‹ Portraits intimes (volume 3)Chapitre 15 sur 51 · LA VIE ET L'ŒUVRE D'ANDRÉ THEURIET · texte numérisé non relu

LA VIE ET L'ŒUVRE D'ANDRÉ THEURIET

Parlons un peu de Thomme avant de nous occuper de récrivain...

André Theuriet est né à Marly-le-Roi en 1863, mais son véritable pays d'origine est le département de la Meuse. Sa famille habitait Bar-le-Duc. C'est dans cette ville que s'écoula son adolescence. Vous savez quelle empreinte laissent dans Tàme humaine les balbutiements et les impressions lointaines des années d'enfance. Nous gardons tous, dans un coin de notre mémoire, de chères images qui nous sont restées présentes : la silhouette d'un aïeul depuis longtemps disparu, le bonnet à ruban d'une grand' mère, la bass«-cour où nous regardions baigner les canards, le grenier où s'empilaient les fruits savoureux et les odorantes bottes de foin. M. André Theuriet, plus que tout autre, est accessible à cette voix

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du passé; il l'écoute chanter avec délices, et souvent il écrit sous sa dictée. Ses romans sont pleins de réminiscences; si l'action qui s'y déroule est imaginaire, le cadre, du moins, est réel, et tous les tableaux qu'il renferme ont été brossés d'après nature.

Quand M. Theuriet évoque ses plus anciens souvenirs, il entrevoit d'abord sa bonne tante Thérèse, se promenant au bord de la rivière d'Ornain.

Ohl ce jardin de la grand'tante! André Theuriet en parle avec effusion ^ Ce n'était pas un parc majestueux et dessiné à l'anglaise, orné de bassins, de jets d'eau et de grottes artificielles; c'était un vrai jardin de curé, soigné, ratissé, cultivé avec amour et rempli de ces fleurs de France, plus belles cent fois que les plus rarissimes orchidées. A l'intérieur des plates-bandes, les roses trémières élevaient leurs tiges frêles au-dessus des semis d'oeillets et de résédas. Le long des allées couraient les oreilles d'ours, les jacinthes, les pieds d'angéiique, les héliotropes et les lis; d'énormes buis en boule s'arrondissaient entre les pommiers, d'épaisses touffes de vigne vierge et de jasmins grimpaient autour des fenêtres de l'antique et vénérable maison...

Chaque année , dès qu'avait sonné l'heure des vacances, notre futur romancier venait s'ensevelir

. Voy. les Souvenirs de jeunesse, où M. Theariet conte Thistoire de ses débuts.

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