MARCEL PRÉVOST
vie morale et intellectuelle *. Le conseil est d'une haute prudence. Certains médecins, aussi, raisonneat excellemment quand ils disent aux malades : « Surtout évitez les émotions. »
— r « En suis-je le maître? » répond le malade. Et de même vous m'ordonnez d'aimer sans passion et sans fièvre. Et si je ne puis aimer autrement? Si la nature m'a créé sentimental? Si l'amour ne me séduit qu'à condition d'être entouré de mirages? M. Marcel Prévost est un bon logicien, mais il échafaude son raisonnement sur une hypothèse. Ce mathématicien excelle à résoudre les équations : il part quelquefois d'une donnée fausse. L'École polytechnique a formé beaucoup de ces esprits rigoureux et chimériques, qui inventent des systèmes en opposition avec les lois de nature. Cela serait parfait si cela était possible. Et nos philosophes révent le front dans les nuages, oubliant de regarder autour d'eux.
Les idées de M. Marcel Prévost sur l'amour sont fort contestables, mais non pas indifférentes; elles appellent la discussion. Elles sont présentées avec éclat. Je ne sais si l'auteur de V Automne d'une femme est appelé à régénérer le roman moderne. Il a écrit, en tout cas, de bons romans. Et il n'est pas de ceux (ou j'en serais bien surpris) que guette l'épuisement nerveux .— le redoutable mal des gens de lettres. Son destin se déroulera, laborieux et prospère. La