INTRODUCTION. XIX
traité par le Saint-Office, qu'on lui a donné un palais pour prison, qu'on a été à son égard plein de patience et de bonté. Mais il n'est pas moins vrai qu'il a été condamné pour avoir soutenu que la terre tourne autour du soleil. Eh bien ! rien ne nous empêchera de le dire très-haut ; « Galilée a été injustement condamné. )>
J'entends d'ici les réclamations ardentes d'un certain nombre de catholiques qui s'écrient : «Vous manquez de respect envers l'Eglise, vous mettez en doute son infaillibilité souveraine. » Non, non, mille fois non. L'infaillilnlité a été placée par les doigts de Dieu sur les lèvres des souverains Pontifes, et toutes les fois que s'ouvrent ex cathedra ces lèvres sacrées, toutes les fois que le Pape définit un dogme ou condamne une erreur, nous nous prosternons devant lui, nous entendons la voix de Jésus-Christ dans la sienne, nous écoutons, nous tremblons, nous croyons, et nous disons enfin: «Voilà l'Infaillibilité qui passe. » Quand les Conciles œcuméniques^ convoqués, présidés, confirmés par les souverains Pontifes, nous font entendre leurs immortels décrets, nous saluons dans la voix de ces évêques enveloppés de la lumière du Saint-Esprit, nous saluons encore l'infaillibilité victorieuse. Mais nous avons en trop haute estime ce privilège admirable pour croire qu'il puisse être ici-bas délégué