‹ Portraits et dossiers parlementaires du premier Parlement de Québec [microforme]Chapitre 4 sur 104 · DES · texte numérisé non relu

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Appartenant à une de cs anciennes familles canadiennes dont l’arrivée dans la rolonie remonte à 1650, M. J. O. Beaubien naquit à Nicolet et tit ses. études dans cette institution réputée. Par ses rapports intimes avec les diverses branches des connaissances humaines, la médecine attira la raison précoce et l'esprit sérieux du futur Commissaire des Terres de la Couronne. Son cours achevé, l'Hon. M. Beaubien s'établit à Ste. Elizabeth, exerça son art avec succès, puis, vint, plus tard, se fixer à St. Thomas, où il réside actuellement. Loin de lui faire négliger l'étude des questions économiques, sa profession le mit à même de connaître les besoins et les ressources du pays. C’est à son goût pour l’agriculture, à son désir d'aider les classes agricoles, qu'est dû l’établissement d’une fabrique de charrues à la Rivière du Loup. Grâce à sa manufacture, le docteur-agronome put livrer aux habitants, à des prix fort réduits, le principal instrument de l'amélioration des terres. Ses courses professionnelles, ses rapports avec toutes les classes de nos campagnes, la part active qu’il prit aux opérations des sociétés d’agriculture, en firent un connaisseur si pratique, si entendu, que les électeurs du district de Montmagny, après lui avoir confié le mandat £e député pendant dix ans, le renvoyaient aux Communes par acclamation aux dernières élections générales.

L'Hon. Commissaire des Terres de la Couronne est lieut col. du 6le bataillon de la milice de Montmagny et de l’Islet.

Parmi les mesures principales de son Département, l’Acte concernant la vente et l'Administration des Terres Publiques, compte au nombre des plus importantes adoptées par la Législature.

C'est toute une organisation économique, judicieuse, complète, Dixsept agences nouvelles ont été créées dans la Province ; et, «’ cse merveilleuse, grâce à de nouveaux réglements, la vente des limites à bois, qui, pour l’année 1866, donnait seulement un revenu de 8139,000, a produit, pour les douze mois de l’année 1870, le chiffre éloquent de $408,000.

Il a fallu, pour atteindre cet heureux résultat, la sagacité et la fermeté de l’'Hon: M. Beaubien, qui avait à lutter contre une classe de commerçants riches et influents, peu désireux de modifications préjudiciables à leurs intérêts. Les réglements n'ont rien d’arbitraire, ils ne sont que l'expression de la différence de valeur des produits foresrestiers, différence engendrée par la demande et le renchérissement de ces produits sur les marchés étrangers.

Lorsque vous pénétrez dans la salle du Conseil Législatif, au moment d’une motion gouvernementale, si vous :percevez, à la droite de l'orateur, un homme, debout, à la tête un peu chauve, aux traits réguliers, dont la barbe noire légèrement frisée assombrit encore le teint du visage, qui, les mains croisées derrière le dos, parle lentement, d'une voix grave, timbrée, puis, les explications données, reprend son siége d’une façon aisée, naturelle, vous aurez vu et entendu un des membres importants du Conseil Exécutif, l’'Hon. M. J. O. Beaubien, Commissaire des Terres de la Couronne.

L'HON. CHARLES EUGENE BOUCHER DE BOUCHERVILLE, PRÉSIDENT DU CONSEIL LÉGISLATIF ET MEMBRE DE L'EXÉCUTIF DE LA PROVINCE DE QUÉBEC.

Si des galeries de la Chambre l’on se rend dans celles du Conseil Législatif, ce qui frappe tout d’abord c’est l'éclat des tentures écarlates, les flots de lumière qui s’épandent libren.ent dans l'enceinte, la gravité des Conseillers, la barbe vénérable de quelques uns d’entre eux ;

enfin le contraste saisissant entre l'air de jeunesse de l’ameublement,

des draperies de la salle et l’âge des honorables membres.

Dans ce lieu la discussion y est calme, les interruptions ignorées ; l'on sent que l'expérience a RE la passion et que le cœur a abdiqué en faveur de la raison. L’Hon. Ministre qui préside ce corps et en dirige les débats, résume en sa personne les qualités nécessaires à l’exercice d'une charge aussi haute : prestige du nom, autorité du caractère, influence personnelle.

L'Hon. Charles Eugène Boucher de Boucherville se rattache par son aïeul, Pierre Boucher, Sieur de Grosbois, Gouverneur des Trois-Rivières et premier titulaire de la seigneurie de Boucherville, à une des plus anciennes et des plus illustres familles du pays. L'Hon. Président du Conseil est fls de feu l’Hon. Pierre Boucher de Boucherville, membre de l’ancien Conseil Législatif du Canada. Né à Boucherville, en 1820, l'Hon. membre pour la division Montarville, après avoir fait d'excellentes études au Collège de Montréal, se rendit en France, y suivit les cours de l’école de médecine et revint en Canada, ayant en poche son diplôme de docteur de la Faculté de Paris.

A son retour, fixé à Varennes, il se livra à la pratique de son art et acquit en peu de temps une réputation qui franchit les bornes de son comté. En 1861, l’'Hon. M. de Boucherville rentra dans la vie publique et s’en vint occuper, dans l’Assemblée Législative, jusqu’à la Confédération, le siége de représentant du comté de Chambly.

Déplaçant les conditions du pouvoir, engendrant un nouvel ordre de choses, l'acte d'union des Provinces Britanniques de l'Amérique du Nord, créait un autre équilibre politique. Chaque province, douée désormais d’une vie propre, devenait à la fois souveraine et dépendante. Maitresse chez elle, la Province de Québec ne partagerait plus avec une rivale les emplois et les fonctions; elle devait donc aussitôt trouver parmi les siens des hommes qui, outre les lumières et l’expé. rience, possédassent encore un crédit personnel assez considérable pour se faire accepter des partis et satisfaire l'opinion. L’Hon. M. de

oucherville réunissant c:s qualités fut appelé au fauteuil de la Présidence du Conseil Législatif, et dans le ministère de la Province, tout ensemble.

D'une taiile élevée, l’'Hon. Président du Conseil,drapé dans sa toge, a la noblesse d’attitude d’un homme de race ; ses cheveux noirs teintés d'argent, la blancheur mate du visage, ses traits réguliers et fins donnent à la tête une grande expression de dignité.

Homme politique convaincu, sincère, d’une irréprochable honnêteté,

aussi

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