‹ Portraits littéraires et philosophiquesChapitre 10 sur 30 · Louis Lambert, p. 337-338, in · texte numérisé non relu

Louis Lambert, p. 337-338, in

2. « Aussi la pensée m'apparaissait-elle comme une puissance toute physique accompagnée de ses incommensurables générations. » (Louis Lambert, p. 190-208.)

supérieurs. — « V invisible iiiiivers inoral et le visible univers physique constituent une seule et même matière^ » Mais cette matière revêtant des modifications infinies et se subtilisant de plus en plus, au-dessus du monde naturel il y a un monde spirituel^ il y a même un monde divin^ et il est donné en certains cas à notre esprit de pénétrer dans ces régions sublimes, d'y voir la vérité face à face. Par quelle voie? Par la vision intérieure, par l'extase mystique.

Ainsi l'auteur de Seraphita arrive au mysticisme à l'aide d'une sorte de panthéisme matérialiste. Tout est matière : l'âme humaine est matière, la pensée est chose matérielle ; mais, grâce au phénomène de l'extase ou de Thallucination, cette pensée entre en communication avec les mondes supérieurs et va se plonger, étincelle éphémère, dans le foyer de la lumière éternehe. C'est pour nous acheminer vers ces hauteurs de la science nouvelle que Balzac a écrit ce conte fantastique où sont entassés pêle-mêle la biographie du théosophe Swedenborg, des analyses de ses bizarres théories, des lambeaux de ses rêves, des récits d'apparitions. Des images ambitieuses et vides, des métaphores gigantesques, un style tantôt métaphysique et tantôt biblique, ici le jargon byronien, plus loin la phraséologie des illuminés, le tout couronné par un chapitre inédit de l'Apocalypse, voilà Seraphita.

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