Ibid., t. II, p
le peuple. Ici encore nous avons à signaler certaines mesures que notre délicatesse moderne repousserait, oa dont l'arbitraire ne trouverait plus son excuse, même dans les meilleures intentions. Quand on voit, par exemple^ le Roi arrêter le cours de la justice, faire cesser les recherches contre les malversations des financiers, leur promettre grâce et sûreté pour leur personne et les remettre en possession de tous leurs biens saisis, à condition qu'ils lui fournissent une somme de vingt-cioq raillions dont il avait besoin ^ ; quand on le voit, soit dans l'intérêt de ses propres affaires, soit pour la facilité des gens de guerre qui se voudraient équiper, porter des édits sur la diminution des espèces et ensuite pour la réduction de l'intérêt, — sans parler de la suppression d'un quartier (ou trimestre) qu'il fit subir aux rentiers,— on ne peut le féliciter sur les moyens employés pour mettre en meilleur état les finances de la France.
Heureusement les lois de la morale, d'accord en cela avec une saine politique, n'étaient pas toujours aussi ouvertement violées. Ainsi, après avoir racheté les aides, qui avaient été aliénées à vil prix, il les réunit à la ferme générale des aides, de même que la perception des entrées de Paris; il savait que la multiplicité des fer* miers entraînait une multiplicité de dépenses, et voulait éviter cet inconvénient : il porta ainsi à douze millions de revenus ce qui n'en produisait que huit*, exigea le payement par douzièmes, ce qui permit de faire face