‹ Portraits du grand siècleChapitre 75 sur 115 · Afem., 1. 1, p · texte numérisé non relu

Afem., 1. 1, p

On le voit par tout ce qui précède, Louis XIV est, en politique, de cette détestable école pour qui la fin justifie toujours les moyens. C'est surtout quand il s'agit de sa haine pour l'Espagne qu'il est particulièrement mal inspiré; la trahison lui semble adresse, et Ton sent sous sa phrase, quand il raconte ses habiletés, le majestueux sourire avec lequel il les dictait. Ecoutez le récit qu'il fait de certains incidents de ses relations avec cette puissance :

« A regard des Espagnols, je les entrelenois par la proposition d'un nouveau traité de commerce; et, sachant qu'il se traitoit une ligue offensive entre eux et les Ânglois, je m'avisai, pour en retarder l'effet, d'offrir au Roi Catholique d'en faire une pareille avec lui, et même d'y comprendre le Roi de Portugal, que les Angiois n'y pouvoient comprendre. A laquelle proposition les Espagnols furtni assez simples pour s'arrêter assez longtemps^ •

Les Mémoires parlent ensuite des outrages faits aux Français dans les Pays-Bas, et dont le gouverneur espagnol, Castel Rodrigo, refusait de leur faire donner répation : « Je n'eu témoignai aucun ressentiment; mais je ne fus pas fâché que l'on volât aussi quelques courriers espagnols qui passoient ici pour aller en Flandre. Néanmoins, lorsqu'on faisoit cette espèce de représailles, je ne laissois pas de commander à mes officiers qu'ils procédassent contre les voleurs suivant les lois ordinaires; mais, ajoute plaisamment le Roi, comme ils n'étoient

Page 1