‹ Portraits et pastels littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 2 sur 11 · PAR DR · texte numérisé non relu

PAR DR

qu’elle grandira parce qu’elle est de bonne race. Elle est-fière et digne, et ce n’est pas elle qui voudrait se traîner dans la fange ou l’on voit éclore tant de romans et de vaudevilles français. Elle est profondément religieuse et sa voix n’insulte pas Dieu, ni la religion.

Je puis affirmer la chose sans restricton; car les insulteurs de la religion dans notre pays sont rares, et comme la pluspart ne savent pasla grammaire, ilne peut pas ètre question d’eux quand je parle de littérature. 4

Ce qui distingue notre littérature, c'est son amour du beau et du vrai. Le beau c’est le laid n’est pas sa devise. Elle est un arte n@8 pas. un:métiéts Nüôsécrivain$s ‘sat: à.péu dexcephons gs dés poètes et non desmachinistes. Nous n’avons pas pour les culs-de-jatte, les bossus, les courtisanes et toutes les autres laideùrs physiques et morales ce goût particulier que nourrissaient Victor Hugo, Eugène Sue, Paul Féval, Théophile Gau- thier et bien d’autres. LE NT

‘Elle possède le fond, il faut lui donner la forme. Or, son défaut capital, c'est de manquer d'étude. FRA

Elle n’a pas assez de connaissances, ot l'esprit de ses maîtres n’est pas suffisam.

FeUS VE

ment meublé. J'en connais qui phrasent très-bien, et qui n’ont aucune érudition.

Or, ceux-là pourront faire une bonne page, jemais un bon livre, is toute jeune qu'elle soit, la littéra-

ture canadienne est pleine de promesses, et-nous aurons droit d’en être . fiers, quand elle sera parvenue à maturité. En attendant, indiquons, lui ses défauts afin qu’elle les corrige, et les qualités qui lui manquent, afin qu'elle puisse les ac.

quérir. .. Hi

La critique est à l'ordre du jour et M.

l'abbé Casgrain en a posé les principes d'un ton magistral et sentencieux. Il veut qu'elle soit saine et vigoureuse, et qu'elle,ne ctaigne:pas:de mbtitrér.les AE fauts. À'coté des: béautés.véritables :

(Le temps est passé, s'écrie-til, des panégyriqués littéraires : .ces ménage- - ments, ces critiques à l’eau de rose qui “avaient leur utilité, qui étaient même f nécessaires il y a quelques. années, “ quand les lettres canadiennesen étaient ‘ à leur début, seraient fatales aujour- “hui. Ils n'auraient pour effet que St d'endormir nos hommes de lettres dans “ wne fausse sécurité, de les faire repo- “ser sur des lauriers éphémères trop fa.

cilement conquis : tandisqu’une vigou

‘“reuse critique qui signaléräit. brave:

«Crnèmt leurs faiblèsées Aussi bien que ‘ Jeûrs qualités, stimülerdit letir'ardeur) “ épurerait leur ‘goût, élargirait: leurs ‘idées, en éclaira t le Caron Tecteurs. |

ge24 DATE PAR Béurdudi ne: pas: dire teut ‘haut ce que'chacandit tout bâs? N'est:

il pas terbps de:séparer l'ivraie @u bon d. Brain, de distingüér Por du’chiquant ?

.4.1 .'uLetémps est venu; croyons:

‘! nous, à agir avec lberté, . d'apprécier ‘108 écrivains; : nori pas à leur: valéur ‘ relative; imaïis à teur valeur: 4bsôlue } ‘‘ non pas: entourés de circonstances ‘qui s + étaient pour : un eq “hais dans

Lisôlkrhent di l'avenie; alors qué Leurs V, æuyes Hauyanp pour se Soie” qué ‘‘ leurs propres fôrees. ”

Nous nous emparons de ces: doëtrines que naus croyons justes, etnous en! ferons application ‘aux œuvrés qu'il nous sera donné d'apprécier, à cellés de l'abbé Casgrain, comme aux autres.

On: verra qué nous serons plus fidèle à ces principes qu'il ne l'a été | lui-même.

Nous ne critiquerons pas pour le yplai:

sir de la chose, sans tenir comptedes lois de la vérité et dé la justice. Mais: nous ne biaiserons pas devant les’ ridicules

Dr Pau

dont se couvrent quelque fois des écri:

vains:très-bien doués d'ailleuts. Nous ferons l4& part du: talent avec toute Yim-

partialité qui doit distitguer!la-vraie cri-

tique, mais nous -n’Éublierons : pas! que l'écrivain a besoin : qu'on lui indiqué ses défauts, plutôt queses-qualités, qu'ilréussit toujours à découvrit lui-même...

Nous causernns ‘et nous-enseignerons.

. L’ensei nement seul-déviendrait ennu y-

eux, si l'on n’y mêl\t ün grain-de cause rie. : Aux talents qai méritent des-élo, 1 re et: des piqûres, nus distri buerons:

deux dans une .esure aussi équitable que possible. Pas de ‘aûsse réserve, pas a une sy TEA REY appellerons .w choses par feurs:'DOMms.. vinalgée>et (CA miel viendront L'un apiès Pamirc, “jamais.

mêlés. ‘C’est dire que‘nous d'appäitehüns pas à l'Opinion Publique, où ces deux breuvages vont toujours ensemble. .

‘Un: pseudonyme, M: Placide, Lér ine, s'estaussi essayé: dans-le € cel ittéraire:. Mais il: n'avait pas mème e de la chose et ses.silhouertes ne pr pas plus: de la critique que M. Fabre-n’est.un homme d'état.:ou: M. Dessaulles un théologien. Cépendan til ne manquait pas d’un certain. chic et:il aurait . réussi à amuser quelques lecteurs que nous n’en serions

; suce 8—

passurpris. . Mais un farceur, même sp:.

rituel, n'est pas ‘un bon critique, .et, commé nous en aurons bientôt des-preuves, ilrend quelquefois ridicules ceux qu’il voudrait combler d'éloges. :

C'est l’idée de‘bien des gens que-plusieurs des-heureux suhouettés ne sont autres que les silhouetteurs eux-mêmes.

Nous le croyons pour notre part, et.c'est

pourquoi nous donnerons à leur œuvre .

conjointe : plus ‘d'attention qu'elle: n’en mérite réellement, : Nous tenons à démontrer au comité des sihôuetteurs-silhouëttes qu'il y à souvent du danger à parler de soi-même, et que l’encensement réciproque ne réussit pas toujours. Qui . Grôif faire ane apothéos?e, lance quelquefRigEumpaye. 55 tt) tr Es

J À Lu e e

| Dépuis que j'ai annoncé mes YPortraits et Pastels, je reçois des lettres sans nombre‘et sans bornes. Députés, journalis-

tes, poètes, orateurs demandent à grands

eris des portraits de plein pied, et ils m'a. ‘dressent leurs autobiographies revues, corrigées etannotées. Un conseillermuhitipal et «un marguiller réclament la même faveur et affirment qu'ils se sont faite eux-mêmes et qu'ils sont parvenus ‘#ans intrigues à la haute position qu'ils

si Du Pr. © eccupent. Un député national (je crois et, que c'est. celui de Charlevoix) m'écrit : A: + je confesse volontiers que je ne suis pas ux un Adonis,; mais quand je m'anime à 4 + parler, je ne suis point laid, et ma voix Lu- n’est pas du tout désagréable.

nt 1 Messieurs, je reconnais vos mérites es. … et je suis bien fâché que tant de gens les St ignorent. Mais je vous avertis que je ne TE - pourrai pas vous satisfaire tous. .… on ! Je ne veux pas faire comme ce flagorlé- | neur de Placide Lépine, qui promettait Le leurs silhouettes à cinquante personnes, à 1 ‘sans excopter Buies, et: qui ne voulait nt * que 6e silhouetter lui même. Non, : non, ui pas de blague, s'il vous plaît, messieurs md ‘des littératonrs. :.Vpus.-n'êtes pas -5i.., nombreux, niéiillustres que:vonscroyerz: .

ht ‘Vous n'êtes pas trente, ni vingt, ni ‘dix; Hs et qui veut un portrait n'est peut-être pas M- digne d’un simple pastel. La vérité avant 1S- | tout ; nuda veritas, disait Lépine qui atant ds . menti à son épigraphe, et que je ne vrux a- È ‘Peso nc) 9h use u 2, “ D'ailleurs, je vous peins gratis ; vous u- . ‘L’aves pas le droit d'être exigeant. Si la ‘vous voulez absolument un portrait flat.

ni … 6, allez à l'Evénement et emportez une us bonne bourse ; moyennantfinances, vous 1S … ‘fores faire là tout ce que vous voudres. :

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.*. dacqué rip cêtie. viril qu est. Lapanage

L’ ABBÉ CASGRAIN,. si p Soi âme: a; quin C-ANBure | .

Le Coulieux du Môleuo. pi LL l

C'est à l'abbé Delille que Madame Le Coulteux du Moley appliquait ces paror les avec une vérité frappante. C’était'un éloge et une critique! éloge, parce qu'il est beau ‘d'être jeune et de: conserver longtemps la candeur et linnocencede ses quinze ans ; critique, parce qu’il vient ! st un: jour où il ést à: propos de vieulliret

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“Te Gris pouvoirs :sdné : hjüstice, ‘faire l'application des mêmes paroles au: litté.

rateur distingué qui fait l’abjet.de ce portrait : Son: âme! a quinze ans; : Ika-toute Ja candeur ; toute la naïveté et-tout:l:

tlousiasme de l’enfance. Le: moindre sentiment lexalte, une -chimère: le ‘passionne, unebelle figure de rhétorique le

jette dans une excitation fiévrense. :Ilse grise de vives images et de mots sonores.

On dirait qu’il se sent toujours des ailes, et qu'il n’est pas fait pour marcher sur la

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