‹ Portraits et dossiers parlementaires du premier parlement de QuébecChapitre 65 sur 96 · M. F. G. MARCHAND. DÉPUTÉ DE ST. JEAN · texte numérisé non relu

M. F. G. MARCHAND. DÉPUTÉ DE ST. JEAN

Lieutenant dans l'opposition et colonel dans la milice. Modeste à - comme tous ceux qui savent beaucoup ; les honneur le recherchent, et ses concitoyens l'accablent du poids de leurs suffrages : marguillier, juge de paix, commissaire d'école, conseiller municipal, colonel, il trouve encore le loisir d'être avec cela, notaire, député, journaliste et père d'une famille patriarchale.

Grand, mince, élancé, le député de St. Jean a l'envergure d'un officier de cuirassiers, les manières affables d'un notaire. l'impassibilité d'un juge et l'esprit d'un homme de 1er physionomie respire la

bonté, et de sa personne se dégage comme un courant d'irrésistible sympathie. C'est, dans toute la bonne acception du mot, ce que les habitants appellent, un vrai Monsieur.

En chambre, le député de St. Jean îcond de M. Joly : lorsque

celui-ci s'absente. M. Marchand le remplace et dirige les manœuvres de la petite phalange oppositionniste. Tactique, stratégie, sont exactement celles du chef : mesurées, dignes, polies : le maître et 1 feront école.

A monsieur Marchand revient l'honneur d'avoir jeté au milieu de ses adversaires surpris les deux mesures les plus radicales de ce Parlement : le bill contre le double mandat dans la mémorable séance du 23 janvier. Lécembre 1869-70, un amendement

proposant l'abolition de l'indemnité parlementaire.

Cette dernière mesure fut la conséquence d'un procédé parlementaire pur et simple, et non l'effet direct de la volonté du membre pour St. Jean.

st aussi M. Marchand que cinq mille Canadiens fixés aux Etats- Unis, choisirent comme leur interprète pour demander des secours afin de revenir au pa

iéputé de St. Jean ne possède pas les qualités de l'orateur, le tempérament fait défaut ; mais son application à suivre les déba parfaite conaissance des sujets qu'il traite compensent l'absence d'un mérite parfois plus brillant que solide. Quelque peu gêné, dès la première session, Il Marchand reparut à la seconde sans rien éprouver de son ancien embarras, et, aujourd'hui, il pourrait tenir tête à^M. Carter.

Parfait notaire, député plein de zèle, M. Marchand est en outre un de nos meilleurs journalistes : il rédige le Franco Canadien et minute un contrat entre deux articles politiques. Lors de la dernière invasion fénienne, le député-colonel s'est particulièrement distingué. A la tête d'une brigade composée de détachements de trois armes, artillerie, cavalerie, infanterie, il fit une marche de nuit remarquable, mais ne put rencontrer Tennemiqui avait jugé prudent de décamper dans le même temps.

Le député de St. Jean a parcouru une partie de l'Europe et visité la France en véritable artiste, allant aux œuvres d'art et aux beaux sites.

Nature excellente, esprit cultivé, patriote intelligent, il ne désire rien, pouvant prétendre à tout. On assure que ses électeurs, plus dévoués que logiques, veulent absolument faire siéger aux deux Chambres l'au leur du Mil contre le double mandat.

La vertu sera donc toujours persécutée ! !

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