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“ Aussi, quand la Fleur-des-Neiges con ‘temple lejeune Visage Pâle, le sou- ‘rire est-il sur ses lèvres etses yeux sont.
‘ ïls pleins de larmes de tendresse.
“La Fleur-des Neiges serait elié donc ‘aujourd'hui lasse de la vie de son ‘* enfant ? His 20"
” Ne ‘sait-elle pas que pour évoquer # celle que la jeune oreille du Mirage du ‘ Lac a entendue et que ses yeux ont ‘ vue, il suffit de prononcer son nom ? ” «" Est-cé ainsi que parle la nature ? Certaineméntnon. Vainementdira t-on que les sauvages parlaient un langage figuré :
ils y mettaient de la mesure, de l'àprope ‘et, beaucoup: moins de recherche.
ses phrases sont très. jolies d'ailleurs, et seraient peut-être tolérables dans un poëme-épique. Maïs le style de la légende doit être simple’ sans trivialité, élégant
sans-enflure. Quelque somptueuses qu'el-
les soient, les bouffissures sont toujours un défaut et la richesse du coloris ne rend pas l’enflure élégante. |
© M. Casgraïin se répète volontiers. Il a des mots qu’il affectionne : le turban des Laurentides, le turban des créneaux de Québec, etc., etc. Dans la Jongleuse, il dira que son héros avait des musoles d'une force peu commune et des bras d'une lon-
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gueur démesurée, et qte son habileté extra-
ordinaire à conduire un canot bui avait
fait donner le surnom de Canotier. : Et,
plus loin, dans la mème légende, il répé.
era sans paraître s'en apercevoir : que la nature avait doué son héros d’une force musculaire exceptionnelle et avait dévelo»pé ses deux longs bras d’une manière démesurée, et que son habileté à ronduire un canot lui avait valu le surnom de canotier.
Je pourrais multiplier les citations.
Mais il me semble qu'il y en a assez pour démontrer en quoi le style des Légendes est défectueux. Ce qui lui manque surtout, c’est la simplicité, la précision, le naturel et le goût. A chaque ligne on sent le travail, et un travail pénible, C'est forcé, exagéré, hérissé de chevilles, chargé d’enluminures. Chez un prêtre,
surtout, on s'attend à plus de sobriété
dans le style, à moins de caquet et à moins de passion pour la métaphore.
Malgré ces défauts, il y a dans les Lé:-
gendes de bien belles pages, toutes cise-
lées avec un art infini, et ce serait un beau livre s’il était réduit de moitié. Si J'avaï, le goût excessif de leur auteur pour la métaphore, je résumerais mon ugement sur les Légendes en les appeant des dentelles de sons et des spirales de mots sonores.
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tions.
; pour Jendes -SUron, le ne on nible, illes, rêtre, brié té . et à
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s Lé- Ciseit un é. Si uteur mon
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M. l'abbé Casgrain est poète. Mais il l'est plus en prose qu’en vers etles Mieties sont le moins poétique de ses ouvrages.
La’ versification le gène et tue chez lui la poésie, qui dans sa prose, coule à pleins bords.
Les Micttes sont un petit recueil de vers dont il a fait une édition soit-disant insime. Le Manoir et le Portrait de mon père en sont les meilleures pièces. En voici qu elques strophes réellement belles :
Vieux manoir où vécut tant d’heureux jours mon Séjour béni, — [père ; Où je retrouve encore et ma sœur et ma mére, Couple chéri ; Redis-moi du passé la douce souvenamee :
L'éclat vermeil : | De l'aurore où brilla de ma première ins Le beau soleil.
Il est là, on son câdre, au vieux mûr suspendu, Le front large et pensif, l'air calme mais austère, Le regard plein de feu dans l’espace perdu :
Toujours je l’ai vu jà ce portra it de mon père
Quand } ombre de la nuit descend surle manoir Que tout devient obscur au salon solitaire,
Un rayon toujours brille et parait se mouvoir C'est l'œil étincelant du portrait de mon père.
Les Mieltes ne contiennent pas assez de
Le QU ie
ces beaux vers. Après le Portrait de mon père, vient une espèce d'épi‘re ‘ À: ma sœur ” qui me parait faible et prétentieuse, Elle n'est pas dans le style propre de l’épitré. Elle manqüe de goût et d’une certaine délicatesse de sentiment quiaurait dù voiler davantage cette peinture un peu:.... beaucoupintime ; je souligne quelques mots. ; LR
“ Quand je te vois, ma sœur, réveuse à ta fenêtre Laissant flotter au gré de Ja brise du soir Tes blonds cheveux épars sur ton corsage noir Songer à l'avenir, cet étrange peut-être Qüi chaque heure du jour se.dresse devant toi, Tantôt plein d’allégresse et tantôt plein d'effroi Je cherche alors à lireau fünd de ta pensée Quelle empreinte l'espoir ou la crainte a laissée. Saras-tu grande dame, en un salon doré, D'allégresse et de fleurs le front toujours paré ; Assise à des banquets au milieu de convives Etincelant de soie-et de perles massives ; Où, joyeuse, en{raînée au bras d'un cavalier, Aux épauleltes'd'ôr, aux dperons d'acier, Tournoyant dans:-le bal, plus belle que la rose Sous les tièdes rayons du printemps fraiche éclose? Puis, lasse, retirée au-fand de ton boudorr,. Après avoir joui de tes succès du soir, Et Dormaänt sur des divans où de pourpre où dé soie Et n’ouvrant tes rideaux qu'aux räyons de la joie ? Vis-tu b'iller l'éclat de la fleur d'oranger Que pose sur ton front quelque jeune étranger, (1) (1) Je constate avec plaisir que le mot jeune a
été substitué au mot noble, qui se trouvait dans la pièce, lors de sa première publication.
rait demon ve “4; ma prétentieute propre de üt et d'une ent Qui aue peinture je souligne
e à ta fenêtre u soir
orsage noir être
devant toi, plein d'effroi L pensée
nie a laissée.
loré, ours paré ; onvives
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4 SEM En 4 re OÙ de soie ns de la joie ?
anger FR tranger, (1) mot jeune a ivait dans la
Dont la voix sympathique, au fond de ta pensée Fait résonner lout bas le nom de fiancée :
Et marchent aux rayons de la lune de miel, Le cœur tout palpitant te conduit à l’autel ?
», Le Canotier, sauf quelques vers, est:em.
preint. de naturel et de grâce, et bien supérieur. au, Coureur des: Bois dont.quel-.
ques quatrains rappellent. la manière de À, Marsais. 1: 1 1. He Quelques autres poésies, contenant de belles descriptions et un charmant récit, en prose, d’une visite au Cayla complètent le "petit volume des Mieites, qui,.en
définitive, démontre que l'abbé Casgrain manie mieux la prose que les vers:
Après la publication des Miettes, il circula dans le public un couplet de chanson dont voici le refrain 5...
. : D n’fait plus que des miélles, Es Maluron Malurette ; |
. 1 n’fait plus que des miellés, Maluron Maluré. ve ;
L'abbé en:fut. vexé;,.et. pour mettre fin à l’épigramme, il publia le poème de Chilon. Pour mieux prouver.-que..cela nétaitpas une miette, il le fit imprimer en; gros Caractères sur; du papier.très épais, afin, d'en. former un. volume: 1e.
heureusemént,: l'incendie fe la, maison, Brousseau réduisit Chilon en miettes—}e
veux dire-en cendres. -
SU
Je crois avoir dit que l'abbé Casgrain ne vieillit pas. , Il ne faudrait pas en conclure qu'il ne progresse pas—ce qui n'est pas la même chose. On ne peut nier qu'il a fait un grand pas depuis les Légen-
des, en substituant les études historiques
à la littérature légère. pe
Ses Biographies et l'Histoire de la Mere de FIncarnation lui assurent un rang distingué parmi nos historiens. El a {a passion de l'étude et c'est une jouissance pour lui de consacrer ses loisirs et ses veilles aux recherches historiques et archéologiques. Or, il sait mettre à profit les travaux qu'il s’impose—on lui reproche même d'accaparer quelquefois ceux des autres,—nul doute, par conséquent, qu'il ne possède la science nécessaire à l'historien. La question est de savoir s’il a les autres qualités qu'il faut possé-
der pour bién écrire l’histoire et parti-
culièrement les viesdes saints.
‘J'ai devant moi l'Histoire de la Mère de
PIncarnätion ‘et je dois avouer que je me sens ur peu émbafrdässé en présence de ce volume. Jé comprends. que ce n'est plus un ouvrage d'imagination comme es Légendes. Il s’agit d’une œuvré sérieu-
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4 — 81 — … se, entreprise dans un noble but, et condujte avec courage, science et labeur.
. Et cependant, le dirai-je ? cet ouvrage .. ne me satisfait pas entièrement. J'aime - … les vies des saints et jelis celles qui sont … bien faites avec le même intérêt qu'un roman. de les parcours avec joie et avi.
dité, et il y a telles histoires donc je ne puis interrompre la lecture sans chagrin.
Je citerai comme modèles l'Histoire de … sainte Chantal et celle de sainte Monique … de l'abbé Bongaud, que je viens de lire.
… Quels chefs-d'oeuvre ! Et qu'il fait. bon * de se sentir catholique et français, lorsqu’il nous est donné de lire ces beaux … ouvrages ! On les savoure avec bonheur, . et malgré toutes les beautés du style, qui est admirable, c’est encore une fête du cœur, plutôt qu’une fête de l'esprit.
Tout lecteur qui lira ces livres se sentira … meilleur et attiré vers la vertu par une … force invisible.
… Comment se fait-il que l'Histoire de la … Mère de l'Incarnation ne produise pas la - même impression sur moi ? Comment . se fait-il que je puisse parcourir tout ce : gros volume sans verser une seule de ces larmes douces qui sont les applau- . dissements du cœur? Telle est. la question que je me pose et'à laquelle je vaudrais répondre.
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I me semble que la conception du plan laisse à désirer, qu'il y a deslacunes à combler, des points obscurs àä‘éclairéir.
‘Le'sujet était magnifique dans son::ensemble, très-varié dans les détails, rem pli dé faits intéressants. Comme sainte Chantal, la bienheureuse Marie de l’Incarhätion a d’abord vécu dans le monde.
Elle a été épouse ‘et mère avant ‘de se corisacrer à Jésus-Christ. Une partie de sa vie s’est écoulée dans l’ancien monde, et, bientôt, obéissant aux inspirations de la divine Providence et possédée du zèle apostoliqu®, elle traverse les mers, et vient finir ses jours dans uni pays sauva:ge, après avoir accompli toutes les œu:
vres mérveilleuses pour lesquelles Dieu l'avait suscitée. : N'1a9.#150 Certes, il ÿ a bien peu de saints dont la vié soit si belle à raconter, et, malheurétisement, je crois avec sincérité, malgré les mérites de l'ouvrage que j'apprécie en ce moment, que la vraie Histoire
+ la Mère de lIncarnation est encore à fluo) À loft ile Hojesozqent can
‘On trouvera: peut être’ ce: jugemènt sévère, ‘et, cepéndänt; je suis convainew.
qu'en y regardant de ‘près onfiniræ par:
Favéepter. ‘Qu'on frelise’atientivement cet ouvrage, sans parti pris d'admirer; et
Ph: