainsi M. de La Mennais, qui, lorsqu'il était encore à la Chesnaye, voulait prendre pour cachet un chêne brisé par le tonnerre, avec cette devise : Je romps et ne plie pas, a vu réaliser son défi ; et cette haute, cette noble nature peut méditer aujourd'hui autour de son chêne en éclats. 11 s'est passé, chez M. de Lamartine, depuis peu d'années, une révolution intérieure, semblable et analogue à celle qui a eu lieu dans M. de La Mennais : c'en est l'exact pendant, si ron tient compte de la différence de leurs talents et de leurs natures. Le cadre de la Restauration avait été et
semblait devoir être à tout jamais celui de M. de Lamartine. Les rayons étaient réciproques : le poète semblait à Taise et y était doucement maintenu^ Ce cadre venant à lui manquerai] s'est dilaté outre mesure, sans plus de limitas, e^ la manière des gaz élastiques dont il se raj)({^roçhe par Téthéré de sa poésie (1). Il est curieux de remarquer, sur ces deux grands talents légués par la Restauration, l'influence et la^ réaction des deux talents les plus remarquables entre ceux de formation plus récente. Le rapprochement philosophique et littéraire de l'auteur des Paroles Sun Crçyant et du peintre magnifique de Lélia n'a rien eu de plus inattendu, de plus caractéristique par rapport à Tépoque, que le soudain et profond reflet que vient de jeter la manière de M. de Balzac sur toute une partie souterraine de la Chute d'un Ange par M. de Lamartine. Tout ceci est pour dire que les écoles littéraires sont dissoutes depuis huit ans, que les limites et les garanties de caractère çiutour des plus nobles talents ont cédé brusquement ou graduellement à je ne sais quelle force de choses confondante et dissolvante. Cette confusion et ce tourbillon sont le signe même de la nouvelle période littéraire. Ce gui inanque dans les œuvres, le point d'appui et d'arrêt, où donc la critique le trouverait-elle?
(i) €eci devra semUer en contradiction avec ce qui est dît, tome I, page ill, an début dô l^article sur Jocelyn : je doene i*uB pour correctif de l'autre. C'est, après tout, l'observation du mêooe fait, mais dans un sentiment différent. Je n'aurai que trop occasion dY revenu et de reprendre cet aperçu, an pwA de ^^e de la résiatance. QoY fairet i» Jetmeiee ^at mmédt ll^aaS 64 eea amours; le «ttaca toiBkie : te aent ccitiQue lepânH.
Sans doute, le bon sens élevé a toujours moyen de juger : même à défaut d' œuvres bien assises el harmonieuses, on pourrait se prononcer, regretter, désirer, indiquer son blâme ou son espérance. Dans la conversation, on le faisait souvent : la critique, sous cette forme, ne cesse pas.D*où vient qu'on ne la recueille pas sincèrement, qu'on hésite, qu'on recule, et quMl y a souvent si loin entre ce qui se dit de judicieux, de vivement senti, et ce qu*on imprime?
C'est que, pour la critique imprimée et publiée, H faut certaines conditions extérieures indispensables, indépendamment même du jugement formé qu'on peut avoir in petto. Nous les rangerons un peu au hasard : il suffit que nous les fassions rapidement apprécier. Et d'abord le critique intègre, indépendant, a besoin de r anonyme, non pas pour en abuser contre les auteurs, mais pour que les auteurs n'abusent pas de lui. Or, les nécessUés du prospectus, de la gloriole littéraire combinée avec Findustrie et avec la concurrence, ont condoit à signer de tous les noms et prénoms les plus minces jugements.
Le critique a besoin de tf être pas isolé, de n'être pas seul à sa table, plume en main, au premier carrefour venu; il a besoin d*être dans un ordre de doctrines, au sein d'un groupe uni et sympathique qui le couvre, dans lequel il puise à tout instant la confirmation ou la rectification de ses jugements; car souvent il ne fait autre chose pour les sentences qu'il rend qu'aller autour de lui au scrutin secret, en dépouillant toutefois les votes avec épuration et intelligence» Or, il arrive qu'en fait,
528 PORTRAITS CÔNTEMPORAjNS.
le critique, depuis huit ans, cherche à grand'peine un tel groupe conseiller et protecteur. Le journal de la Restauration àans lequel s'est faite la meilleure, la plus intelligente et la plus loyale critique, le Globe, présentait essentiellement cet avantage d'un groupe uni par la même éducation philosophique, par les mêmes antécédents et les mêmes impulsions d'esprit. La ReviLe des Deux Mondes, venue à un moment où cette faculté de jeune et active union était déjà perdue, a essayé du moins d'en ressaisir et d'en sauver les débris. Elle y a réussi, ce semble, avec quelque honneur : à l'unité plus étroite qui n'était point possible, elle a cherché à substituer, comme dédommagement, la conciliation et l'étendue. Au milieu de tout ce qu'on croit avoir obtenu de résultats louables en ce sens, la critique à proprement parler, on l'avoue, n'a pas toujours eu assez de place ni de suite. On n'a pas jugé toutes choses : on a choisi souvent, on a évité. Quand on a abordé quelque écrivain, on s'est attaché parfois à le peindre plutôt qu'à critiquer ses ouvrages. Il y a eu pourtant à cela bien des exceptions fermes, énergiques, et plus d'un auteur ne serait pas, je le crois bien, de cet avis, qu'il n'y a pas eu assez de critique jusqu'ici dans la Revw des Deux Mondes'.
Quoi qu'il en soit, si on n'en a pas donné constamment, selon le désir du public, c'est (pour revenir aux difficultés des conditions) qu'en ce qui concerne la littérature proprement dite le rôle de juge va se compliquant singulièrement. Les poésies, les romans sont arrivés à un tel degré d'individualité, comme on dit, à
PENSÉES ET FRAGMENTS. 5Si>
un tel déshabillé de soi-même et des autres; — le style, à force d'être tout Tbomme, est tellement devenu non plus l'âme, mais le tempérament même, — qu'il est à peu près impossible de faire de la critique vive et vraie sans faire une opération inévitablement ];':rsonnelle, sans faire presque de la physiologie à nu sur l'auteur et parfois de la chirurgie secrète; ce qui frise à tout moment l'offensant.
Et puis l'industrie, qu*on retrouve de nos jours à chaque pas sous une forme ou sous une autre, inter^ vient, se glisse entre chaque article, solliciteuse ou menaçante. Pour mieux m'expliquer là-dessus, je n'ai qu'à transcrire les lignes suivantes que je trouve dans un volume inédit de Pensées : « Quand on critique au- « jourd'hui un auteur, un poëte, un romancier, il semble « qu'on lui retire le pain, qu'on l'empêche de vivre de « son industrie honnête, et Ton est près de s'attendrir « alors, de ménager un écrivain qui ne produit que pour « \e vivre et nonpour la gf/oir«. Mais, au moment même « où Ton adoucit la critique et où l'on essaye quelque « éloge mitigé, ce mendiant si humble se^ relève et « veut la gloire, — oui, la gloire, et la première, lasu- « prême, pas la seconde, car il se croit in petto le gé- « nie de son siècle. Qu'est-ce donc? pauvre critique! « que faire? Critiquer un auteur, voilà que c'est à la « fois comme si Ton cassait les vitres à la boutique « d'un industriel, et comme si l'on frappait avec inu suite la grotte de cristal d'un dieul »
On continuerait encore longtemps sur ces difficultés et ces épines de la critique, mais^nous nous en tienii. 30
droit k 1» r^^eot^ pq^ll^tio» # M* # Mm^„.
Les talents poétiques etIfttérairesd'auJoHrd'huf (saos parler des aatres, politiques et philosopliiques) , sont sou« mîs à de redoutables épreuves gui furent éparçnées aux beaux génies du siècle de Louis XÎV, et il est î)ien Juste de tenir compte, en nous jugeant; de ces difSçul^ singulières qu'on a à subir. Si Racine, dans les vîngtsîx années environ qui forment sa pleine carrière depufs UsFrlres ennemis jusqu'à Àthalie, avait eu le temps de voir une couple de révolutions politiques et littéraires, s*il avait été traversé deux fois par un soudain cljangement dans les moeurs publiques et dans le goût, i] aurait ey fort à faire assurément, tout Racine qu'il était, pour soutenir cette harmonie d*ensemble qui nous paraît sa principale beauté : il n'aurait pas évité çà et là danida pureté de sa ligne quelque brisure.
Vumtàqm dfcttogiié, ayant h parler asse? réom* mmt d'Hora^ et de Virgile, et de l'espèce 4e ro^mié qu'ils se fondèrent en mg^rd, à Tabri et à Tapp^i 4^ la inoa^rcbie impériale d'Aiïgu^ta, a f^it re^j^rquer h convenance et U nécessité de ees deqx royau^ P9^«l* lèle$« prçdwtes à la fois par une double anarchie, 4m^ un tea){^ (»!i la faiblesise de TÉtat d'une parti ^ de l'autre le trop facile usage de formes poétiques de^emufs hprpprmté commune, favorisaient toutes les entrepris de raKQ}>i)joa poUtiqiyke, toules ies préjbenUons de la
PÉAi^ÉES Et TRAerMÉmÉi ÉSÏ
médtoerîté Hft#«îré (l). ce qui eàl tel » ftièrvéifte pôw répO(ïiie ^AtigùStè lie iîie pntaU prt» 9ënfè àtJpBcirtfotf à iû tiôffé. Je l«îs^ tmt à'ëihOTÛ k éM poiftkjue qui, èonitoe on i^ît, tfû ml îttipptiH Hiêe fî^r^pèti d'artftWiion éî d'inîf Igtfe t Dieu me gatrée de tf duver la plus loin- Uiùe ffess(eiâÉbfâtte5feI Died lôé gériUe de fcrcrff (fr, Vingt*einq aM aptêH Majyttféc», qu'tfff ftCWVéôtf deispcyfe, Sq&elque titre et sous quelque forme que ce fût, pût Jamais asservir de nouveau et réduire cette foule émancipée 4e grands citoyens qui (nous en sommes les témoins Mihé^ Ée pTétipitetd bteh Idin de toute flâtferie et dfe totite gertfîtude, et qtii, efi ce tnoment raèîne, fie ffagbrtîeflt pies aucune puîssâiîcef -^ MasS littëriffenotent, poëtiqueînént, eti quélîe anarchie Soiniîie^-Ètotrt? C'est ce ^u'fl est permis de dônsidéref . £ù î^stréfgttatfé là q^uestiôn à la poésie mêuie, le rappoftt aveci céftodtîès êpoiiûês antérieures est frappant. ÛëpùîÈ dbt àfîi, ftt Bfiàîfl^d'oËtltrë poétique ^éSt diVUlguéÊ^i fëf prdCédéS que la lïotïfelle ëcde avait cfu rendteplttÈt^res et plus difficiles ont été safek du ^eco»d èôUp paf uDfe fotite de survenante qui, k Chaque saison, pullulent. Li fo!*me et le style poétique sont encoi*e une fbîs tombée, en quelque sorte, dans le douiaine publte } il coule devant chaque seuil comme tin ruisseatu de couleurs ; il suffit de âortir et de trempef. ?t&néï iè fyuftmt de h iërairîê : relevez chaque semaine Fé nôfifïbre de volumes de Vers qui se publieutj prenez Te chiffré par mois, p^t âaisoïî, pârâtfflée. Il y âUfâït là ttfièètatfetique curieuse,
(1J 18. PsLÛn^ Oiscours d'ouverlure de fSSfS,
53t PORTRAITS CONTEMPORAINS.
une loi de progression numérique, un mouvement et un cours à coter. Un de mes amis, bibliothécaire dans un établissement public, a eu Tidée de ranger à la suite toute cette branche particulière de littérature trop fleurie : c'est une quantité de beaux volumes jaunes et blancs, morts avant d'avoir vu le jour, que personne n'a connus et qui sont ensevelis dans leur premier voile nuptial :
Hélas I que j'en ai vu mourir de jeunes filles!
Avec un peu d'habitude, on s'y endurcit; et mon ami, bien qu'il ait le cœur poétique et tendre, en est venu à ne plus mesurer ce champ d'oubli qu'à la toise. Tant de pieds par saison. Mais y a-t-il jamais eu, dirat-on, une telle exubérance stérile de productions à aucune époque précédente? Assurément. Il nous arrive un peu comme au xvi* siècle, lorsque les procédés mis en circulation par les chefs de l'école, par Du Bellay et Ronsard, furent devenus familiers à tous et que chaque jeune cœur au renouveau se crut poète. On a une lettre piquante de Pasquier à Ronsard là-dessus ; il se plaint des encouragements que celui-ci donnait à cette multitude croissante de poètes, à qui il suffisait, pour se croire le baptême du génie, d'avoir touché la robe du maître. Mais Ronsard ne pouvait qu'y faire; et il demeura quasi noyé dans le torrent des imitateurs qu'il avait soulevés, à peu près comme rélève du sorcier par les eaux une fois débordantes : il fut noyé dans le flot des imitations lyriques pour n'avoir pas su se renfermer dans un véritable monument. Là, en effet, est
/a question prochaine. Les élans lyriques ne suffisent pas. A Rome, on commençait à s'y perdre après Catulle, et à user dans tous les sens le pastiche mytholo* gique, quand Virgile vint à propos asseoir son double édifice des Géorglques et de YÉnéide, non loin duquel Horace put adosser son Tibur. De notre temps, les débuts ont été vifs et beaux ; mais c'est encore le monument qui manque. Il est vrai qu'une littérature poétique a malaisément deux grands siècles. Or, nous avons le siècle de Louis XIV à dos, ce qui est toujours peu commode à Taudace : c'est là un lourd cavalier en croupe que nous portons. Par instinct de cette situation diffuse, et pour y porter remède, j'ai de bonne heure désiré que, parmi nos poètes de talent, il s'élevât, je l'avoue, une sorte de dictature; que les deux plus grands, par exemple, et que chacun nomme, prissent le sceptre par les œuvres et, sans avoir l'air de rien régenter, remissent chaque chose à sa place par de beaux modèles. Ce désir n'a pas été rempli. Les œuvres, seul instrument légitime de cette dictature effective à la fois et modeste, n'ont pas répondu à la grande attente. Aucun monument véritable, aucune pièce étendue et exemplaire, n'a suivi les admirables préludes que leurs auteurs n'ont pas surpassés; la perfection du genre n'est pas venue. M. de Lamartine, qui peut sembler comme le prince des poètes du jour, l'est dans ud sens purement honorifique et pour l'ornement bien plus que pour l'exemple et la discipline. Avec sa généreuse et facile indulgence, il a favorisé à l'entour ce qu'il importait plutôt de restreindre, et,
m PailTHAITS GONTElIPtntAINS.
éamÉ tes propre» dévrtof^^ieBént» de da Fkb» Baévte^ fl c6l aM^ céd»l de j^ds es pins Itnnntoie à 9» qu'il eèt Mlil repousser^ M. Hego, afveci d'autres quanta» et sous â'avtres ^pamiees Régnantes, if ar pc» plus fst pow s'aècfuérir réc^leibeiH Tautorilé ii>ëoBftteté9 ées Éà9LÏUtS4 Cette autorhé, pcniirlàBftt ne poùTsét dépendre fne é& poètes ainsi haut placés^ féeoBds et ptnssaÉÉs; ée lear pàrty m die#-xl'œiiYrë dans Vépopée^ des diefs-(f ttUTre aa théàlare, aal'aiest lèîs erek*e a» déberdemeni lyriqae et aséi^é à notte mewësi^t Mttéraire sa ceasisMuoe et sa Hmtmrité. Oq eé est aax regrets; il fàitt se résigaer, bous le croyoBS; l'Horace et le Yifgile^ lé Racifî^ e« le Despréaux^ ces suprême^ et légithnes dfetatears qfêA eetâmanem et c^seMeàt né% griHide époqae littéraire^ manqtiereirt à ime ^MMfctê brittâBte,^ hmôs diffuse^ maâe afiar6kic[ue poétiqaëoaent et déebœrattique de préteatien^ et de concessioo» saf* eé point eomme partout sôUeurs^ Une f(m qu'on es a pris son partie 00 retroate daës le détail de quoi se distraire et se consoler, k défauft d'an grand ^ele qvi é&mandë atânt toat l'établâeseiBëiit^ la grâdsfti^]» et l'harmeffiôedans Kc^iseffîble^ ob est me fort belle ^eeè ^éeonéâfre^ âne sj^iritaN&lle et chac^ entreprise ^ès^ va#ié6i t^ë^^sfôlée^ très^infa^gaMe^ tm eealp de màm, au moins anmsaiit, dans tons tes sfmé. Les tal^sis mt^ tecrt n'en! làmis été jkm noÉibremi c'est tnt de^r dis la critique de èb pas se lasser ài les eempter^ et d'eu tiarét àwé sdn et ^aisir tOot ee qui s'y distffl^im et qai Vtm détâthe...
Romantisme, humanitarisme, ce sont là des formes de passions et comme de maladies, que les jeunes talents doivent presque nécessairement traverser; ils deviennent d'autant plus mûrs qu'ils s'en dégagent plus complètement. On ne passe point indifféremment sans doute par ces divers. systèmes, on en garde des impressions, des teintes, un pli; mais enfin Ton en sort, quand on a un talent capable de maturité. Ce qui est bon à rappeler, c'est qu'on n'en sort jamais, après tout, qu'avec le fonds d'enjeu qu'on y a apporté, je veux dire avec le talent propre et personnel : le reste était déclamation, appareil d'école, attirail facile à prendre, et que le dernier venu, eût-il moins de talent, portera plus haut en renchérissant sur tous les autres.
La plus sûre manière de sortir du raisonnement systématique et de la fougue esthétique est de faire, de s'appliquer à une œuvre particulière; on y entre avec le système qu'on veut vérifier et illustrer; mais, si l'on a quelque talent propre, oftginal, ce talent se dégage bientôt à l'œuvre, et, avant la fin, il marche tout seul, il a triomphé. L'imagination et la sensibilité, quand on îes possède, ont vite reconnu leurs traces, et la vraie çoétique est trouvée.