INTRODUCTION. XV
manuels où l'on apprend presque uniquement aux jeunes filles les dates de cinq cents batailles, massacres, sièges et tueries de tout ordre ; tandis qu'on laisse complètement dans l'ombre l'histoire de nos mœurs, de nos usages^ de notre langue, de notre art, et surtout de notre société domestique. Le temps n'est-il pas enfin venu de remplacer un enseignement à moitié militaire et à peu près inutile par de nouveaux cours où l'on mettra en lumière les annales de la famille et de la femme catholiques h travers tous les siècles ; où l'on racontera notre vie intime, les transformations et les progrès de nos idées, les origines de nos lois, les vicissitudes de notre langue, le génie et les œuvres de nos grands écrivains et de nos grands artistes? Quant aux sciences physiques et naturelles, de quel droit une jeune fille ne serait-elle pas mise au courant de leurs derniers progrès, j'entends de ces grandes découvertes qui intéressent ici-bas toutes les intelligeuces? Emportés par les ardeurs de la lutte au milieu de toute cette polémique qu'a soulevée l'éducation des filles, quelques illustres catholiques n'ont pas eu le temps de remonter toujours aux grands principes qui dominent la matière. Il fallait peut-être proclamer, d'une voix plus haute, que l'àme de la femme est devant Dieu l'égale de celle de l'homme ; que l'une et l'autre sont sorties