‹ Portraits du grand siècleChapitre 74 sur 115 · Ibid.. t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid.. t. I, p

Ce dernier pays, la Hollande, il est censé le soutenir dans sa guerre contre TAngleterre. Cependant que fait-il pour les Hollandais? Tantôt une cause, tantôt une autre, empêchent toujours sa flotte de se joindre à celle des Etats en temps utile pour combattre avec elle. Mais que celle-ci ait sans nous une affaire, il s'en désole et crie à l'imprudence; qu'elle triomphe il ne peut s'en consoler : la victoire n'est honorable qu'autant qu'elle est gagnée dans les règles; or est-ce vaincre dans les règles que de n'attendre pas, pour gagner une bataille, un allié qui tarde à venir prendre sa part de gloire?

Les Portugais sont, comme les Hollandais, les alliés de la France; il est de notre intérêt de les empêcher de se tourner du côté de rEs])agne. Comment faire pour se conserver sans danger et sans frais leur amitié? Un agent ténébreux est envoyé au Portugal. Une négociation était eng^agée et déjà fort avancée entre cette couronne et celle d'EIspagne ; pour la rompre, Louis fait espérer aux Portugais, outre des secours qui seraient fournis sous le nom de Turenne, de se mettre bientôt en état de les seconder ouvertement. Celte utile proposition, le Portugal l'accepte avec enthousiasme; il presse l'exécution des royales promesses : mais Louis, ne trouvant pas les choses disposées à leur donner sitôt satisfaction, travailloit de jour en jour à les entretenir d'espérances, sans vouloir rompre avec le temps les mesures qu'il avoit prises*. »

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