LES ÉCRITS DE REYNOLDS
phie, de psychologie ou do morale. Il ne parle que peinture. Tout ce qu'il expose a trait h la j)einliire. Mais il a, sans sortir des ternies de son sujet, une manière de le généraliser, de l'aérer, ((ui porte la plus trrande marque inlellecluelle cl fuit de ses ouvrages littéraires la lecture la plus prolitable, non seulement pour les peintres, mais pour tous les hommes cultivés. Ils n'olTrent certes pas l'agrément des Maîtres (/\ititn'/ois de Fromentin. Ce sont des traités, des leçons. Nous avons alTaire à un maitr»'. ;• un professeur qui explique son expérience et ses principes. Heynolds est d'ailleurs, agrément à part, un esprit plus profond, plus largement nourri que Fromentin et qui a un sens plus haut de l'art. Ses écrits procurent la même qualité de plaisir que la Hhé(or{(juc d'Arislole.
Ils consistent principalement en quinze Discours sur 1(1 Pcinturi\ prononcés de ijliç) h 1790, à l'occasion de la distribution annuelle des récompenses aux élèves de l'Académie de Londres. Dimier y a joint quatre Lettres à un flâneur^ sur le même sujet, et de nombreuses notes et descriptions analytiques de tableaux et de monuments rapportées par Reynolds de ses voyages.
Ce qu'il y a d'admirable dans Reynolds, c'est le mélange de dogmatisme et de souplesse. Il a une doctrine, singulièrement ferme et déterminée, dont l'idée dominante est qu'il existe en peinture plusieurs genres de beauté définis par des caractères très nets, et non seulement distincts, mais inégaux entre eux. Il établit et justifie la hiérarchi'e de ces genres. Et, sans doute, va-t-on le prendre pour le plus buté des hommes à système, des aveugles par système, quand j'aurai dit que dans cette classification hiérar- . chique, dont l'école romaine tout d'abord, avec Michel-Ange et Raphaël, puis l'école de Florence et celle de Bologne occupent le sommet, l'école vénitienne et l'école flamande viennent au second rang, l'école hollandaise ne tenant que le troisième. D'où il résulte que, d'après les principes de Reynolds, Rembrandt ou Rubens ne seraient pas les égaux de Raphaël, de Vinci, ni même de Garrache, et, parfaits peut-être dans leur genre, dans le genre de leur école, ne pourraient cependant être comparés aux grands Italiens, à cause de l'infériorité essentielle de ce genre. Voilà un jugement qui me paraît devoir