‹ Portraits du grand siècleChapitre 108 sur 115 · Mémoires de Jtf'"« de Motteville · texte numérisé non relu

Mémoires de Jtf'"« de Motteville

U. Gallia christiana, et lottre de Mgr Tévêque de Bayeux.

3. Les Statuts synodaux de nosseigneurs François Rouxet de Medavy, Philippes Cospeau^et Léonor de Matignon, evesques et comtes de Lisieux, imprimes par le commandement de mondit seigneur de Matignon, à présent séant. — Caen, Pierre Voisio, mdcui, in-12.

trouve, de Cospeau, une ordonnance du l*' février 1640, sur la résidence des curés du diocèse; il ne pouvait qu'exiger l'observation d'une règle qu'il avait peut-être trop négligée lui-même; au synode de juin 1642, il rédigea et publia de nouvelles ordonnances qui furent suivies d'une lettre où, c sur la remontrance que plusieurs de nos curez nous auroient faites par plusieurs fois de la trop grande multitude des cas reservez, » le nombre en avait été beaucoup réduit.

Nous sommes conduits, par ces derniers actes, jusqu'à la mort de Gospeau; il s'éteignit au château des Loges, à l'âge de soixante-quinze ans, le 8 mai 1646.

Nous empruntons à René Le Mée quelques détails intéressants sur les derniers moments de l'illustre prélat :

t Un médecin l'ayant averty qu'il aprochoit de sa fin, après l'en avoir remercié, il se mit promptement en deuoir de pratiquer trois grandes actions d'humilité pour se préparer à la mort. La première fut d'adorer l'obéissance que le Sauveur auoit rendue à son père jusqu'à la consommation de la croix... La seconde, fut de s'vnir à J.-C. pour reuerer avec luy la divine justice... La troisième fut de s'offrir auec larmes et soupirs à ce pitoyable rédempteur...

» Ce grand prélat sçavoit le secret de vivre dans le monde sans estre du monde : car longtemps auparauant que d'estre arrivé au terme de la vieillesse, il auoit pris congé de tous les emplois qui ne regasdoient point son salut ou celuy du prochain : il n'estoit en terre que comme

le lis qui se semé par ses propres larmes ; il y estoit comme l'oyseau du Paradis, qui passe sans s'y arresler.

» Finalement, après auoir attaché ses yeux et son cœur au ciel, il prononça cette prière de saint Estienne : Domine JesUy accipe spiritummeurriy puis il expira, comme un antre Moyse, sur la bouche do Dieu, entre les bras du Seigneur, et acheua par ce pieux moment la course de soixante et quinze années sur la terre, pour aller commencer l'Eternité dans le ciel.

> Ainsi mourut le grand Gospeau, dont le nom, pendant sa vie, auoit esté celuy de la vertu ; sa personne, le centre du mérite; sa vie, le Iheatre de la sainctelé; ses actions, des exemples de la vraye sagesse ; son esprit, le trésor des grâces diuines et humaines; son cœur, vne source de générosité ; toutes ses paroles, des instructions de pieté et d'honneur; et sa mort, vne excellente leçon à tous les hommes pour leur apprendre à mourir. »

Ses dernières paroles ont été commentées par David de La Vigne, dansTinsupportable fatras d'un livret de 49 pag. in-4^, intitulé : « Le Miroir de la bonne mort^ ou Méthode de bien mourir, tirée des dernières paroles de l'éoêque de Li~ sieuXy Philippe de CospeaUj dressée en forme (Toraison funèbre, par le P. David de La Vigne, de Tordre des Frères mineurs, qui l'assista à sa mort. » — Paris, Leduc, 16il. — Dédié à la Reine.

Ce livre, qui a la prétention d*être « dressé en forme d'oraison funèbre, » n'est en réalité qu'une exhortation A la mort, surchargée de citations de l'Ecriture sainte, et où l'on chercherait vainement quelques traits de la vie publique ou privée du saint évéque. On trouve quelques

rares détails dans le livre que nous avons cité de René Le Mée, c le Prélat accomply^; • mais ils sont noyés dans cinq parties, véritables sermons, où l'auteur examine longuement ce que doit être un évoque, et ce qu'était Cospeau. Le premier livre traite de la sainteté, le second de la charité, le suivant de la prudence, le quatrième de la

1. Voici le titre exact de ce rare volume : Le prélat accom^l^ représenté en la personne d'illvstrissime seigneur PhiUppe Cospeau, esvesque et comte de lisieux. Dédié à nosseigneurs les Prélats de rassemblée générale du clergé de France, par le commandement de ires auguste et ires religieuse princesse M** de Fonteuraolt— A Saumvr. Jean Lesnler, mdgxlyii. — 1 vol. in-4«. — Portrait (Bibl, Sainte-Geneviève, H, 2135.)

La dédicace au clergé et TépUre sont suivis de cinq sonnets, dont le dernier est un anagramme, d'un quatrain (anagramme), de stances et d'épigrammes.

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