LE % LES
tes
vail d'ennoblissement, dont le reste, en.
core inédit, est cependant trop connu.
On a essayé :, d’Airvault. . . , et les vers faits à la Rivière Ouelle étaient datés du Manoir d’Airvault. On a montré aux amis un certain blason ; on l’a même encadré et suspendu dans le cabinet de travail du littérateur, à côté"du-portrait de mon pére
qui lui dit : se
Einbrasse, mon enfant, -l6 portrait de ton père Pour ê‘re comme lui digne de les ayeux.
Bref, tout cela "$e".serait déjà, traduit par une notice colffmuniquée au Zivre d'Or de la Noblessé, si les pages de ce livre souffraient tout, comme les papiers. . Ce cher Livre d'Or l:il.chatoie si agréablement la vue ! On'érait si heureux d'y lire cette page. . . . à peu près comme où l'a rêvée : cs | Re
‘. Casgrain d'AffVault—originaires de Vendée-—Fief de Ja. Rivière Ouelle et de l’Islet—Manoir dAitvault— Alliés à la noble famille des Letellier de St. Just.
‘ Les d’Airvault portent de gueule avec gerbe et flamberge d’or; ils ont la fière devise : au champ labeur, au camp valeur !” |
Hélas ! cette page d’or, tant convoilée,
n’existera probablement jamais. Car,
avant de consentir à, son insertion au livre de la noblesse on y regardera à deux fois, on fera des recherches, on fouillera le greffe de Québec, et, dans les Régistres des baptêmes, mariages et sépultures des
paroisses de Québec. et.de Beaumont, on trouvera divers actes. authentiques constatant que Jean Casgraïn était fraiteur à la Basse-ville, c’est-à-dire prég rait etservait à manger et à borre aux voyageurs etaux viveurs de ee: temps-là, et qu’il épousa,à Québec,une Demoiselle Duches.
ne dite LeRoide, fille André Duchesne dit LeRoïde, de la nation des Pawnis.
Ces actes. établirontque Jean Casgrain n’était pas originaire de“ Vendée, mais de l'ancienne ‘petite Province d’'Aunis, et qu'au lieu d'être seïgpnt à la tête des troupes il était tout bonnement cuisinier à la tête de ses plats ; que s'il a fait couler le sang ce ne peut,.gière être que celui de la volaillé, et que ses blessures, — s’il en avait—étaient. ‘probablement des brûlures. . ."-."
Donc, si le Jean-Baptiste Casgrain, Vendéen, né à Airvault; le Casgrain sergent qui Combattaït à la tête des troupes de France et de Navarre ; le Casgrain pourfendeur et mangeur de Turcs, le nasicobole, riinus-cheville, balafré et calabr'é,
si ce Casgrain a existé—ce que. personne ne voudra croiré,—ce.ne peutêtre Jean Casgrain le. cuisinier, qui en l’an de grâce 1750, tournait des, crêpes dans sa gargotte de la Basse-Ville et: menait à l'autel mademoiselle LeRoide, de la nation des Pawnis. Corps à |
Remarquez bien que je ne méprise pas les Pawnis, ñon plus qu'aucune autre tribu sauvage. ‘J’e:… fais au contraire grand cas, et l’on me dirait que j'ai du sang indien dans les veines que je n’en . serais pas du tout humilié. Tout ce que
je veux établir, c'est que M. labbé ne descend pas en droite ligne des Montmorency ou des Caniac dé Périgord.
En fait de généalogie, je dis comme le grand poête de la Grèce, Homère : “ A quoi bon questionner sur la race ?. Telle est la génération des feuilles dans. les forêts, telle aussi celle des mortels. Parmi les feuilles, le vent verse les unes à ‘erre, et la forêt verdoyante fait pousser les autres sitôt que revient la saison.du “-wèl temps : c’est ainsi que les races des hom-
mes tantôt fleurissent et tantôt finissènt."
Done, mon cher abbé, veuillez m'en croire, laissez de côté tous ces travaux généalogiques. Que votre bisaïeul soit Casgrain le balafré, ou Casgrain. le ven:
—#hi
deur de saucisses, il importe peu. Les gens d'esprit ne vous en-estimeront ni plus ni moins, et cela n’ajoute ni ne retranche à votre mérite personnel, que
nous reconnaissons autant que vos meil-
leurs amis.
Vous avez très-bien dit, dans la biographie de M. Faribault : ‘il est une aris tocratie que l’on ne parviendra jamais à détruire: c’est celle de l’urbanité, de la politesse dés manières; de la dignité et de la noblesse des sentiments.” Cette aristocratie indestructible, vous la possédez ; qu’avez-vous besoin de faire tant de frais pour en acquérir une autre ?
* Ce dada qui vous tourmente est d’ailleurs, vous le savez, la faiblesse de plu.
sieurs, et le but de ces pages n’est pas
humilier, mais de corriger ceux qui en
sont possédés.
Après cela, ayez le caractère aristo-plébéien, si la chose vous va, et je n’y met.
trai pas d’obstacle, puisque cela ne nuit en rien à votre caractère sacré, qui est irréprochable. à
Fe Mit ANs