Melibæ@e, deus nobis hæc olia fecit
Lé traitement de M. Marmette a été récemment augmenté, me dit-on ; si, à présent, on diminuait sa besogne? L'idée est lumineuse. Ce°ne sorait certainement point l'abbé qui s'en plaindrait. Cet affreux gouvernement commencerait enfin à montrer:du bon sens : il lui fourrirait, ps pri , see à un: secrétaire ie
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“Laissons-1à M. Placide Lépine, et sés: balivernes, et disons franchement ce que nous pensons du romancier canadien. | a € M: A. B. Routhier, dans ses Causeriés du Dimanche, a faït une apptréciation bien longue et bien indulgente de François de Bienville. C'est un peu ce que Pabbé Casgrain appelleraït de la critique à l'eau de rose.
: Néanmoins, il a indiqué dans le style de M. Marmette quelques. défauts qu'il a appelés légers èt que je trouve passablément graves : C'est l'abus des figures et l’exagération des couleurs. SN me vd ‘Il est certain que €ces défauts se rencontrent dans ‘un grand nombre de pages de François de‘ Bienville, et bien loin de les éviter dans l’Intendant Bigot, M. Marmette y est lombé plus souvent encore. . Se Fe ” Ses descriptions, surtout, sont encombrées d’épithètes. Il est extrémement rare qu'il laisse passer un
substantif sans ii adjoindre un adjectif plus ou moins ronflant. J’en pourrais ;citer, bien, des exemples, mais je ne les chercherai pas. ; Les premières phrases de la première page sufliront à la démonstration.
‘ La cloche du lourd beffroi dont la silhouette se dessinait nettément sur un ciel bleu tout semé d'étoiles étincelantes rendait un son mat et sec qu'é-.
touffait encere une épaisse couche de neige dont les millions de parcelles cristallines scintillaient sur la terre gelée, comme autant de vers luisants, tandis que la lumière péle de la lune estompait les /arges. ombres de la cathédrale sur la grande place de léglise. | “ La bise mordait les joues rougies des femmes sous la capuce de
eurs pelisses chaudement doublées d'ouate ; et les. bons bourgeois sentaient leur barbe frimasser rapidement par suile d'une respiration fréquente que doublait leur marche préci:
pilée.” |
Cette dernière phrase touche au
sde … Hoi Fo
ridicule. ? "Nous apprendre, sous prétexte de couleur’ locale, que c'est Ia marche précipitée, qui :occasionne Îa respiration fréquente, laquelle fait fremasser la barbe des bourgeois, c'est vraiment trop de complaisance. Le lecteur aurait pu deviner ces choses-là sans fatigue. an
Dans presque toutes les descriptions de M. Marmette, il se rencontre de ces petits détails voisins de la trivialité. , Néanmoins, ce sont là des vétilles, et je voudrais n'avoir pas ur reproche plus grave à faire à M.
Marmette. .: | À
Malheureusement, ses descriptions de personnes sont bien. plus répréhensibles que ses descriptions de lieux. Chaque fois qu'une de ses héroïnes joue un'rôle dans les faits
w’il raconte, il en fait des portraits e plein pied qui sont loin d’être convenables,
Il ‘est certainement déplorable qu'un auteur canadien et catholique se soit permis d’imiter si fidèlement les romanciers français, dont le réa-
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lisme aurait dû le révolter. Je ne veux rien éxa AU et j'aï trop, bonne opinion de armette f Oùr croire UE 4 voulu lällécher le: lecteur per des peintures un peu je uées.
on, je me persuade que le désir de paraître urtiste et l'irréflexion ont seuls causé la faute, et j'ose espérer qu'il la corrigera dans uné nouvelle édition, s’il y a lieu.
Comme je ne véux rien avancer sans preuves, et comme le reproche que je fais maintenant à MMarmette est excessivement grave, on me permettra de faire quelques . extraits des passages qui m'ont déplu.
‘Pour d eue la toiletté de Madamé Péan/ au bal de l’intendant, il faut à M. Marmette des phrases nombreuses et bien fleuries, au milieu desquelles se trouvent les lignes suivantes :
«Des échelles de rubans couvraient la : au défaut de la robe, ‘tandis qu'un gros nœud à deux feuilles s’étalait tout en haut d'un corsage que la mode lascive du temps vou-
lait être très, échancré.; chose dont ne semblait nullement. songer, à se plaindre la jeune femme; qui. étalait avec. complaisance. les : épaules ‘les plus parfaitement blanches et. arrondies qu’ait jamais effeurées l’haleine d'un valseur...…....... Des manchettes à trois rangs composées de ‘dentelle, de linon et de fine batiste, retombaient en éventail sur ‘un avañtbras nu, rond, blanc et potelé comme en dût rêver le statuaire qui créa la Vénus de Médicis.
‘“ Quand cette femme arrétait sur un homme son œil bleu, dans lequel se miralent, ainsi que de grands roseaux sur les bords d’un lac limpide,
ses longset soyeux cilsnoirs, et qu’un
sourire frissonnait. sur ses lèvres voluptueuses, il se: sentait aussitôt vaincu par.le;charme magnétique de cette fascinatrice beauté. ?
… C’est là faire.le vice trop beau, et la conclusion qui découle. naturellement. de ces lignes est la suivante :
Quand une femme:comme Mme Péan arrêtera'son œil bleu sur un
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