‹ Portraits et dossiers parlementaires du premier Parlement de Québec [microforme]Chapitre 49 sur 104 · M. JOHN HEARN, DÉPUTÉ DE QUÉBEC OUEST · texte numérisé non relu

M. JOHN HEARN, DÉPUTÉ DE QUÉBEC OUEST

Grand, maigre,sec, l'extérieur froid, l'âme ardente ; un volcan sous la neige. La conformation de ses yeux lui permettant de voir à la fois deux objets placés à dés angles opposés, ses ennemis prétendent qu'il louche.

Le député de Québec Est unit la finesse normande à la ténacité bre tonne,

M. Hearn est un irlandais, qui, comme beaucoup de ses compatriotes, s'en vint pauvre d'argent, mais riche d'espérances, chercher fortune dans le nouveau monde. Sa bonne étoile le conduisit à Québec où il débuta tout petit commis. Rien ne prédispose à la fortüne comme le: commencements difficiles et les luttes livrées pour l'existence quoti. dienne. Si l’on résiste, le corps s’endurcit, le caractère se trempe, l'es. prit se fortifie et l'intelligence, comme un ressort comprimé, croit en force sous l'obstacle.

Une fois à la besogne, l'application, la vive intelligence, et l’activité du nouveau venu furent remarquées ; bientôt au courant des diverses spécialités du négoce de la maison, M. Hearn, de simple employé, de: vint patron à son tour, et, aujourd'hui, l’ancien commis tient sa place dans le monde des affaires.

Le positivisme des transactions commerciales n’a point tué chez M. Hearn le goût des choses de l'esprit, ni cette fraicheur d'imagination particulière à la race irlandaise.

Dans les rares loisirs du magasin, le jeune commis dévorait des uur

vrages sérieux, et lisait les chapitres entre deux expéditions de mar-È

chandises. Outre des connaissances variées, personne mieux que M. Hearn ne possède d’une façon aussi complète, l’histoire diplomatique et parlementaire de la Grande-Bretagne. Il vous parle de Burke, de Sheridan, de Fox, de Pitt, comme s’il avait vécu dans leur intimité, ou assisté aux séances orageuses du Parlement d’alors.

Le député de Québec Ouest parle rarement en chambre, mais il le fait avec une facilité d'expressions, une abondance d'images, où se ré vèle le fruit de ses étudessolitaires. L'acte concernant les amende. ments de l’acte de la corporation de Québec a absorbé toutes les forces et l'énergie de M. Hearn. IL a lutté avec une vaillance, une habileté dont on ne le soupçonnait pas. Si le triumvirat, proposé par ‘ l’Association des “citoyens,” ne gouverne point aujourd'hui la ville de Champlain, on le doit à l’opiniâtre défense de M. Hearn, élu pour première fois par acclamation en 1867.

C'est l’âme du Conseil de la Corporation de Québec.

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